Journal de Sartine
4. V. p. 52 : » 11 est dans ce pays (à Paris) des femmes qui, soit « à raison de leur âge ou de leur état, ou d’une sorte d'honnêteté « a laquelle elles n’ont pas renoncé, n’osent pas afficher le liberti-
Cette objection serait sans portée : L’auteur des Représentations sur les courtisannes ci la mode et les demoiselles du bon ton l, rapporte « qu’il existait un répertoire général de la prostitution, dans Paris, lequel était connu de tout le monde. » Ce livre des Représentations n’est point un ouvrage léger, c’est l’œuvre très sérieuse d’un moraliste austère. On pourrait donc l’en croire sur parole.
Mais ce répertoire existe ou plutôt existait à la bibliothèque de l’Hôtel de Ville, fonds de Chalabre, sous ce titre « Etat des femmes et filles galantes, qui ont paru à Paris, pendant l’année 1764, etc., in-4° G. 102. Histoire de Paris.
Il avait été publié en partie par M. Lorédan-Larchey. On y trouvait un millier de noms divers. Celui de Jeanne Vaubernier n’y figurait pas au nombre des prostituées.
Bien plus, cette espèce de catalogue avait été nrs en vers satyriques par Mérard de Saint-Just, dans ses Espiègleries. Il ne prononce pas non plus le nom de Jeanne Vaubernier.
On a donc fait de Jeanne Bécu sans aucun fondement tantôt une habituée de la Paris 2, tantôt une
« nage. Pressées cependant par l’indigence, ou pour se donner « un peu plus d’aisance, elles profitent de l’obscurité de la nuit... « Elles agacent les hommes impunément et jouissent de la plus « entière liberté de l'incognito... D’un autre côté, il est des « paillards honteux, des gens mariés, des débauchés d’un genre « particulier, des ecclésiastiques timides, des moines attentifs à « ménager leur robe qui recherchent ces bonnes fortunes et sont « enchantés de pouvoir ainsi assouvir, dans l’ombre du mystère « et dans le silence des bois, une passion qu’ils n’oseraient aller « satisfaire aux lieux consacrés à cet effet. »