CERFS
Cette pierre était placée dans le vestibule, et la rampe de l’escalier venait s’y implanter.
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Une autre inscription sur une tablette en marbre en forme de trapèze, renferme les mêmes mots :
Dans les anciens titres, la maison est appelée par abréviation, sans doute, le Parc-aux-Cerfs.
Elle avait été achetée, suivant adjudication du 14 décembre 1750, par un sieur François Labaty, premier garçon de fourrière de la chambre de S. M. et par Élisabeth Thierry, sa femme, demeurant ensemble au Grand-Commun.
Labaty devait donc être placé sous les ordres de Le Bel, premier valet de chambre de Louis XV el à côté de Guimard, l’un des initiés que madame du Hausset nous a fait connaître. Le prix de la maison avait été de 18,000 livres et voici quelle en était la consistance en style de notaire:
« Par devant lesjnotaires du roi au bailliage de Versailles, soussignés, furent présens Christopble Baudon, Me Charpentier et Elisabeth Le Roi, sa femme, qu’il autorise à l’effet des présentes, lesquels ont vendu et abandonné pour toujours... et sont obligés... solidairement à garantir de tous troubles, hypothèques... au sieur Labaty premier garçon de fourrière de la chambre du Roi et Elisabeth
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Thierry, sa femme, et à ces présens et acceptans, acquéreurs pour eux leurs hoirs et ayant-cause,
« Une maison, couverte d’ardoises consistant en quatre pièces au rez-de-chaussée, trois étages de chacun quatre chambres, dont le dernier est lambrissé, deux caves sous ladite maison, une cour, au devant une écurie pour cinq chevaux et une remise dans la cour à droite... un jardin clos de murs derrière ladite maison planté d’arbres fruitiers et garni de treillages dans lequel est un cellier, une salle avec grenier au-dessus, un puits au milieu et une porte qui donne dans la rue du Hasard, le tout situé à Versailles. »
Cette description coïncide en tous points avec l’idée qu’on pourrait se faire à l’avance d’une petite maison ou pour mieux dire d’un petit sérail, comme parlaient les contemporains. Douze chambres, quatre à chaque étage, des mansardes pour les domestiques, des dépendances pour les équipages des demoiselles du Parc aux Cerfs ou pour celui qui venait leur rendre visite, ou, en termes techniques, une écurie pouvant contenir cinq chevaux et des remises, par devant une cour, par derrière un jardin planté d’arbres donnant sur une ruelle reculée et déserte, la rue du Hasard.
On ne peut demander rien qui soit plus caractéristique, rien qui ressemble davantage à la description du commissaire Mercier. C’est une maison sans apparence, d’un extérieur bourgeois où la femme d’un commis pouvait habiter avec quelques jeunes personnes sans attirer la curiosité ni les regards du public.
Pourquoi d’ailleurs cette dénomination spéciale d 'Hôtel du Parcq aux Cerfs ?
On comprendrait difficilement que par cela seul que la petite maison de Louis XV était située dans un quari. d
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tier, on lui eût donné immédiatement le nom général de tout ce quartier; si, au contraire, elle portait déjà ce nom par elle-même et d’ancienne date, rien de plus simple que de la désigner ainsi et que de l’appeler le Parc aux Cerfs , encore bien que depuis un siècle il n’y eût plus ni parc ni cerfs en cet endroit.
Nous invoquerons donc en premier lieu l’acte de baptême de la maison résultant de l’inscription qu’elle porte. Lapides loquuntur. Les pierres parlent parfois et c’est ici le cas d’entendre leur langage.
Ce n’est pas tout, il y a aussi la tradition qui a son importance et dont nous avons recueilli le témoignage.
Lorsque les troupes de la Sainte-Alliance eurent envahi la France en 1815 et que la paix fut signée, le roi de Prusse vint visiter Versailles. On joua devant lui les grandes eaux, après quoi il demanda qu’on lui montrât, s’il était possible, la maison du Parc aux Cerfs.
On fit venir un ancien garçon du château qui passait pour connaître le mieux les chroniques du temps passé et, séance tenante, il conduisit le roi de Prusse à la rue d’Anjou, en face de la maison que nous avons décrite.
