‹ Histoire de madame du BarryChapitre 67 sur 304 · Yid. infra · texte numérisé non relu

Yid. infra

JEAN DU BARRY

fange du ruisseau, ils n’auraient pas été assez maladroits pour parler de son air noble ni de ses dix- neuf ans.

La lin de notre passage prouve qu’ils n’abusaient pas de l’éloge et qu’ils retombaient bien vite dans les habitudes de leur vocabulaire de mauvais goût.

« Certainement, disent-ils, le sieur du Barry cherche à la brocanter avantageusement, quand il a commencé à se lasser d’une femme, il en a toujours usé de même, mais aussi il faut convenir qu’il est connaisseur et que sa marchandise est toujours de débit. »

Certes il est impossible de trouver des termes plus crus, plus avilissants. Ceux qui s’exprimaient ainsi n’auraient pas félicité du Barry sur sa marchandise, si elle avait été frelatée et empruntée au lupanar le plus connu de la capitale. Ils l’auraient au contraire raillé, vilipendé, traité enfin comme il méritait de l’être. « Le sieur du Barry est tombé bien bas, auraient-ils dit; lui, qui avait produit de si jolies femmes, la Dorothée, la Beauvoisin, etc... est allé chercher une vestale de la Gourdan, il se montre en loge et vit avec elle, bien plus il veut la brocanter... et prétend faire prendre pour une nouveauté sa marchandise de rebut. » Loin de là ! Ils ne décernent à du Barry que des éloges sur le bonheur de ses découvertes. Leurs compliments au Roué sont pour Jeanne, nonpas un brevet d’innocence, mais un certificat de non inscription au grand-livre des filles publiques.

Nous avons ainsi dés notions aussi précises que certaines sur les commencements de la liaison qui s’établit entre les deux acteurs principaux de notre drame.

JEAN DU RARRY,

En 1763, ils vivent ensemble rue Neuve-Saint-Eustache dans l’hôtel du financier Certain, et ensuite rue de la Jussienne. Certai n demeurait au n° 28, on voit encore les restes de l’édifice.

Jean du Barry avait la réputation d’être libéral envers les femmes « qui toutes étaient déclarées pour lui h » Grand amateur de peinture, il traitait ses maîtresses comme ses tableaux et les «couvroit d’or et de diamans1 2 3 * *. » C’était là précisément le faible de mademoiselle Jeanne Bécu : elle a toujours poussé l’amour des pierreries jusqu’à la passion, jusqu’au pica.

Pendant qu’elle était honorée de la faveur royale, elle avait rassemblé un immense trésor de bijoux de toute espèce. Quand les mauvais jours seront venus, elle mourra plutôt que de renoncer à une partie de ses richesses qu’on lui avait volées. Elle eut donc des parures, des toilettes brillantes, un équipage8. Elle prenait publiquement le nom, les armes, le titre de comtesse du Barry. Elle modifia aussi pour la troisième fois son propre nom. Beauvarnier sentait trop la fille de théâtre et l’arrangement de convention. Elle signa Jeanne de Vaubernicr, nom très réel d’une famille honorable de la province de X... Mademoiselle Jeanne Bécu prend le nom de Yaubernier existant encore aux environs de N... Cette rectification était-

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