SS HISTOIRE
préparoit à passer la mer, Marguerite d'Ecosse , ëpouse du dauphin , mourut à Châlons d'une maladie précipitée , qui l'emporta dans la fleur de 9on âge. Le mérite extraordinaire de cette princesse la fit regretter des plus insensibles ; mais ceux qui avoiebt été particulièrement attachés à sa personne , et qui avoient connu de plus près
'Skes: rares quaUtés , se livrèrent sans modération à la douleur. Otx avoit admiré auprès d'elle une jeune Angloise , qu'elle avoit toujours traitée avec jdes distinctions particulièrjes , et qui, sans être
'.connue du reste de sa cour^ s'étoit attirée autant de Considération par sa beauté et son mérite, qu'elle en avoit dû à la faveur de la reine. £lle «e faisoit nommer mademobelle Sanders. La mort de sa bienfaitrice fit sur elle une si forte impresâion, que l'excès de sa tristesse excita la pitié de tout le monde ; et dans le doute où l'on étoit s!il
^loi restoit quelque autre asile , il y eut peu d'hon-
. nétes gens à la cour de France qui ne se fisseiat honneur de lui oflnr de la consolation et du secours. Cependant, au moment qu'on s'y attendoit le moins, elle disparut, sans avoir averti persop^e
;4o sa résolution. Si elle eût été sensible à quelque autre chose que la douleur, il eût été flatteur ppi^r file d'apprendre les regrets qu'elle causoit par sa
.fuite. . . • ■ i
.. Elle ja'étfiît ; pas partie sans de^ein. L^ f9ii)o
BS MARGUERITE b'aKJOU. sg
liargoerhe pastant en Fnmce pour se rendre en Afligieterre^ elle étoit ailée se jeter à ses pieds, fans autre Tecommaudatioa que Fhonneur qu'elle avoit eu d'appartenir à la dauphine y et d'avoir mérité quelque part a son estime. Marguerite étoit arrivée à Abbevidle y où elle devoit passer la nuit. On lui annonça une étrangère , qui demandoii instamment la grâce de Fentretenir sans témoins. • La description qu'on lui fit de sa tristesse et de ■ ses charmes ta disposa sans peine à Fécomer.
•Cet entretien ne iiit entendu de personne; mais il parut surprenant à tout le monde que la reine y après avoir passé plais de deux heures avec cette étrangère 9 donna ordre aussitôt qii'eUe fût reçue parmi les dames les plus qualifiées de sa smte, et qu'elle y fût traitée avec autant de res- . pect que dé soin. Pendant toute la route, Mar-. guérite ne fee relâcha point de cette attention. Lcf nparquis de Suffolck y qui avoit été nommé pour l'^ceompagner y et qui continuoit d'être auprès d'elle. dans' :1a, pins haute faveur, tenta plusieurs fois de pénét^fsr le secret de cette aventure , sans obtenir que sa. curiosité fût satisfaite. Cependant la reine arriva heureusement sur les côtes d'An* gleterre^ où elle fut reçue avec autant d'applaudissement que.si son mariage eût été désiré' du ministre et de toute la nation. Des compàgoies . détachées de tous les corps du royaume vinrent
5p HISTOIRE : •
au*-devànt d'elle jusqu'à la mer, et le dtic de Glo-'cester-méme Vempressa de référer ^ par mille té»^' moignages de soumission^ et de joie ^ les diffioultéir ^ qn'U.aYoit faicnaitre à son élévâtiônrEUe Rit cou^-^ ronnée h Westminster^ le 5o>dë?tiiâi'i445.. '-«^ .On a voit remarqué dès le prenlier jour du dé-* • barquemem, que raadem'oiselle Sauders s'ëtoffé dérobée avec soin aux regards du <i\xc de Glocës^' tei?^ lorsqu'il étoitventK au^devat^t de k reine; ec^ par les'entreti^ns seoi^ts qu'ellf^ aVo cîMstam''dment :aTec cette pnncèsse , ^on jogeokque c'étcAt aTë&sa pàrticipatSon ^tou^par ses* ordras,; qu'elles avoit: tenu cette condul/to. Elle' usK^ de la ménoie t pnéicautibn^ pendant toutes ks^ ' réj ouissanoes du > couronnement,; c'^-ià-^tdfire', déns^uii tettip^oilhii reiite éloit obl^ée de soufffii^ U t^Us^ nlQm^tslefilvkités du^minisire etdMOufelfa G0Ur« Mais^à-pein^l fot-À-on revenu; de cette premiiàre ^jbaleur, que paroissant plus libiiem'^nc^ Hbnnyton / où lé rôi > s^H^toit retiré poiât»Vaba«i^ow^r< sans côotrainte k sB[^tiefnàii0s9éi^ e\\GOéîÀù^iktà]^tkVtej^rhie qui lui a^€ £ErivtfÉ4cre' rebviè de re^a^^r eti iAkiglèterrë^y ■ €%<qUit avi>it iiiÂ^iré it Mtir^iteAwhi^péû^é de se l^tiiiàbe«»J' • • ■ '
- • MfijdseittoiMlte'S&ndèrfi^ étoitfmylâîly^Nevill , ui^e^ des phM»»iinfi»lâes et de^'phMWè^lheài^eili^s femmes d^Ai^eierfè/ EQÏe pMsok pbih^-i«tôi^è» dân^l'opi^' itiotfdicr swIifttâiUo ^^dé;ious'cfèuif dbtit elle avôèV'
DE MARGUERITE b'ANJOU. 5l
été conûûBi eib Angleterre , iiistb pardculiéfrenidûit' daas Vèsprit dti dûi5 deGldcestër, qui, après IV^Àr* aijÉd^ paeBiéâHëtoiéht , cra^6lt lui àVôir ôté'IéfVite] (Fub cou^'diô'poigMfd, d^xiiiïà' tratri^orC <![^a-lotfsie. Ayftiït évité fem<>rr par ùnfe fatcùr extriaj-' dtdiuaire dû di«i, *«He létôît pafejéèrsecrelierrfèiît €fn France j' où elle' îa voit eu le &6nb*eur dé sefeîlr'e aittier dé iadtfapliîiie. et de mrc^'trâiiqtiilleiïiérit' auprès d'elle^, sous'trh noni' qùt a vôît "déguisé aii^ pûbBc 5st naiissancé'erses màlhigtirîs. B^'ns ressôurcB' djprès^ta mort dfe' cette princesse, et portée lïâî*^ une funeste expérience' à craindïe^Fes nouTclîè^ aV^ènturei»' auxquelles sa beauté Fekposoit, elle' avoit pris le pattidef^'adressei* à lâf tekae Matgbie-' rîie, pour se rf ouvrir Feutrée de sànf pays sou^' tme protectito si piiissàtité: Elle Itti'a^oit raidoûté: ses infortunes. Le diic de.Gldcésttefil^iafVôSt peirsé^ cafëe danSf ub teints oii: la jetyci'esse' 'âttfôi lâis^bft^ l'autorité sôturéroînè étitre ses tnàîhî?. Elle se flai:--* toit que la puissance^ du ministre étistut diminuée'^ difepttts qtïe èe^prittcea^oitprià^k^^ dn gc^u-
yèMëmeiit^ iPloi seroit périàîs dte re^àroître'datts^ MTÎ^mïâéyëtêë^sé rtodi^ à^ Miililé persooVi^^ chères qui ci-ttyotetftràvoirp ;
' Margiierite ' avôîi été attferidrife; ' def ; sô« ' î^fô>-' ittiê*eîmaris*eJléétoît'j|padsée defce'sèttitthéût â^^ vtie$ plu^^ôrfotwes à ^a pro|yre-s5Îtttàti6ii , 'cl Ife^ ^t^ desf^âQtoUrs dû dtic de Olotiest^' lui àvôi^'
5^ jaiSTOIRB
fait naître de$ , idées : qu'elle troujoit: trop far 6^* râbles au dessein qu'elle portoit ep Angleterre.;^ pour ne pas tirer parti de la CQo^jdenjQC de myla^- Nevill* Ce qu'il ;. avpit d^étrange ^ ëtoit (pi'elleles^ eût eachées jusqu'alors au marquis de Suffoldk.! 3l/[^ dans les sentimepts qu^elle croyoit devoir 4 ses services , elle se faisoit un pUi^r de travailler, à sa fortune y sans lui en dooner la moindre con-^. noissance, pour lui faire goûter mieux la doucj^wqu'il trouveroit à. jouir de ses bienfaits, lors^^j. les recevroit . sans les avoir prévus; ou duTÛioiM; elle attendoifi, pour l'en instruire , des momen^Sir où' çlle coniptoit de le faire ser^vir lui-même à se».« entreprises. En un mot, Margu^ite.y aussi animées à la ruine du duc de Glocester » par le désir de' ; gouvernerque par le ressentiment qu'elle coq-r. servoit des oppositions qu'il avoit^ppprtée^àtSoa. mariage^ s'étoit proposée, en p^rt^ntjde Nancyi^ * de le perdre dans l'esprit du roi.,, et.de mettiyçàr ssi place le marquis de Sufiblck,. . . ^ ^. . ^ . : . i,..t . Un esprit plus borné auroit tjr^fp^é . des difl^- , cultes de cette entreprise. Le x}îf<) g^uyen^ait, l'Angleterre dppuis xta grand; n^^tu'e.d'aqnéps. La sagesse et la , douceur de )^PA Adfninistratio|i • Fayoit rendu cher à toute l'A^glei^rre^Le roi Iniroême s'étoit fait une habitude 4^ )ç respecteç^. et n'y reconnoissoit;pas moins le tuteur. de spn. élifance et son plus proche paient, qu'un ministis^
fidèle et éclairé , qui avQit;>jétéijus({u'alors le soutien de sa^ côuconne; .QùeUes pouvoieot^ être; le$ prétèiuioiis d'une jeune réiae, arrivée non veJPle^ ment dans Je pays, sans amis*, par oanséquent sans liaisons, et presqùesans: aucune conjnoissance dek,IangaQ, qu'elle: n^avo^t apprise qu'imparfsjir. tement ,à' Nancy j isûre à.-r la -vérité du. cœur de son mari, mais d'un mari foible, qui regaf doit déjà les* occupations de son rang comme,. un fardeau, et .qui paroissoit moins disposé, à, partager le soin ; des ;afiaires avec sa feiume yX{xi^k yviy,re ayeci . elle dans l'pi^v été et dans les plaisirs;? Çe^ré-» flexions, :qui>n-échappàFéntpoiipt. à.Mi9;rûuerue^ , furent sSi peu capables. ^leja re&oîdir, qqcrce fut des obstacles méme^qj»';eUie.>tiita toute, ; 5a -fprçe pour se;déterminer à les v^ioçre,: ' i ; y
A-peiàie se' !vitrelle< libre ,ay^c le^ roi ^l^s . son château d'B^'nnyton :, :etù, elle. a;Voit été çU^fï^^e, qu'il eut |)ensé k se retirer ^ qu^elle lui fit ouvrir Jes yeux sursà propre grandeur, dout il ne lui étoit point encore arrivé defee? représenter l'image,. Jl, joigooitàrAngleterrelaNormaudieetlaGuyenuÇy avec quelques -autres provinces , qui, deppisi l,es^ pertes même: que lesn^Ângloisriavoient faites en France, lui composoient encore un des pliis vastes^ états deFEurope^ Pourquoi pairoissoit-il disposé à vivre sans > gloire, oii pourquoi du-moins n'ei^ youloit-ril <. Moîir 4'obligatiôn. qu'A son ;ii\inistre ?
