Comme c’était déjà la mode alors
« La mode veut aujourd’hui que les courtisanes soient payées plus cher, qu’elles représentent, quelles soient chargées de diamants, qu’elles aient de beaux carrosses et des maisons décentes et bien meublées. » (D’Argenson, 1754, tomeVllI,p. 378.)
3. M. de Choiseul dit aussi que du Barry lui avait fait prendre
son nom, un équipage brillant et des laquais galonnés. ( Mém .
inèd., p. 10 du M.)
JEAN DU BARRY
elle due aux conseils de Jean du Barry? Il était capable de tout, même d’érudition, pour parer son existence véreuse de beaux dehors héraldiques. Nous verrons bientôt comparoir dans un acte public et authentique « dame Jeanne de Vaubernier1, épouse de messire Jean comte du Barry. » Elle a voiture. Une comtesse ne pouvait pas décemment mettre le pied dans la rue ; aussi, a dit une personne qui la connaissait intimement, elle ne sortait jamais qu’en voiture, « toujours accompagnée de deux enfans qui n’étoient pas les siens et qu’elle tenoit dans la plus grande décence au témoignage de tous les fournisseurs où elle alloit*. » Si ces enfants n’étaient pas ceux de Jeanne Vaubernier, ils n’appartenaient pas davantage à Jean du Barry, lequel iVavait qu’un fils âgé alors de quinze ans. On pourrait voir dans cette habitude un moyen de se donner une contenance ou un porte-respect ; mais nous verrons que Jeanne Vaubernier. qui ne parait pas avoir eu d’enfants elle-même, aimait beaucoup ceux des autres et en était toujours entourée. C est un trait de son caractère dont il faut prendre note.
1. A Vaucouleurs, les anciens du pays se mettaient en colère quand ils entendaient appeler madame du Barry mademoiselle de Vaubernier. Ils disaient que ce nom ne lui avait jamais appartenu, qu’elle s’appelait Cantigny. (Tradition locale).