‹ Histoire de Manon Lescaut et du chevalier DesgrieuxChapitre 17 sur 22 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

maison même qu'il faudrait imaginer quelque arti* fice.

— Non, repris-je; j'ai tout examiné, surtout depuis que ma clôture est un peu moins rigoureuse par rindulgence du supérieur. La porte de ma chambre ne se ferme plus ayec la clef; j'ai laliberté de me promener dans les galeries des religieux; mais tous les escaliers sont bouchés piar des portes épaisses, qu*on a soin de tenir fermées la nuit et le jour, de sorte qu'il est impossible que la seule adresse puisse me sauver.

— Attendez, repris-je après avoir un peu réfléchi sur une idée qui me parut excellente, pourriez-vous m'apporter un pistolet? —Aisément, me dit Lescaut; mais voulez vous tuer quelqu'un? » Je l'assurai que j'avais si peu dessein de tuer, qu'il n'était pas même nécessaire que le pistolet fût chargé. M Apportez-le-moi demain, ajoutai- je, et ne manquez pas de vous trouver le soir, à onze heures, vis-à-vis la porte de cette maison, avec deux ou trois de nos amis: j'espère que je pourrai vous y rejoindre, n n me pressa en vain de lui en apprendre davantage. Je lui dis qu'une entreprise telle que je la méditais

4dO MANON LESCAUT.

ne pouvait paraitreraisonnable qu'aprèsaYcirréaisi Je le priai d'abréger sa visite, afin qa'il trouvât plua de facilité à me revoir, le lendemain. Il fat admis ftvec aussi peu de peiue^que la première fois. Son air étmt grate» ihn'y a< personne qui ne Teât pris pour un lioffloie 'd'honneur.

Lorsque je^me trouvai muni de. l'instrument de ma liberté, je ne doutai «presqiie.plus du* succès de mon projet. U était bicarré et hardi; mais de quoi n'rétais-je pas capable avec les* motifs qiui m'animaient? J'avais remarqué, depuis qu'il m'était permis de sortir de ma chambre et de me promener dans les galeries, que le portier apportait chaque soiiv les clefs de toutes les» portes auaupérieur, et qu'il régnait ensuite un^profond silence dans la maison, qui marquaitque tout lemondeétaitretiré* ié pouvais^ aller* sans obstacle, par une galerie de oommunication,rde ma chambre à celle de. ce père. Ha résolution était de lui prendre sesclefs, en l'épouvantant avec mon piistolet s'il faisait difficulté de me les donner, et de m*en servir pour gagner la rue. J'en attendis le temps avec impatience. Lepojrtier vint i l'heure ordinaire^ c'està-dire un peu

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dffiûf sa o]ls»nbre:;.ett^aya&^tir6à. i'aiftre bouti^p-r p0Sé ib.la^porte^ je lui déelarài> qu'il m^'âait^ imposa afldede demeareis phier longtettpstà Sainl^Lazàre-; que^ la^muit élul»ua tetufie^comiMdefoitf aane!ftto'apepgia;<et quej'atteiidaie^ de^aon^iunitté

pvèter^sea^lefs pouftleevou^ii» moirmème^ Ce eompUmeut ^evait'lefsuiipsûiidra^^ Ht dameutfa

quelque temps à me considérer sans me répondre. Comme je n*en avais pas à perdre, je repris la parole poar lui dire que j'étais fort touché de toutes ses bontés, mais que la liberté étant le plus cher de tous les biens, surtout pour moi à qui on la ravissait si injustement, j'étais résolu de me la procurer cette nuit même, à quelque prix que ce fût; et, de peur qu*il ne lui prit envie d'élever la voix pour appeler du secours, je lui fis voir une honnête raison de si* lence, que je tenais sous mon justaucorps, a Un pistolet I me dit-il. Quoi! mon fils, vous voulez m'ôter la vie pour reconndtre la considération que j'ai eue pour vousf — A Dieu ne plaise! lui répondis-je.Yous avez trop d'esprit et de raison pour me mettre dans cette nécessité ; mais ]p veux être libre, et j'y suis si résolu , que si mon projet manque par votre faute, c'est faitde vous absolument.— Hais, moncherfils, repritil d'un air pâle et efiirayé, que vous ai-je faitf quelle raison avez-vous de Touloir ma mort? —Eh, non! répliquai-je avec impatience. Je n'ai pas dessein de vous tuer : si vous Toulez vivre, ouvrez-moi la porte, et je suis le meilleur de vos amis. > J'aperçus les clés qui étaient sur la table; je les pris, et je le priai

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