Ce fait nous a été souvent attesté par M. Hemery, ancien premier commis de la poste. M. Hemery1 était un homme distingué qui joignait à une parole vive et élégante une mémoire imperturbable. Il nous a souvent raconté qu’il était présent lorsque la demande avait été faite par le roi de Prusse, et qu’il avait, lui, M. Hemery, suivi le cortège, du Tapis-Vert à la rue d’Anjou, vis-à-vis de la caserne. M. Hemery, ignorait l’existence de la plaque que nous avons décrite.
1. Magloire-Désiré Hemery, pensionnaire de l’État, décédé à Versailles le 21 mars 1851.
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Nous avons communiqué ce récit en temps et lieu à M. Brinisholtz, un des gardiens du château, très au fait des antiquités de Versailles, s’en occupant et ayant pris de nombreuses notes sur ce sujet. M. Brinisholtz, qui malheureusement n’existe plus, admettait la possibilité de l’anecdote.
Telle est la tradition que nous avons pu recueillir; elle est d’accord avec la vraisemblance et l’inscription lapidaire que nous avons rapportée; le nom prouve la chose et la chose s’explique par la notoriété qui s’est attachée au nom.
M. Jeandel, auteur de recherches de premier ordre sur les antiquités et les curiosités de Versailles, a émis une autre conjecture qui doit être prise en considération. Il a signalé la maison n° 14 de I a rue Saint-Louis comme pouvant être le siège du Parc aux Cerfs. Cette maison, signalée parla notoriété publique, est située entre trois rues sur lesquelles elle a des ouvertures. Elle a appartenu à Colin, l’homme d’affaires de madame de Pompadour et, circonstance étrange qu’a très bien démontrée M. Jeandel, elle n’a jamais été habitée par son propriétaire qui demeurait au château ou dans l’hôtel de madame de Pompadour, à ce point qu’aussitôt la mort de celle-ci, Colin a revendu la maison sans y avoir demeuré. L’entrée a lieu par une belle grande porte, point de fenêtres indiscrètes au dehors, au dedans une grande cour, des communs et dans les chambres tout le luxe d’alors, boiseries sculptées, corniches, glaces, etc. Ces ornements ont-il servi à Colin ? c’est douteux, mais nous trouvons un nom qui va être un trait de lumière. La personne qui a acheté de Colin est une veuve Robert et après elle, c’est sa fille, une demoiselle
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Robert, qui est devenue propriétaire de cette délicieuse petite maison et nous savons déjà que l’une des plus jolies sultanes du Parc aux Cerfs portait ce nom (p. 25). L’auteur de ce renseignement est digne de foi, c’est M. le duc de Luynes.
Il ne faut jamais perdre de vue qu’il y a eu plusieurs maisons servant à cet usage. Les auteurs les plus autorisés le disent formellement et nous ne craindrons pas d’invoquer leur témoignage.
Quelquefois, dit Mercier, cité par Crawfurd, on a changé de maison et de quartier; mais sans renoncer à l’ancienne maison. (Notes sur madame du Hausset.)
Système de M. Le Roi sur le Parc aux Cerfs.
L’auteur de ces lignes a connu très particulièrement M. le docteur Le Roi.
M. Adrien Le Roi a été tour à tour son professeur (d’anatomie et de phrénologie), son médecin et son ami. S’occupant l’un et l’autre des antiquités de Versailles, un projet de collaboration s’était formé entre eux. Il s’agissait d’une histoire de la ville sous forme d’éphémérides. Chacun apportait naturellement pour contingent ses travaux personnels. M. Le Roi s’était beaucoup occupé des Eaux de Versailles, de la machine de Marly et aussi de la musique de la chapelle royale, de l’Opéra, etc. J’avais travaillé de mon côté à l’historique du Jeu.de Paume, de l’Assemblée constituante, du massacre des prisonniers d’Orléans aux Quatre- Bornes, et, en général, des souvenirs de la Révolution à Versailles. A cette époque, M. de Molène, alors procureur du roi près notre tribunal, avait imposé comme
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