Prérost. TomMXlV. 3
£toit-ll si rare en Aogleterre de voir ïiti sujet accpédké par la Ëiveui^ dut peuple, abuser de son pcHi voir jusqu'à prétemlpe imppserdes loil k ooa mailre ? Et conan^itot le successeur d'Henri lY et d^euri y pouvok«-îl «^endormir daps le repos ^ tandis qu^i srvoit afdtoiir de lui les desoetidatits de lAonnel ,^ai ne s'^afccoittumeroient jamais à fienser que ta couroniie qu'ils vofoient sur sa tête n'étoit point une usurpation 7 Ces premiers traits ^ lances <}003tme bn hasard , excitèrent bientôt dpns le cceur di5 Henri des eraiofteset d^ défiances; mais, pour €n suivre le *niouvei^enFt> il ftiloit un eoiirage qu'il n'àvoStpà^. Sa- repotise fil€'tp|ïJ€Mirs^qulil ne pouvôit â^ër ià son onClè tmie ^autorité dont il â'avoit jamais fait qu'un bon usag^ , et qui étoitcbmmela récompense de ses services. A i^'égard de la gloire à laqûefie on vouleit-qu'U JTûtsensiMe, ilprptesta ^u^iftèVefspiroit que les occasions 4l'<en acquérir.
tja reine n'avoit pas espéré <le triompher tout-^ d^un«-côup des oibstacie^. Après nwkr jette lees' semences dbsoupçons'4<^si'osprit4esonmari, elle s'attacha à toi faire sentir oombien»U:éioit'iodécent poiirubigrand roide seif oirregarder par son peuple eomme le jouet 4e son ministre ; -et^sfàpereevant qu'il paroissoit sesi^le à ce ^reproche ^ ^e ne pensa plus qti'à le convaincre parles eatpériences réelles queseiseu^ts.n'avoieDt pasd'ântre c^inion cle lui. Le hazardla'iemt heorensenent, enffaisant
DE MAEGtrERITB D^ANJOU. 55
traître quelques occasions où le duc de Gibcestepr -fit difficulté de ratifia dîfféreikies faveurs qoe le •roi avoit accordées sans sa participation; L^hiii^ rien delà vie de ce prince uret ep doute si loe-ue fut pas la reine elle-mênie qtiii»éna|;ea«8sificideols pour l'animer contre son miiustrev Mais «He^en^ipt du-moins si habilement \vsd^, que ce &t comme le premier coup qui lui réussit coïitre le éuec'^Le roi confus, dit l'historien , de tt>ouj^er oetl;e rélds^ tance à son autorité, sfe laissa' >point d'ei}if^t>yer quelques foibles raisoûnetn^tit^l pour' justffîer la conduite dt son oncle , etf)0nëà itiême l'etid>arras jusqu'à confesser que pouvant avoir été trotiipé , il étoittrop heureuiL dWoir un ïninistre sur<quiU pouvoit se reposer de la réparation de ^es fâUteL <^'étoit à ce point que la reine /Fdtfendoit.dSn prejnant droit de son -aveu , elleiui demandtf à'iLétoit bien glorieux pour un monaiique de tombai* dans des fautes qui ^voient besoin d'^^re réparées*^ et si la foiblesse humaine nepermeitokpasdese^aran-^ iir perpétuellement de F«rre«f[r^ aUe lui£t j[K>mr prendre que*, dansjces haul^eGi nations del^ vie où 1^ peuple Js'imagine que la gpaiiideur du rang' eiftt «toujours accompagnée de :celle ^^ mérite ,• les fautes même .doivent être x^ssiaz déguisée» ppur prendre un meiUeur nom. fi'oàLfîI étoitaisé de Ud faire condureque l'intemion dtiduc deGlocèster, en figiisant éclaier>si témérairement les siennes^^ iie
i56 HisroiRis
pouvoît être qti'uû dessein formé de FayiUr àu% yeSKi da public. Mais /ice qui fit peut-être encore plu5.d'impression;Sur ce prince; Marguerite , après ^ayoir confessé qu'il yiavoit des fautes inévitables ^.daos l'administration d- un grand royaume , ajouta Tque s'il faQoit qu'elles fussent connues de quel-
• qu'un ^ c'étoit de ceux qui n'étoientpas moins intéressés à les* couvrir qu'à les réparer ; et citant l''èsL.emple de quantitéi de rois qui s^étoient déter- .minës'par cette raison à partager les soins du gouyernetneot avec leur^ épouses, elle força son mari de confesser qu'il n'y avoit que l'union de l'amour et du mariage qui intéressât deux coeurs l'un pour I'j3kutre, jusqu'à leur faire mettre leur repos , et leurs; inquiétudes , leurs vices. et leurs vertus, et par conséquent leurboote et leur gloire en commun». Henri parut si frappé de cette réflexion y
.qu'iliauroit consenti sur-le-champ à l'éloignement , de^son minisire, si la reine n'eut jugé elle-même
• que ce changement devoit se faire avec plus de mesures. Outte le. projet d'élever Sufiblck sur ses ruines, qui demandent eudore de Tbabileté et des
jjsoins ,elle voulbitX)Qnduire son dessein avec tant .'d'adresse , que toute l'Angleterre applaudît au
:DOi|veau gouvernesient , et queMa disgrâce du
; làinistre parût juste et nécessaire.
^ . Cependant , elle commençoit à i^e lier sans afiec-
taûpn.avec tous les seigtiieurs qui avbient reçu de,
portés ^àV d^à^«^é9''i^is0ûiB;:à'^souhai«er S2U cmuei
dès le prQitii«pimo«ient i jomriun^rak distingué» ^DS cet%e>ilfitigQë, par les rapporti qu'il àiroit eu é^ec tnylBfdjJik^ït. SonméMeevs» iiaissanee thaï: dlliroientà*la^€oorune considération' dont ilt]>'a^ -voit jamais- profilé pour sel rendre nécessaire /à Fëtat, ck alrêc'tctiHes les qualités qui font les. {dus: grands faôrames dans les e^erétces de la guerre^btj^ de la paixi^ ilneprenoit part<aui::;affairéSiqueidjBis% les occafa^oiis oèsen râng^ Féngageoii tihsilgré. llû*. Gens qui'neicbnBÔissoient.^pas led secrets i de 30|ii choeur , attri)3iKn:ent sa condhiteaua pnnàip^d'iine. haute philosophie ,^qui lui faisoic borner .son i^oVrr bition aux àTaplâges qu'il ayloitireiç^s de la nia^jure^ et delà foitutieyet'cette idâ^.èi^aô(>Qrdoit fort, bi^: avec le pejDchaot iqu'il mairqQoit pour Içs l^tfvçs;' Maïs la source de* son indiSiiren(;&;V0inoit-:de pluft loin.Edmondchbrchoit à seigti^rir; dfune m^dheu-^ reuse passion qui a voit fait le tourment de sa :yie,]| et qui lui inspirait encore un d^oût^ continuel pour le itionde.^ x>ù sa naistsan^eiFQttaçhoit.rÇ'es^ ici qu'il est nécessaire, de développer les aventures de raylàdyJPÏevill^. qui eurent tant de part à la fortune des deûX: principaux personnages de la CQur de Henri^c'estrà-dire^ à la chute de l'un ^ et à la faveur extraordinaire de l'autre.
