INCONNUE
« Le sieur Lecomte, marchand de fourrages et propriétaire de la salle de la comédie de Versailles a, dimanche dernier, fait essayer à une des dames du Parc-aux-Cerfs, pour qui le roi a des bontés, un habit fait à la turque, appartenant à la demoiselle Desglands, actrice à la Comédie-Italienne. On assure que l’intention de cette dame est de surprendre Sa Majesté, dans un habillement pareil, qu’elle veut se faire faire et s’y faire peindre aussi. J’ignore le nom de cette dame, tout ce que je sais, c’est qu’elle est la plus ancienne et qu’elle a déjà fait plusieurs enfants. Je sais aussi qu’elle a monté samedi dernier au château et qu’elle y était encore mardi matin. »
( Journal de Sartines, p. 45, du 16 octobre 1761.)
« La demoiselle Mimi avait appartenu à M. le duc de Choiseul et même avait été au Parc-aux-cerfs à ce qu’on prétend. Le ministre l’avait ensuite mariée à un sieur Dupin, Américain. »
Le Journal de Sartine parle en ces termes de la demoiselle Mimi (8 juillet 1763) :
« La demoiselle Armory, dite Mimi, fille d’un danseur de l’Opéra, est âgée de 17 ans et est assez bien de figure (deux des conditions nécessaires pour être admises au Parc-aux-cerfs). Jusqu’à ce jour elle languissait et profitait des bontés de mademoiselle Allard, mais enfin elle va paraître sur le trottoir..., c’est-à-dire elle va être entretenue par un sieur Lecamus, entrepreneur à Rouen, qui
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lui permettra de paraître au premier rang dans le monde (p. 295). »
(10 août 1771. — Bachaumont, Y, 334.)
Le même ouvrage parle aussi, à la date du 22 novembre 1774, d’une courtisane du Vieux Sérail, nommée mademoiselle de Beauvoisin, entretenue en dernier lieu par M. Baudard de Saint-James. Si les mots le Vieux Sérail indiquent le Parc-aux-Cerfs, cette demoiselle de Beauvoisin devrait être mise au nombre de celles qui en font partie.
Marie-Louise de Marny, connue pour avoir été au Parc-aux-Cerfs, avait obtenu une croupe sur la part du fermier général Rougeot (Mém. de Terray, vol. Il, pièces justificatives). C’était une fort jolie personne, la figure mignonne, enfantine, son portrait au pastel a été conservé et existe encore dans une collection particulière, elle porte une rose dans les cheveux, un collier de grosses perles et une mante noire. On a ainsi un spécimen du genre de beauté qui plaisait à Louis XV. Marie-Louise de Marny devint mère. On lui fit épouser un banquier italien, Octave-Marie-Pie Giamboni. Nous aurons l’occasion de reparler plus d’une fois des époux Giamboni dans la suite de cet ouvrage. Ils demeuraient en 1780 rue de Bondy, n° 26, le mari prenait de plus le titre de secrétaire du roi.
Manuel a parlé de Giamboni dans sa Police de Paris dévoilée. « C’est, dit-il, un banquier génois. Il n’a pas à se repentir de s’être marié à une élève du Parc-aux- Cerfs, où l’on apprenait aux demoiselles que l’amour est un jeu comme le quadrille. On change d’amour à chaque coup.» (T. Ier, p. 228).
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