Recueils mss. de Paulmy
2. Radix de Sainte-Foy, trésorier de la marine, qui avait entretenu mademoiselle Lange, à présent madame du Barry, maîtresse du roi.
3. Le cerdeau, c’est-à-dire la desserte des tables du château de Versailles, qui se vendait dans des baraques existant près du grand Commun, alors les cuisines royales, aujourd’hui l’hospice militaire.
note formelle. Radix se défendait donc d’avoir connu Jeanne Yaubernier avant le roi. L’auteur incrimine par insinuation ce changement de langage. Il laisse entendre, que si Sainte-Foy recule devant la notoriété de sa bonne fortune, c’est par intérêt et pour laisser à la favorite la réputation d’une Pallas accomplie. L’observation peut être juste, mais il est deux considérations dont il faut tenir compte :
Les Radix faisaient partie de ce monde financierqui paraît avoir été le berceau de Jeanne Bécu, à Paris.
Ils étaient spécialement de cette pléiade de payeurs des rentes de l’Hôtel de Ville à laquelle appartenait M. Billard du Mouceaux. Sainte-Foy aurait donc pu connaître Jeanne dans son enfance, et avoir avec elle de ces rapports qui prennent si vite une apparence de galanterie entre une jolie femme et un homme à bonnes fortunes.
Jeanne Vaubernier émancipée et associée à la vie de désordre du Roué, a certes bien pu le tromper, pour un rival plus jeune et plus aimable. Nous l’admettons sans difficulté. Mais ce que nous ne croyons pas de même, c’est que Sainte-Foy se soit laissé exploiter aussi niaisement que les inspecteurs de police veulent bien le dire. A les entendre, il aurait été en première ligne la vache à lait de Jeanne Vaubernier, qui aurait elle-même été soutirée, en second ordre, par du Barry. Ce langage d’argousin convient mal à un raffiné honoré de l’amitié de madame Geofïfin, de la faveur de M. de Ghoiseul. Les choses n’ont pas dû se passer ainsi : la fausse noblesse oblige parfois autant que la véritable. Moins Jeanne Bécu avait de droits au nom de Vaubernier, au titre de comtesse, plus elle devait observer de décorum extérieur. On le
devinerait alors même que ses contemporains ne l’affirmeraient pas1.
Il ne nous paraît donc pas vrai que Jeanne Vaubernier se soit fait entretenir avec cynisme par Sainte- Foy, tandis qu’elle visait au rôle de femme titrée et légitime de du Barry. Le rédacteur du journal de Sartine en 1767 n’est plus le même que l’écrivain de 1763. Sa main est moins légère, ses tableaux sont sans doute moins véridiques, nous préférons ceux de l’auteur des Illustres victimes.
Une intrigue avec mystère ne nous paraîtrait ni impossible ni improbable, une communauté maladroitement affichée ne serait dans les mœurs d’aucun des personnages en scène.
Un M. d ' Arc ami) al est signalé comme ayant été l’amant de Jeanne Vaubernier avant qu’elle ne fût connue de Louis XV. Le premier, et même le seul qui en parle est l’abbé Georgel, écrivain dans lequel nous verrons qu’on ne peut avoir une grande confiance. On trouve des traces fréquentes de relations ayant existé entre madame du Barry et un marquis d’Arcambal2; mais de quelle nature sont ces relations? Elles sont publiques, elles n’ont rien de secret, de clandestin. — Une fois, pendant sa faveur, elle lui fait payer une somme de dix-huit mille livres pour