3» :. HI/53POIRB
.. (Adsb y fille de Aichard!Nevill|'Cointe»de Salîsr' btMiy V et sœuir. de. 1^ grandi €K>9»^!!^<sf. Warwick., <{w arètt obteinr ee,titve en ëpôlisiatai i^Li'^^uniquB et Fluéridérb de.rHtmri-âe-fBeaoohaiiîps^ :duc 4<^ Warvriek , étoÎL néçrwee^ioutesle^; i>6rfe0bk>ns 4^ saL sexe. Elleavcaitëté: mariée dèfj'Sg^d^'qum^^ aoSTEivec uÀ gentiihddiine de sa:oiaîsiOn';,; ifomnié Westmcfreland^.qni loi a.voit rèzkdurl^S'plus belles sm&ios^àe sa yip ÎDsiipfiiortrfUec^ |>ar l'excès de sk jldoosie; Le^' oànite deSalisJburyboD père,. s'aper-
oifthîknA de àotPBspm'i fisitle prenner àisiplaindre^" 4%^ ii 4htttiier hd mqy:eii& de l»r délivrer, rde cet eselllî^ef^k II 19*^ tncrtrvfer'Ueureuseiméioet.'CJtx'on avoit négligé quelques 'précàttinbns da c6té dèf Téglise ^ ]!yôtt^ lèâ dispcn»$^6^dê'lft pbrefité. Ge:{M^texte panit ^fyatiii béu^^lpJs^dokhtiè^nçiidbettr d'Anne. St>ti ita^riâgê fut détâ^réiiul, e»tle'«bfriquiavoit Ihiiidîi'sù^ficfe-f'eâ'foi piiai pav son < propre dé^ séhpify'yq^ïe Cëlûiéûimeù peu dé temps au tom^'
En c(ùittàirt. lè nbih de ee tyran, .elle fmt celui dé' oiyklây Nîël^îll; L'état douteux dont elle sortoit lin donnant |)#ë^ja'autant de lîbettéquë la qualité de VèùVe , elle >pàHit a k eouf avec tdùl l'éblat de là jeunesse et de k beattté. Le duc de Glocester étoit galant. Il ne la Vit point daWs prendra pour elle les sentiments qu'elle inspirôità tout le monde.
DE MARO-UBRITE d'ANJOU. 5q
Ayanj^i f^ràn dans le même temps sa £eimme , il penisa touf td'ùû-coup à s'çp§ag)Br dayas um orouvjeau mariage , et si la biensé^pce le i^Drça de suspendre •pn (jbsseisk jusqu'à jJ^'^içp^ràitiçMi du temps ipaarqué par ViHk^^ j it n'ea communiqua pas pgfçins au cofl»^iâti)Sftlisbury rindinatipn qu'il avoit pour sa fiUi^f {^Ue £\kt approuvée de le^rs amis ccfmo^ims* Cetiie espèç0 d'eûgageme|]kt ne laissa point d'êtn^ cachée #U public } et le duc même, en qommeftçanlt.à ivoir.mylàdy !l?4etill avec l'espérance d/ç l'épôu^ery lui dissimula de concert avec son père, un dessein d^nt l'exécution paroissoit encore éloigmée*
j^Ue étoiç par CQuséquen^ maîtresse de^son çoeinp; etsi^ê eut à cratndrp quelque reproche^ ce n^ fot pas pour avoir rejeté l'amoyr et les spins du ministre.. Maift.^ant peut-être avec mi peu d'imprudence du droit qu'elle avoit de suivre ses inrclinations ^ elle laissa prendre trop d'ascendan^ . sur son estime au duc de Sommerset^ qui ne pourvoit aspirer à la qualité de sop épouiL. Il étoijt marié depuis plusieurs antiées.De quelqu'espérançe qu'il se flattât en pretiaotdel'amourpour eUçi |!iutér^ de sa fortuAe dev«fit servir à la défendre^autf^it quo celui de son honsieur.£l|ene consulta fiçanmoini^ que son peodiant. Le duc ne se livra pas aveo moins d'empOrtenaem qu'ellei à une passion don^ ils firent tous deux leur bonheur. La seule loi
4o HISTOIRE
qu'ils s'imposèrent y fut de cacher leur tendresse à tout Funiyers y et leurféKcité semblon redoubler parle charme du mystère. : . • . «^
Cette liaison se soutint heureusem^m jitsi|u'a» temps dont le duc de Glocestér étoit convenu ^vec le cdnite de Salisbury. A-peine fut-iï* délivré de soii deuil , qu'impatient d'utie silongâe contrainte, il parla de mariage à mylady NevilL Elle écouta ses propositions, mais ce ne fut que pour les commimiquer à son amant. Ils délibérèrent ensemble sur un incident cap^lede les alarmer ^'Àprè» bien des incertitudes et des agitàiionsy ils furent obligé» de reconnoitre qu'une fille du comte de Salisbury n'étant pas faite pour vieillir sans étabUiîsement', il fàlloit accepter lés offres du ministre , qui^^éloit |)lus , d'ailleurs , dans un âge redoutable pôtïic xin amant , et qui pouvoit servir, au contraire, dé voile à leur familiarité et à leur tendresse. Gett^ résolution pouvoit les rendre heureux tous trois, si des regrets imprudents et de folles délicatesses n^en eussent fait différer trop long-temps l'e^éi^utibn. Le duc dé Glocester , qui avoit souflPept sans dé^ fiance que la fille du côtnte de Salisbury le traitât froidement et cherchât à l'éviter , avant qu'il lui eût fait l'ouverture de ses prétentions , et' qu'elle les eût à|)prouvées , ne put lui voir la même affectation aie fuir , sans s'apercevoir qu'il avoit peu de part à sa tendresse. A-peine la trouvoit-il une fois^^
DE MARGUERITE D^ANJOU, 4l
«hei elle danf les visites qu'il; luiTiQmlQit plusieurs foisr le jour^Ou^ae' lui rendait pas uo meilleur^ eobipte deiCe^qu'elle.étQitJdeiïenué) Occupée de. s^'^eDdezr:ïous,at;du soin de. J^g. déguiser ^ elle B'<é(oU ptmdàsioik^^Jéi^wii dj^AUeir pa^er la journée ) èt^ès pi:apf ^)dQ¥nesliqji)j$^ iguolKdîent le plua wav.eni de.quel :^lé il fallo.i:t ta ch0r4;her. Les, soupçons qui ' s^'^letY^rent dans. 1- esprit du duc^ devinrent bienluàt jcles convieûons , lorsqu'il eut iippiis par deswfecmàiionssecreitQs, que ses gens les tplus. afibcûonués la perdoient quelquefois de :vue I pondanlr-j de^ ;>beures eAÛères- 9 et^ qu'ils la crl9î]faieot .ei^TUiiémc^ engagée dans ; quelque cornméroe pouc Uqujél âls^ne lui jQopnQi^oîent point de eonfidems. Dans Je ressentiment .qufil en eut, il la fit suivre avecrtant d'obstination ». et les ordres
dont 7 il chargea ses émissaires furent /si; sanglants y que. le due. deSQiïlfD^rset ne jdut ^.conservation qu'Avu.soin^.eitfaçkifdii^diresqA'il prenait de spn ^ sàié potir assuiretv 1^ .$^cret djô son intrigue .
, Enfin, l'^oSour triompha dejCcutes les inquiétu^. des -du ipini^iye. 'Malgré tant de: sujets d'alarmes y il r*éfiokit de satisfaire soii Geeur^, dai)S;l'-^spérance. que les.liens du mariage lui as$urerpiAnt:la posse^r. siod de celui qu'on lui dijsputoit , ou que son au-^ torilé du -moins le retiendroit dans les bornes qu'il seroit en droit: de lui imposer.. Il pressa la célébration de son mariage. Le jour .en étoit fixé.
Ce fui la veille d'un jour si lugubre pour les dedi amants, que le dtic de SonlmiersGi proposa à sa maitreé^e dé lui aûcordef nue eutreme , qin de^ voit être comme l'otivertured'^iilne nouvelle situa*^ tiofi. Us se fetjdirédtpar la TamW^diâÀD^Un villag'é péà éloigné deLoddtes. Qti6iq<ii&:e0 soiu de s*é* ïôîgnér de'la= ville fdi une préé'auiiid^, ils cmi^nl péut-éttf*e q^e dans les cnrconstànèe^ ïh fi^eti avoteôt point d^autrës à observer. Le duù de Glocesterfiii averti que mj^IdAy" NevîU s'étôit ^d^robée de $tt maison. H ik x^atoher sur ses^ tracées 'Samuiersel ne Alt poiiit reé^ifintk<}aâs sou-dégbisismem $ tùm les Ëfspîonî^ du Eofitii^tre lui ây^tn f&jpforié qu^éUe étoit sétile avectiti hôttiiAé j*èi iqufih» avoient dé^ «ouvert à dë^'iAiâi^qitè5certaiiies^<qiie eèLoe pouvoit éirc qu^tm amâtit ^ il en conçut ^asêett de ragô pditr leâ Voùloii^ ifkklioler tous deum d(^^ propre niain. Il se fit escotter par dès gônfii fidèïei^y él sa ftreur se Soutint jùé^ti'auH^u oiiilédfiâptéiide la trouveti Mais la âmt s'ap prochant déjà ^' il appm de quèfl-» qtiès pay^aiis ^ûi l'avoienti vue è^m k connottre , qu'elle âvè^t repris la rdme de Londreav ^ur un dé éèè petite bateattii qtii vierfûent régtilièremfent déà envirôhb dé là ville k certieiM^es heures du jour^^ Elle s'y étëil nfiêlée aVèo pldsienrfii passagers dont elle étoit ftûte de n^étre pas <somicie ^ tandis que Sommè<*set, i)ui àVôit pris sdli icheniiu par terre ^ ëioit 'dWé dèhâër ordre aux gen» qui les servoient
DE MARaUERITE p^ANJOr. 43
dansleur iptrigu^) de se tenir prêts à la recevoir i quelque. distance du rivage^ JU'pcçasion étoit si importante pour le ducde ^Iqçp^Kevy que spa dé-r sespoir rçdpoblant de ravoir .cq^nquée , ilfituuei.
