V. à l’appendice
JEAN DU BARRY
Il manie avec dextérité, tour à tour la flatterie et le langage de l’intérêt. Son style fait penser au chasseur qui sait attirer et fasciner les oisillons des champs avant de les prendre dans son lacet. Sa parole ne devait pas avoir moins de mirages.
Ainsi chacun de nos acteurs est connu et prêt à entrer en scène, comment s’est liée l’intrigue de la pièce ?
D’après le livre des Anecdotes , la rencontre aurait eu lieu chez une prétendue marquise Duquesnoy, qui tenait une Académie et avait soin de s’entourer de jeunes et jolies femmes pour attirer des joueurs. Nous n’avons sur ce point d’autre preuve que la vraisemblance du fait qui n’a par lui-même rien d’inadmissible.
Jeanne Bécu avait dès lors quitté son nom de famille pour prendre un nom de contrebande, elle appartenait donc déjà au demi-monde du temps, rien de plus naturel que de la rencontrer, quoique encore inconnue, dans ces salons suspects.
Ceci reste toutefois dans le domaine de la conjecture, mais ici commence l’histoire avec une pièce authentique.
Interrogée judiciairement, la dame Rançon1, a répondu « qu’en 1763, le comte du Barry, demeurant alors rue Neuve-Saint-Eustache, a fait faire à elle et son mari, des fournitures de meubles, que ce mobilier a été payé par le dit comte et la dame sa fille, et qu’il garnit encore la majeure partie de son logement2. »