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condition d’admission des avocats au Palais de Justice , le rangement et le classement préalable des minutes du greffe, qui, ayant tour à tour été incendiées et inondées, étaient dans un désordre effroyable. Ce fut en me livrant à ce travail, qui ne dura pas moins de six mois, que je trouvai une liasse considérable de papiers in-folio intitulés : Rôle des boues et lanternes de Versailles de 1682 à 1790. La coutume était alors d’imposer les propriétés pour le balayage et l’éclairage en raison de la superficie qu’elles occupaient sur les rues et places publiques. On trouvait dans ces volumineux recueils des documents précieux pour notre histoire locale. On apprenait ainsi les noms des habitants, leurs professions et des plans auxquels se rapportaient ces rôles par desnuméros correspondants. J’avais fait usage de ces renseignements qui avaient un certain intérêt et je les avais communiqués à la Société des sciences morales de Seine-et-Oise, notamment pour rechercher les hôtels du duc de Saint-Simon, de Bossuet et autres. Je n’avais nullement songé, je le déclare, à y chercher la désignation du Parc aux Cerfs, quoique j’eusse parlé à diverses fois de cette énigme toujours curieuse et obscure.
Un jour, au printemps de 1855, M. Le Roi vint me trouver chez moi, et, me montrant le passage suivant des Mémoires de madame Campan, me dit: — Si vous pouviez, à l’aide de vos rôles des boues et lanternes, retrouver la demeure du sieur Sévin, vous auriez un moyen de connaître l’emplacement de la maison du Parc aux Cerfs 1.
1. « Louis XV avait, comme ou le sait, adopté le système bizarre de séparer Louis de Bourbon du roi de France. Comme
INTRODUCTION
Je trouvai l’idée excellente et je me mis immédiatement en devoir de donner satisfaction à mon futur collaborateur.
Je passai donc en revue toutes les rues du Parc aux Cerfs, car madame Campan n’avait pas désigné celle qu’habitait Sévin, et, arrivé à la rue Saint-Médéric, je trouvai son nom inscrit sous le n° 467.
C’était un premier jalon sur la piste ouverte. Mais il restait encore un pas plus difficile à franchir : il fallait trouver l’acte qui avait consommé la vente faite par Louis XY en personne. Déjà, à cette époque, j’avais opéré le dépouillement des anciens tabellionages de Versailles. Je connaissais l’étude qui avait eu jadis la clientèle de la couronne et qui avait conservé celle de la liste civile moderne. J’étais alors fort lié avec ce notaire, il facilita mes recherches avec la plus grande obligeance, et je pus mettre la main sur l’acte signé par Louis XY et passé au château de Versailles. La circonstance, signalée par madame Campan , était parfaitement exacte: le prix avait été stipulé payable en louis d’or. Je pris de cet acte une copie que je possède encore
homme privé, il avait sa fortune personnelle, ses intérêts de finance à part.
« Louis XV traitait comme particulier dans toutes les affaires où les marchés qu’il faisait: il avait acheté au Parc aux Cerfs à Versailles, où il logeait une de ses maîtresses obscures que l’indulgence ou la politique de madame de Pompadour avait tolérées pour ne pas perdre ses droits de maîtresse en titre.
Ayant réformé cet usage, le roi voulut vendre sa petite maison. Sévin, premier commis de la guerre, se présenta pour l’acheter: le notaire, qui était chargé de cette commission, en rendit compte au roi. Le contrat de vente fut passé entre Louis de Bourbon et Pierre Sévin, et le roi lui fit dire de lui apporter la somme en or. Le premier commis réunit les quarante mille francs en louis, et, introduit par le notaire dans les cabinets intérieurs du roi, il lui remit la valeur de ses maisons. »