diligence eitraordinaîre piQiO^ rçjU>Hrner à Lon?f <}res ^ dads l'espérance d'y être* siu$Mtoi que le hur^ t^u 9 et de .Sfirprepdt*e dn-^nipjlitoiès detx amante l<;Mrsqu'ils> en soniroient^ II jt fut en efièt plus j^| que mylia^y:/N[e?il}, et s'étant approché dub^tei^H a^vec des gen^^ cçr fut as^ez^ pour lui d'apprendre du premier batjelibr de quel lieu il étoit partie {^ouf ne pas douter que la proie qu'il cherchoit ilefM entre ise^. mains* Mais l'obsoiirité étoit si profonde ^^ qu'il désespéra de pouvoir ]a distinguer. Ce fat l6 transport où ce nptivel objet, le jeta,, qui, joint. si l'utilité qu'il pouvoit tirc^ des ténèbres podr sa venger sans é.tre reconnu, lui fltnaitre tin desçetiit plus cruel encore que celui qui l'avoit fait paHin Il résolut d^,ppigi?iarder les deux objets de sa baîne;^ dans le bateai^iiii^e oùil les supposoit tdiis deus ) et de peur que sa main ne se trompât dans l'obsT çprité , autant qt|e pour ensevelir la connoiâsance d'une action sibarbare ^ il prit le parti d'envelopper dans le même sort quatre ou dinq passagers , qui se disposoient déjà à sortir du bateau. L'ordre. en fut aussitôt donné à ses gens. Il entra lui-même dans le bateau , et le premier objet qu'il crut dis-» tinguer étant, uue femme qui lui parut mise assez
jproprcmcnipoui* lui- persuader que c'i^toit mylady NevUl , il lui énfobça son poignard dans le seiri i avec quelques reprochés dont le sens né pouvoir être incertain pour elle. Le ciel qui se préparoit à la sauver par plus d^ih miracle , perinit qu'il rie lui échappât point un seul mot de ce qu'elle avdit entendu. La voik du duc qu'elle reconnut en même* temps 9 le désordre a0reux que ses gens* causèréïit en se précipitant 3Ur les bateliers et sur le reste des passagers alarmés j enfin , un pouvoir' 6upérieui*'à }a' f<>rtUne , qui lai destinoit à quelque chose de pluS'heureux que tout ce que le duc' s'imaginOit lui arracher par la mort , lui inspirèreM la pensée <le se précipiter dans là Tamise , ou plbtôt la fort' cèrent de s'y jeter sans inflexion. Elle ftit entraînée par les flots, tandis qUe les gens du due achevèrent leur cruelle exécution.
Il a Voit trouvé si peu de résistance contre une attaque si imprévue, qu'à l'exception de' quelques cris qui furent étoufiîés aussitôt dsMf s le sang def ces malheureux passagers ,' il se crut sûr que rien* ii'avoit été capable de le trahir. Cèp'étafdant il éttt kl précaution de faire couler à fond* lé bateau,* dans lequel il n'auroit pas été 'fadlé'd^éffacer les traces sanglantes de sa fureur. AVec là même prudence , il fit charger lés cadavres de pierres, pour les précipiter plus sûrement au fond de la rivière.' C'est de sa confession même que les historiens
DE MARGUERITJB b'ANJOU. 45
ont recueilli le détail de toutes ces circoDslances ^ I^orsqu'il fut forcé à cet aveu par des accusations auxquelles il n'eut rien à répliquer. La justice qu'ils lui reodeut y est que son caractère ne le portoit point à la violence , et que dans les occasions où il avoit la liberté de suivre le penchant de son cœur , il prenoit plaisir à se faire aimer par j&es bienfaits; mais regarderoit-on l'amour et JU jalousie comme des passions dangereuses, si elles n'éloient capables de changer les meilleures indi-r naûons, et de les porter quelquefois aux plus cruels excès ?
C'étoit par ménagement pour le public y que le duc de Glocester avoit apporté tant de soins à déguiser son crime : car, dans le degré de puissance dont il jouissoit alors, il n^avoit rien à redouter de ses ennemis y ni de la rigueur des loi^f Aussi ne se fît-il pas presser long-temps par le comte de. S^sbury, pour lui apprendre le 9ort de sa QUe y et son témoignage sufiEisant au comte, pour ne pas douter qu'elle ne se fût déshonorée par une honteuse foiblesse, ils convinrent enr semble que cette catastrophe demeureroit se-^ crette , et qu'on attribueroit sa mort à quelque accident naturel*. JLe duc de Sommerset Fignora lui-même, et n'ayant pu rien apprendre d^s^ gens , qui avoient passé inutilement une partie de la malt dans une rue voisine de la rivière , il s«
vil contraint , après mille recherches infructueuses^ •de dévorer le mortel chagrin qui le consuma pendant plusieurs années.
Cependant roylady Nevill avoit roulé au hazard dans la rivière ; car c'étoit moins Pespérance de se sauver par cette voie , que sa crainte , à la vue d'un péril encore plus pressant^ qui lui avoit fait fn-endre une résolution si téméraire. La coiffure elles habits des femmes étoient alors -d'une forme si bizarre en Angleterre , que les deux côtés de la léte étant comme antiés de deux voiles , et la robe enflée par un large verlugadin y elle fut soutenue heureusement sur la surface de Peau jusqu'au-delà du pont de Londres, où la disposition naturelle du lieu a formé de tout temps un port commode. Elle suivoitle courant de la rivière , dans le temps que le capitaine d'un vaisseau normand le traversoit dans sa chaloupe , pour aller passer la nuit à bord. A la lumière d'une lanterne dont il s'éclairoît , il aperçut une femme , quiîie ponvoit éviter de périr sans son secours ; il il'éut pas de peine à la sauver d'un si grand péril , et Payant portée dans son vsfisseau, il reconnut bientôt à mille marques, qu'il n'a voit pas rendu ce service à une personne ordinaire. Elle revint à elle à force de soins, et retrouvant assez do présence d'esprit pour ne laisser rien échapper qui pût faire conuoitre sa naissance etsonaventure, elle ne s'aperçût
DE MARGUEBITE D^ANJOU. 47
pas plus tôt qu'elle a voit l'obligation de son salut k un eapitaine François , qu'elle résolut 4^ s'«n faire une ressource dans son malheur. Une e:i(l,réinii,é,si terrible étoit um remède assez puî^sî^at contre Famour. Oubliant le duc de Somoierset , ei ne pensant Kjn'à mettre sa vie en sûreté ^ elle engagea le capitaine ii la tenir cacbée jusqu'à son 4ép^*t ^ pour la conduire en France aveoiui» Xiew* voyage se fit heureusement. Marguerùe StjutM^d ^riivo^t à Paris dans le même temps » pour, ajil^r ^pou^er le dauphin. La rencontre db >Ge:t|0 pf4ncesse fut une nouvelle faveur du ciel pour my^ady r^evill. Sans lui faire l'aveu desa foiblesâe{>Qur le duc de Sommerset, elle lui fit un jréoil.si t^|iob$gi^t de son infortune, Gp^eUe obdxity avec sa Qompd$$^on .çt son amitié , la «liberté de vivr0 auprès .d'^Ue sou^ un déguisem^tit i^ih trompa itoute la wx^v 'de Eraoç^. La reine Margueriie n'âvioix p^^ id^i^éy ^w recevant cette oonfideace à Abhçi^iti^;^ qu'une sj odieuse action duiiuinistre;d'Afigleteinre ne^rvit ifoelque jouramcdiessân qu'elle ajvqit 4éjà formé de >le détruire ^ sans compter l'e^pér^pce qvi'uoe maison aussi ^puissante que»celle di9S ^vdll la'aupoh pas ibescân d^iutce mot^ pom ^'»ttaç]ber à èfHe , et poqr entrer ardemdoient'daqeîâeS'iplt^i'Ct^. lEJ&t iavott iroulu se donmer Je temp$.4^.ol:!iser^r la ctispositioatd8s«^prits et^leiméo^gerD^ujl'dii roi y. avant que de^s'ouYiâr au comte deS^bury. Mais
la mort de la ducbesse de Sommerset , . qui arriva dans cet intervalle , lui fit croire que. les délais étoient inutiles à l'égard du duc. Il lui parut impossible qu'il n'eût pas conservé un souvenir assez tendre de mylady Nevill, pour ne pas regarder comme le plus grand bonheur de sa vie de la retrouver dans un temps où il pouvoit se livrer à toute l'inclination qu'il avoit eue pour elle; et peut-être fut-elle sollicitée par mylady niéme^ qui ne s'étoit pas retrouvée proche d'un homme qu'elle avoit tant aimée , sans avoir senti renaître toute l'ardeur de sa passion.
