LE ROUÉ
Avant tout le lecteur saura Qu’en mil sept cent, et cœtera,
JEAN DU BARRY
tion surannée, ce sont probablement ces finesses cauteleuses, ces déguisements sous des titres respectables de ce qui n’était au fond que des actes de débauche et même de proxénétisme.
Du Barry, n’était pas, comme le disent ses ennemis, un entremetteur vulgaire, un libertin cynique, un escroc grossier, c’est un séducteur de profession qui a de la naissance, des amitiés recommandables, des habitudes de diplomatie, et qui excelle à décorer d’apparences trompeuses les machinations les moins avouables, à sauver à l’aide d’un esprit plein de ressources les situations les plus compromettantes.
Si l’on veut le connaître encore plus à fond, il faut lire ses lettres, on en possède beaucoup l, on croirait entendre le langage quintessencié des héros de Crébillon le jeune. Suivant les maximes du maître, « il prend les femmes comme il faut qu’elles soient attaquées pour qu’elles se rendent. »
Ce terme échappé de la Grève,
Dans le beau monde se montra.
Le Tribunal de l’Opéra,
D’où la langue aujourd’hui l’elève,
S’assembla Et jugea Ce mot-là Digne d’être
En synonyme à petit-mailre.
Or, les Roués communément Ont tous un cœur de diamant.
Qui dit Roué ne dit, je pense,
Ni bon ami, ni tendre amant.
De Pus.
( Ètrennes lyriques, 1781, p. 59.)