Il ne falloit pas beaucoup de mesures pour apr prendre au duc une nouvelle qui devoit le cojh:bler de joie. Marguerite s'étant réservée à elle-^ même cette satisfaction ,. le fit avertir de se rendre secrettement auprès d'elle ; et, sans lui fiaiire acheter ses éclaircissements trop cher, elle lui raconta naturellementce qu'il avoit à espérer de sa bonté, s'il étoit capable de prendre quelqu'attachement pour ses intérêts. Elle eût bien moins de peine à tirer de lui toutes l$s promesses dont elle faisoit dépendre son bonheur,qu^à le persuader de la vérité de ce qu'il avoit entendu. Il étoit encore passionné pour la mémoire de mylady Nevill qu'il croyait morte. Qu'étoit-ce de la trouver non-seulemeïit vivante , mais si proche de lui , qu'on lui promet* : toit de la faire paroitre au même moment ? Apre»
DE MARCfcUliaiTE D^ANJOU. ' 49
AVQÂr/.pçLT&à.Ia ièûre' an îdévouemept -aveugle, et cdntve Je: ministre uâé :âffrëu5e bâtne , !quî xie s^é-^ ieuSdrôitjamab queipar£i plus cruelle vengeance^ iMai:co0iJiura. de né pas. différer! un moiiremà lui rendre le; seul objet ijfM>ur lequel il vcmloit vivr^, £Ue y-oonsentit, mads ce futàdes dondîticms fort dores, auxquelles il ne ibakinça pas néanmoins à ae aoUinetlre. Là première fiit<ju'aprè8 Favoir vue iJiae 'Sj^uleL^fois , poun sf as9ut*er de la vérité de son aveiililiire et de la.persévërance de*serséniiments^ irrènoncecoitrà la, (voir jusqu'à laicbute du duc de ' Glocjesiér. Elle vouloiiaciiiieuir par cette contrainte l'âirdQùr dont elle le' vpyoit enflammé.. La seconde condition qu'elle lui imposa, fut qù-il feindroit d'être jnal avec; . elle«!même , atè'si . long-temps qu'elle, le /j.ugero>t^(Décéssairje:pourJe'.kiccès de l.epr$ vu^scomiBUfiej».; enKd^qu'aprèsia voir engagé tous s^s a'mis dansje^piraîetr dfabaisser la puissafloe du. ministre, il Siê chargeront de porter au penle-? mentl^ plaintes de là.natiou\contre Falius que lo di^fl de Glocester &isoit de l'autorité du roi.- : -. . ià^^^ffoii^Te de^^es toix auroit.paru 3a plus ré*^ voltante à^in homme du caractère deSbmmersety s'^^eût été; capable dLe i trouver quelque dbosé de dil^cji^" r^priès s'être ^pujwisîà. la preiûière.j D'ailleurs., le désir de }a:.Vengôàn(|e .le;;}>QSfiédoit d4jA/4u^ftiftt ;qu'e \pu^ lès^&iiiL de l'amottrl QuoiqV/M eut fait profi^issioti jusqu'alors de quçtquç
PrcTost. T9mç XIF. 4
50 HISTOIKS
attachement ponr le ministre^: il s'efigagêa a sa ruine par les plus redoutables serments, et. les promesses.de grandeur dont la reine crut lui Ëare un autre motif, lui parurent indignes, des deux puissants intérêts qui ëdbauffoient son: cœur. Il vit mylady Nèvill avec des transports qui ne peurént être représentés; elle lès .partagea ^ et ce^spectacle charma la reine. Mais plus, senisible à. Fambition qu'à la tendresse , elle les intevrompitbientôtpour proposer à Sommerset, sur -qui. elle &isoit4ésormaisautant de fond que sur le marquis de Suffi^lok , de pressentir les dispositions^ du comte de Silis^ buiy pour sa fille. Autant qu^elle prévoyoit d'à- Tantages à s'attacher ce seigneur et le comte dé Warwick son fils , autant craignoit-elle d'y trouver dé difficulté par l'étroite liaisoniqu'ils avoient côn-^ serrée avec le duc de Glocester; L'intérêt d'une fill6 dont on leur avoit représenté la conduite avec les plus noires couleurs., avoir été- sacrifié par lé comte à là fortune de son fils» Il a Voit approuvé son cruel châtiment , et la reine jie formoit une idée terrible d'un pèlre qui avoit oublié si = faeSement les droits- de lia natnf^i *r
Cependant, Sommerset entreprit de lui &ire cette conquête , et se flattai' doutant plus, d'y réus-^ ar , qu'ayant déjà formé duns' son- coeur la crésé^ lution d'épouser sa fille, il oémptoît qùè Faveù qu'il pejQSoit à lui faire de «en comrâiei^M tffei^.
DE MARGUBRXti'B'ANÏOU. 5l
cUey et èà dessem où il ëtciit de le r^[^itfëf *^^ir Un mariage éclatant, M )$eWiroit déprëtèitè'pour reyemr aux sentiments paternels. Mâ& à'fof'dë dé précatAions , la reine maiitqùk 1è seul itib^Àii qui pouvoit assurer son dfeissein. Lat crainte dé se commettre imprudemment eu fàisaiït au comte Pouvei^* iure de toutes ses vues^kvaht que dé connôîtrè ses sentiments pourra fille, lui fil recommander soignensement au duc de Sômiùérset de lui capÏÏer tout ce qui avoit rapport à ses projets de gouvernement^ et, pou^ séduire un ambitieux qui nVtoit sacriûé sa fille au ministre que dans Fiçspérancè d'élever sa fortune, îï falloil commencer, au contraire ^ par flatter son ambition , pour fur faire reprendre les sentiments qu'il devoit à saHÏtèT.
SiMàimersét ne laissa point d'enîpibyér toute son adresse à cette entreprise : il yîi ïe comte. Il lui apprit que le bruit «qui s'étoit répandu de la mort de mylady Nevill étôil un bruit faux, qui se troovoit heureusement détruit par desnôùvéHeë certaines dé sa vie et de sa santé ; et, pfôntant de la surprise où ce discours lé'jetoit, il continua de lui racontéi^ là part qu'il à voit eue à I^nfohune de sa fille f ar des excès dé tendresse , auxquels jT confessa qu'elle h'avoit pbint été insensiMe'. Sàus.lm apprendre qu'elle fût revenue en Anglêtëfrë • et saùs lui déclarer même qu'il lût infohné de là barbarie du duc de Glocester, il justifia sa fiute par
6* .,.- HISTOIiyi,^ ,
entretenir le duçHt^nslerepo» ai;^qçiel U
tfPP .4.e parf ^ -ça çpi^çe y. qu d^.s'çn W« ui»
qti^.,JtrfiP; ses a^yanlçigci^, .et qui auroît joint aui^
4^MH!:^^ M ff?fe à^Jm^kx quçlqpe îwte. wjet 4.QAÇ^$s^fifneat qvfi auppitpu réveiller ae^pré* t^p^op^ çt $Qn courage , ^tpit , qpn-Tseui^iA^nt c^ q]qL.'iLj,AYoit 4^ pltis : redoutable pour la- iranq^itr; ^\iAf^, son règne» ra^.uû o^i&taçl^ presque infail-r ^l^^^afi gcapd desseifi qu'elle bryloit d^exécuten lljn&ialloit pas metlre le. ](oi dans W néi>e^ijté d^ xie^'fj^irà sofi pncle, pour. FoppOser aux . 0P)re-?' prises dW rival contre^ lequel il ne^isupposeroil j^fd;» qi^'elle eût assez de ressouroeis el.de. fer4 ineté pour le défendre. P'uQ ai^tre côtié^ a'ilpa-r ^oisspit qu'elle ne pouvpit choisir ua mciilleur appui çpplre le minis$r$, $U0 devoit comprieadra q^ ç'étQit. changer cieul^p^eAt d'esclavage, et que le dfiç luvieroît payer bieii eber le.^secours: qu'il ]f}^ aproit. accordé , ppurvu qiéoie qu^il né ae prë^ valût point des.avaAta^^^ qu'il ne manqueroit pas d'çn tî^ef*;,- pour <^T|l>)i^fî bientôt qu'il avoit un ipaître, çt pour se-spuvenir qu'il avoit d'autres if^uit^ à piçé^endre de s^ serves. Elle se rendit à la force de ceçop£eil, et le parti de là simple polâesse^ auquel elle. se réduisit avec le duc, kti au-, roiv céussi coastaaunent , si d'autre» intrigues
DIS MARGiP[fiB;lTJBrD'ANXOU« 55
des ré{k>liAÎons/w]4esifk6». .
jQepeûjdant tq^^ sembloit se. réanir pour avancer naturettemeot l'ouvrage au^dl on «pportoit tan|'d':éffî>lrts et de. soins. Le roi, péàétré des derniers'conseils de Margaeiite^ ne voyoit plus son ministFe qu'avec des marques île froidenr etd'em^ barras , qui ne purent échapper longtemps aux yeusL^u public. Il affectoSt de conidkatnner tout ce qui aybit passé pàraes mains, et paroissant résolu de prendrô lui-^méaie la conduite de ses affairés , il entreprenoit fort souvent ce qu^ n'auroit point été capable d'eiiécuter , si 1^ reine ne s'étoit toujours présentée à^propos pour le délivret de là meilleure partie du fardeau. C'étoit dans ces occ^sionsr qi^'elle ne manquoit poiut de kii faire remarquer combien il^st à désirer poul- un roi ^ dei partager .aes . soinS' avec une personne assez à lui pour le soulager^ «ans lui dérober sa gloire. H sortoit de son .cabinet avec autant de confiance dansisôn ouVrage, que s'il eût établi l'ordre et la paix'dans le monde entier. Onn'auroit osé vanter devant lui le travail du ministre 5 parce qu'il au* foit paru choqué d'une comparaison si offensante. Ainsi la faveur du duc de Glocesierbaissoit de fOur en jour, et l'antonté de la reine atcgmentoit à proportion qu'elle se rendoit nécessaire à la valiitë de iK>n mari. Elle se persuada, eq^n, que
Fempire. (|ai qlle ^¥oit gagné 'Sur lui par- cié fëible i Be lui lâissoit plus rien à reikrtiteF ; erd^étoi^ 'à ee point qu'il Rii tàrdoit dese^oir j>p6iip- tirer tèut le fruit qu'elle àvoit espéré de son adretee. ' «
Sommerse^ , chargé d'unînémoire où elle atoit recueilli tous les .reprochefi, qu'on avoit' foits a» duc depuis son adunnistration /se prés^atatin jour à la porte jducaj^inet du roi, dons^Jietietiips qu'elle y étoit a travaiDer'avec îoe. prince ,^'0l''tquo le duc vènoit d'y être appelé; sous quelq^ê^ prétexte* Quoiqu'il se fût fait annoncer pour tiiïe affaire de la dernière importatnce , 'et que* Uair "dont il se.présebta au roi, répondit à ce détmt^ il-afr-^ fecta.uïie: surprise extrénieien apercevai&t te mi* xiistre,^et feignant aussitôt de se retirer y il' s'ex*' çusa sur l'espérance jqu'ilavoû eue de trouver le roi seul. La reine lui dobmJiordrè de 'demenrer^' enjui.repxésentant qu'il- y devoit meiti^e pet| à0 différence-^ puisqu'il ;ne troiuvoit' avec lui' <|cifc}te} et sQn<n)inistre. Ayant reçn lé même ordre* de l'J bouche du. roi, il parut 's'exciter à kf^avâies^y comme s'il eût été pressé y .par un grand intérêt,! de ré>é}6r prompiemént de que dWtres' itiiso'n» l'obligeôient à cacher dans une conjoncture qu'il n'avoiipàS: prévue; et 'sans faire attention, plii^ long-temps au ministre ,' il^offrit son ménaoire. aiaî roi , en lui disaul qu'Un su^et de ;S{^ ^orte iVétoift poiut ca;nal>le d'une fausse cr&in te ^ :lQl*6qu^étoiii
DE MARG^ÈiRITE D'ANJOU, 87^
(^tf^^îbû diï ' è^?vi<!é^dë P^àl et tte là gloire de séià^ïAtre. ïi àÇo?îitâ'Vjue son ïnériioïre'coriteiiarit des *tetfûSttlîtfÉ3*d^^^èt-tÂère importance contre lé dùé'dé GloiSEfstér, iin^éloit; pas fâché qu'ir se trouvât prësénty^tti* y rfecoimotlre ses crïiuès^ ou ']()6ur s'erf 7«slfeëi*i ■ -
• L'étabàrra^ : -de Henri aniroit .peut-être fait mari^uer* lè^teecès dô Mcette scêûë, isi Marguerite y aÉTeclani^é s^alà'i^ftiér pour la sûreté dé son mari èt'pOtifceHô'diirwaume, n'eût saisi elle-même le mémoire, et Véûï imposé silence iâii duc , qui' prenoit déjà lé-xiél à témoin de^ôn innocence. Ijisons, ^epritlS']^eâtae:Xe tnérhôilré contenoituri granid nombre ^i^alrtrcles , dôfat le .'jplus important et celui qui servoit'dë prétetfe à Fempressemènt ' ^'dilc de Somtnérset , ■ iregardoil lèf Guyenne. IT rf'y^^toit fiiit tm'soiflèvemènt cofntrè le gouverne-^mtent anglois,'pajr les intrigués du coAite d'Ar^\
nlif^Dàc, qui ôherd^toit àse venger du inaé pris que-
• ' ' ' ■ , . * FAiaglètérre avoit fhit dé sa fille- Lrai part que le'
dtlê^è Glocèster àvoit eue auproyet de cette àl-
jMàé&^9 le faîsoitlïottpçbTiner d'êlrê entré daûsle»
iJWètitiment dû corUfe ; et depuis ladîminutîân^
éft^ 9a faveur-y ses ennemis l'iiccusoient ouverte^'
meut de penser à^ se faire un état indépendant'
dèmB 'CetLjs province; Mais comme il ne paroît,
par aucun témoignage , que cette accusation ait*
jamais été prouvée , ^1 ^ a beaucoup d-'apparenoe -
68 HISTOIIIJC ...
qu'on ne commençoit parcçit ^rûcle^que «pour
^pnner plus d'importaace ^ cen^ qui ie ^yoieia ^
comme op. s^ toit promis q.^e.tes;prç|uves dont on
étoit en ëtat . d'appuyer ks^^tres^ pourvoient
communiquer plu& de vraisemblance au.pr^ç^ji^t
Entre plusieurs chefs qui regardpient Ft^r^KHion
desloii du royaume, ^t l'abus de L'ai^tprité du
roi, daus le cour^ d'une longue adminiçtr^^oo,
ou avoit peint des plus I^oixible^ couleur :1e
meurtre d'Anne NeTillj et quoiqu'on feignit d'en
ignorer les.principales circonstances, oiKinûstpit
sur le fond, de .cette cruelle aventure , comi^ie sur
une barbarie san3 eiemple.Le duc de Glocesteir
fut d'abord frappé de cette imputation; mai&^e
rassurant aussitôt par l'aveu qu'on faisoit d'ea
ignorer les circonstances, il.protesta, commQÎL
avoit fait à chaque. article, qu'on iaisoit un tort
cruel à son innocence. La reiae. continua de lûrÇ]
sans mêler la ipoindre réflexion à sa lecture j^^an-»
dis que le roi, troublé de ce qull entendpit'^
osoit à-peine lever les yeux SUr l'accusé. EpGoAV
après cette odieuse énumération, Marguentfi);
paroissant peser les faits et le désaveu du duc^.#ô
tourna vers son mari. Comme il seroit dur , hd
dit-elle, de condamner le duc de Glocester, sana
lui accorder la liberté de se défendre , il seraîi
aussi trop imprudent de négLger des acouaa*
lions si graves. On ne peut soupçonner le doc da
DB MARIptU^RITjËiB'AMJOU. 50
SQmmerset de les faire au haz^nL .Ainsi , le de*^ jiçtyr (Ip y otre ])ij[9).e$té fi^t d'ejpi attendre les preuTes. Ce discoprs ét^pt cooc^rt^ ii3oioioer6et ne ba-i* lança point h r-épppdr^ qn^iltàtoii; prêt aies pvà* fjtiire. U offrit le choit de celles par lesqueliea il plairpit;a.u.rpi de çQmmencerL Hé bien , reprit la reine y ^n $iye;&*vous dWez fortes pour vérifier ce }ne wtr4 afiVeui^ dont vous accusez le duc ? C'étoit donner. d^ fusses espérance» de protection au ipii|ipi|l*e, qui, se souvenant de Faveu qu'on a voit i^t d^guor^r les principales circonstances de cette MQQMtion y se figura que la reine ne demandoit Ifl'prçnve de cet article que j^o'ur lui donner plus 4«^ffiçilité à se défendre. Il s^en applaudit d'autant plqs 9 que s'il y avoit d'autres chefs ^ur lesquek il i|^ fiCkl pa^ tnoins coupable, c'étoit de tousses crimes c^lui qu'il oroyoit le plus à couvert.- Oependant le duc ayant demandé k. permission^de fOltir un moment) revint presque ausàtôt , accdmpa^é de Mylady . Nevill , qui s'étoit mise en loti^ hnÛtf» de deuil
. Qnoiqu'à J'âge oik elle étoit , un intervalle Ali quelques années eût mis. beaucoup de change*^ OieiH» dam sa taille et dans sa figure, le duc dd GlocGster avait en€X>re son image trop présente; pour ne pas la reconnoitre aisément. Un spectre sorti du fond de l'abime pour l'y entraîner aprèt lui 9 a'auroit pas jeté plus de frayeur dans soA
«me, ni ripaiiiitt^plus de boiiMèrhkiïotf stiT^^ibil \isage. Il sief IW' alvéci différentes ^mârqnésc^^^^^ agitation. Cependant rtiyladjr Né^fill'; sé'jcffe'ift ^ixi pieds duTMVflbvJÔtîuardigcbm^ toucliànt; 'iîàWl lèqitel la ci«U8U|é dfc îdudj Ji^s'éfeôfars du cier,^qm aVoit pria soin Âd h sâuv^r^ 'po4gfeard'ët*'dëi flots dû la Tarafise ) se filite eii fVahèè j et toui-lë rfiste dé ^es aVeniures fut ^ dXf>Ô6ë; Si^ elle ' èftdîi tardé si longr-fenipsii faire eiite«ïdrë'^^'crîi^^piM!ii* demander "justice' ati ciel et h la' tert^!, -é^ébV^SSé dams le degré' de puissance^ où - étoit \é duc \' éîlè SkYÔil encore appréhendé : de ti^ouver son y^e" â9a§ vrli (ennemi si chi«i: Elle avoit attendu que Sa'^Mfe* jesté eût pris les -rênes de Téiat ,'jet''edl:À^tani'Siir là protection -d'un' prince si éi^uitable j elle éfdîf ycaaue de France y aussitôt qu'elle s'étoijt flâiltéë déi^ouvoir rentreren A.nglet€rrrè f ^Âs retomber dhva le sort q^i'^élle avoit eu le bonheur d^évitet^i f mU esucertaio «que foîble et timide eomme Henri r^^loit naturellement y il falloitune scène deêjetti) nature pour le faire sortir de son- irrésbllrà:^! Xput^ ce qui" ne se ^serbit point ^lasséd^vatït^'^es J.t^f n'auroit pas fait assez dHmpiresstofl suf'dôit e$prit ^ et. dans le .moment même cjvAl étoit excité par -un spectacle si présent, à-peiiie osoit-il ouvrir, la bouche: po»r adresser quelque reproche ^ 0U;poqr faire :quêlqae iînterr6gation.à:sôn biîde; Wjein^ y:Suppyo)t par des questions pressantes,
DE MARG-U-ÀRITB iD^ANJOU. 6l
qui fçrcèrent 1^ dpQ. à J-Aveuf i jparlicalier de. «on crime. Ms^'i^'^.foU qufellQGi^ût savoir fak assci'^ea tirant de h^ cette confession^ sdit qu'elle se défiât de la preuve, des autres cjbijQf$> ellù tinter rompit son entreprise pour représ^a:ter au: roi qu'une affaire si importante, devoit être examinée dans une. autre forme , et dejtnandoit la prompte bon-yocatiop. d'un parlement. Le duc de Glocester eut Lajit)et;té de ^se retirer. Ceux qui:jont été ^r-* pris qu'elle ne l'eut ppintfaitarrêiersur-le-chairip^ ont prétendu que n^en youlai^t pôipt à sa vie, elle avoit souhaité qu'il profitât de cet intervalle pour quitter secrettement l'Angle^ei'VQ;. et si le duc ^tpit coupaUe de tous les excès qu'on lui reprochoit daps ^e mémoire 9 il est assez surprenant qu il n'ait point pensé à se mettre k couvert par la fuite» Mais: comme les ^lUtre^.che&.jdfaccuseaUDn sont demeuré^ incertains pain le silenice des historr riens , on^peut j^^aginer que pe^^e recpnnoîssant point d'autrejCrim^ que celui^^qi^'ilavQit confessé y il espéro^t'.jle^; fair^ passer polar un. transport de }a}Qusie,:dojQt. la justification pouvoit d^pemtro des pre^uyps qu'il ^uroit appariées de riiifiJéliié d.e mylfidy JNeyilJLy. et qu'il aipaa mieux faire tête à p.Qtte açcu^Atioj;! 9 au risque de périr eu se dé|V^ dant , que det faire, crpire par sa fuite qu'il pass^oit condamna^^ipn. su^,tf)ute3 les autres. s
...Qi^gi (ju'UjCjJij^oit, le.jr^^^ ^Uit^y.ant reruis:}fi
63 HISTOlR*
discussion; et le jugeméot à Fâstemblëe dé éùû parlement, qai fut convoque à EdioaruDdbtnry , fit avertir le dwc de^^ rendre , pour répondre à ses accusateur^; Cétie nianière extraordinaire de procéder, ven oit peut-être encore de la reine, qui vouloit lui laisseï^ le temps d'ouvrir les yeux sur la nécessité oit elle le croyoit de fui¥ ; mais l'expliquant sans doute autrement, ôiz ne s^magi* nant pas du^okoins qu'après êtrt sorti libre du cabinet du roi , il dût appi^éhender d'être sitôt aï'rété, il s'obstina àMemeurer tranquille dans sa maison i Cette sécurité fit naître d^autres alarmes à la reine et au due de Sommerset. Ils comniei:i-^ cèrent à se défier de Fasceùdant qu^unè longue habitude lui avoit donné sur l'esprit du roi. La foiblesse de ce prince leur fit ôi'àindre quelquîé retour de bonté , qui étoit capable de leur Caire perdre tout le fruit de leurs peines. Ils lui repi^ésentèreût qu'après l'aVeù que le duc de Glocester avoit fait d'uù' crime odièiiï ,' il ne cokivenoit pas qu'il parût au parl<ement avec l'air d'un accusé dont l'innocence étôit douteuse. La* résolution dé l'arrêter fut prise sur leurs instances, et l'ciiiécution confiée au vicomte de Beautnont , lofd con^ né table d'Angleterre. Le duc reconnut t!*op tard qu'il avoit manqué de prudence, et il fié put s'empêcher, en remettant son épée au vicoitité,"de lui dire' avec un profond soùj^ir, que ses eiiîiemis
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avoient prévala sur Ist bonté du roi son neveti. Le marquis de Suflblck n'avolt pas^ eu moins de part qtie le duc de 8ommerset à dette intrigue , cfuoique la reine eût souhaité c^u^il ne parât pas s'y mêler. Dan» le dessein où elle étoit de le faire succéder au ministre , pour gouverner Fétat sous ses ordres ^ elle ne vouloit pas qu^on pût le soup*^ eonnw d^avoir contribué à sa ruih^, et c^étoit ûa ménagement qu'elle croyoit devoir au peuple , ' à qui eQé' savoit que le duc étoit assez cher, pour en être vivement regretté. Cependant, comme Suffolck passoit pour le confident de cette princesse , et qu'il avoit été employé , non-seulement pour la négociation de son mariage, mais encof^ pour la cession des deux provinces , qu'il avoit été chargé de remettre lui-même sfu rôr dé Sicile ', fl n'y eut personne qui ne fît retomber sur lui là di^ace du duc de Glocester , et qui tte le'regardâtv'd'avance comme* le successeur que la reine destinoit à^cet infortuné ministre. Le duc de Sommersét, à qui l'amour avoit Êiit mépriser les in'terprétations du public , fut âsseîz hetii^eux pour être excusé dans l'esprit de la multitude , par son caractère , qui , le rendant extrêmement jaloux de la gloire çt des intérêts de la natîbn , pouvoit l'avoir porté trop aisément à s'alarmer du projet ambitieux- qu'on attribuoit au ministirCif } etèafàci- Kié titême à se laisse^ gagnei' par' ëëiie ctaitite',
;6i . ,..0 • HISTOIRE , :
paissa pojiir jl'çfi^t des.artl^ce^. de^Sufilplcki .et ne ^rvit qu'à je.ri^i)flre plus odieux. ;Çes bruits , <5[ue Sommerset ,ae put ignorer, J'excitèrent peut-etr,e à pousser., la; .T,çQgeauGe de mylady IN evill y ];^eavir- ^oup plus Ipin qu^il n'eût osé , s'il eût eu le, jyge* .notent. et. la. haîne du public à redouter. ..Le duc de (Jlpcester avoit été conduit à la Tour, ,çji u'çspérapt plui^ de faveur, après une démarche ^i éclatante, iJ^* s'pccupoit a. préparer sa défense. .On ne l'avoit point resserré avec tant de rigueur, qu^on lui ^ût interdit la vue de ses parents et ^le ses amis. Il tomba.dans l'esprit à Somijaerset,que, .pour rétablir mylady Nevill dans l'estime 4^ $on , ^père , il d^voit^ non-seulement faiire entendre au .-ministre ^,que ce. seroit rendre sa cause plu^m^iu- ^aise.que de:,njoipçir la réputatipu de cette damQ .dapS; ses défenses , mais li^i;faire même envisager quelque adoucissement de :1a part de sesaccusa-r teurs) s'il youloit réparer par j^n désaveu f(p^>el les impression^ , qu'il, avoiv ; comi^uniqaéeS' au comte de ..Salisbury. Ce dessein ,étoit excusable ,daus un,l;ii^^me.;qui penspit' à faire sa femme fie mylady I^jeyilL. Il se méuagea secrettement :1e moyen de, voir lexluc de Glççester dans sa prisop ^ et rej^etant le. njtau vais office qu'il lui avoit rendu sur la néçessitël^du service de l'état, qui. lui en avoit fait ^i^qu $leyx>ir, il lui découvrit, ^s^p^.aucnae .p^a^i^e de hatae , que c'étoit avec lui que
DE MARGUERITE D^ANJOlT. 65
Xnylady Nevill avoit eu des liaisons de tendresse , dans letemps qu'il avoit pensé lui-même àrépouser. A cette déclaration ^ il joignit l'aveu des sea-* timents qu'il conservoit encore pour elle ; et l'as^ surant qu'il n'y avoit point d'obstacle qu'une d vive passion ne le rendit capable de surmonter , il lui fit entendre que dans l'extrémité ouille voyoit réduit^ il connoissoit encore des ressourcesi qui pouvoientle garantir de sa ruine, si , an-^lieut de noircir mylady Nevill par des récriminations outrageantes 9 il vouloit réparer le tort qu'il lui avoit déjà fait dans sa famUle , et promettre de ne lui en faire aucun dans le public. Songez , lui dit-il^ que la perte de sa réputation seroit une vengeance fort inutile pour vous, puisqu'elle ne peut rien? changer au crime dont elle vous accuse, et qu'^n; gardant pour, elle un ménagement dont ilestim-* possible qu'elle ne soit pas touchée , vous rendes votre défense beaucoup plus aisée par l'avantage que vous, obtenez sur les plus redoutables de vos ennemis.
. La haîne et la vengeance sont quelquefois si. aveugles, qu'elles se trompent jusque dans les moyens qu'elles employeut pour se satbfaire. Loin de se laisser persuader par ce raisonnemeatyleduc de Glocester le regarda comme une impcudence eitrémemeht £aivorable pour lui, dans un homme .qu'iL ne. pouvoit. prendre effectivement
PréTOft. Tome XIV* 5
66 HISTOIKE
quiâ pour uo ennemi déclaré.L'inGdélîlé de myUidy Si^viU se trouvoit vérifiée par sa bouche, etc'éloit à quoi il avoit appréhendé de ne pouvoir parvenir pour justifier Texcès de ses anciennes fureurs. Il décQuvroit même dans son accusateur un rival in- '^ téressé k sa perte , et qu'il lui étoit aisé par conséquent de rendre suspect à ses juges. Enfin , là yoie de «e voir fournir des armes pour se défendre , par Quax qui avoient conspiré sa ruine ; l'espoir de s'en servir heureusement contre eux-^mèmes ; l'indigojation de se voir encore insulté par des offres qui lui parurent une abuvelle trahison, que dii^i-)ie 3 la. haine qu'il devoit à son délateur , et peut-^tre on reste de fureur jalouse, ne lui laissèrent pas asaeE de liberté d^esprit pour déguiser ses projets de vengeance , et pour modérer l'excès de son . ressentiment. U reçut la proposition d^Sommerset comme uq outrage , et le tk*aitant lui-même avec la denûère fiiefté , illui promit de ne rien ménager pour sa défense , -comme on n'avoit rien épargné pour le perdre par d'indignes accusations. Som- «nerset se fit répéter plusieturs fois cette menace ; «t la noyant, obstiné à n'en rien relâehisr , il se jfita suc lui, )b terrassa V et le fit étrangler en sa pi!és€nK)e.parqui3lques personnes apostées pour le soutenir. Ensuite , l'ayant £ût mettre fort soigneu- •ement dans son Ut, il se retira aussi secrettem^t qu'il étoit entré , par le soin d -un officier
DE MARGUERITE d'aNJOU. 67^
de la tour qui l'avoit introduit avec ses gens. Une exécution si violente avoit sans doute été prévue, et Ton ne se figurera point que le duc dé Sommèrset, qui avoit vécu jusqu'alors dans Téloignement des affaires , et dont le crédit étoit i& récefll) eût osé s'abandonner si témérairement à la vengeance de mylady Nevill , sur un prince âti sang qui étoit oncle du roi, et jusqu'alors l'héritier présomptif de la couronné, s'il nes'étôit cruinèn assuré de l'approbation de là reine ', et s'il n^èùt peut-éti^Bgi par ses ordres. Les accusations intentées contre le duc de Glocester, jétoïéfnt cette princesse dans une vive inquiétude. Héïiàîtitïcertain comment elles seroient reçues ^ti?pàrlenîènt , et si elleà parottrôient appuyées pa^ d^âèket ïbtliés preuves. En supposantque la foibtésiécïesftéiiiroi^ gnages et la faveur du peuple' fissent triotdj^hër lé duc , n'étoit-il pas à craindre que sbbfiatiiàVité nie reprît de nouvelles forces par rimpûi6ikfibë d'és efforts qu'on auroit faits pour l'abattre ? Et iiiéptrtïr' voit-il pas se rendre d'autant plu^ Vedbùliàblie ^ qu'il auroit tout-à-la-fois à eonfirnlér sôti pUuvoir et à venger ses injures? C'étoit fiijii* la qiie)*dle d'un sènl coup, et la violétice méîné qù'ôb employoit pour s'en défaire , déVe'noit un strfèt d'épouvante pour ses partisans. Aussi lâ'tfttùi' gàï*dàt-elle un profond silence sur cette trâ^c[{ié aventure. On laissa au peuple la liberté de plaindre W
nmûslre qu'il aimoit, et la reine ne parut faire .^UjCjane attention aux emportements delà douleur publique. £lle permit que le corps du duc fut .exppsé pendant plusieurs jours ^ pour faire foi qu'il n'avoit aucune blessure , et que s'il n'éioit pas ipfxoTi par un accident naturel, il falloit qu'iWe fût /OU empoisonné ou étouffé lui-même, comme on ^yoit pris soin d'en répandre le bruit. J^n effet , la douleur du peuple prit }e change pendant quelque temps , et cette indifférence apparente de la cour réussit mieux à le calmer que n'auroit fait tout
.autre artiiice.
Maison nes'étoit pas porté à des extrémités si violences pour n'en tirer aucun fruit. La reine prit ouvertement l'administration des affaires ; et, pour .r.empUç les vues qu'elli^, j^ypit sur le marquis de jSuffplck^.elle commenta. par le faire créer duc. .Trop d'impatience à le combler ainsi de faveurs , fut encpre^jUne faute qu'elle eut à se reprocher. Jiçssoup^njs du peuple sp réveillèrent , en voyant traiter avec cette distinction celui qu'on regardoit depuis long-temps comme l'ennemi particulier du ^BÎni^tre. .Qa ne douta point que ce ne fût le prix de sa nK>,vt; jet la haine contre Suffolck, qui étoit dé)à extrêi^e depuis la cession de l'Anjou et du Maijse ,. redpubla jusqu'au point de lui attirer dans les rués, de Londres 9 plusieurs insultes qu'il prit le parti de dissimuler.
DE MARGUERITE d'ANJOU. 6gP
Lé duc d^Somnoterset , partant de complaisance' et de zèle pour les Tolontés de la reine , ne s'étbit' proposé jusqu^àlors que de se rendre heureux avec' mylady Nevill , et cette passion qui Poccupoît' uniquement , lui avoit fait fermer les yeux sur tous les dangers autquels il s'étoit exposé. Mais voyant avec quelle ardeur le ressentiment dupeuple s^étbit . ranimé 9 et ne doutant point que tôt ou tard on: ne découvrît que la mort du duc étoit son ouvrage j il crut que sa sûreté Pobligeoit de s^éloigner pour' quelque temps de FAngleterre. Il ne demanda à la reine , pour récompense de ses services , que' la permission d'aller épouser mylady Nevill 'on' Normandie. Avec les inclinations philosophiques: auxquelles il n'a voit pas encore renoncé -, son des^ sein étoit d'y mener une vie tranquille dans le sein de Pamour et de l'oisiveté. Mais la reine qui Te' connoissoit mieux qu'il ne se connoissoit lui-même^ et qui lui avoit découvert un fond d'esprit et de hardiesse dont elle avoit d'autres avantages à recueillir , ne consentit point au désir qu'il marquoit d'abanidonner les affaires. Elle lui proposa de so charger de la régence de France , qui avoit été confiée depuis quelque temps au duc d'Torck. C'étoit une entreprise dangereuse , mais qui le pa-^* roissoit encore moins k cette princesse, que l'aveugle confiance avec laquelle on avoit abandonné au duc d'Yorck un poste de cette importance. Quoi-
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qu^elIe n'eût osé s'y opposer , dans un temps où elle avoit encore à craindre de s'en faire un ennemi, elle se souvenoit de l'avis de Sofiblck , qui lui avoit fait appréhender également d'accorder, trop de puissance au chef d'une maison redoutable a c^Ue deLancastre. D'ailleurs, le moyen le plus certain d'assurer son autorité ^ étoit d'àvoîr en France un régent qui fât dévoué à ses ordres ; et les droits qu'elle avoit acquis sur le duc de Sommerset, étoient desgarantsperpétuels de sa fidélité. Mais riep ne l'attacha tant à cette résolution , que les derjiiers conseils du cardinal de Winchester, prince de la maison royale de Lancastre. Ce prélat , le plus riche et le plus voluptueux de son siècle , av.oit balancé pendant toute sa vie le pouvoir du duQ de Glocester son nehreu. Ses richesses 01 ]a dignité dç grand-chancelier dont il étoit revêtu, lui avoient fait dans l'état un parti si considérable , qu'ayant été chargé plusieurs fois des plus odieuses, accusations par le ministre , il s'étoit toujours relçvé avec assez de bonheur et d'éclat pour faire trembler son accusateur , en Texposant à sontoujp s^ux méipes. craintes et aux mêmes dangers. Leur haine étoit venue d'une passion déréglée qu'ils avoiçQt eue l'un et l'autre pour Eléonor Cobham , fille de qualité, aussji dangereuse par sa beauté que par ses artifices. Apres les avoir longtemps trompé tous deux , elle s'étoit livrée abso«*
DE MARGU^RITIS d'aNJOU. 7I
lument au cardinal lorsqu'elle avoït Vu le duc de Glocester épouser Jacqueline dé Brabant. Mais les difficultés que le duc trouva dans $oh mariage y l'ayant obligé de se soumettre à la sentence du pape y qui le déclaroit nul , elle forma des espé*^ rances plus ambitieuses et les ménagea si adroitC'^ ment y qu'elle mit enfin le duc de Glocetstèr dans la nécessité de l'épouser. La tendresse du cardinal se changea en haine après cette trahison. 5 et ses projets de vengeance se tournèrent également contre la duchesse et contre son neveu. 11 fut servi si fidèlement par ses espions , qu'ayant appris que la duchesse 9 par une curiosité assez ordinaire aux femmes^ avoit de fréquentes conférences avec un prêtre qui passoit pour nécromancien y et avec une femme qui avoit la réputation d'êtire sorcière y ii engagea plusieurs personnes à former contre eUe une accusation de haute trahison. On lui imputa d'avoir composé avec ces deux confidents une image de cire y qui représentoit le foi , dans Fes^ {>érance qu'en la faisant fondre par degrés y les forces du roi diminueroient inséns&lement y et qu'il perdroit enfinla vie aussitôt que l'imdgeseroit entièrement fondue. Le dessein qu'on attribupit à la duchesse étoit de faire tomber la couronne sur la tête dé son marij^ et comme on né pouvoit supposer, qu'elle eût formé ce projet sans sa par* ticipation y on e$péroit d'envelopper le duc dans le
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crime et dans le châtiment. La duchesse avoua qu'elle avoit prié le prêtre et la femme de lui composer un philtre , propre à fixer Finconstance de son mari. Mais quoique cet aveu n'eût rien de commun avec l'attentat dont elle étoit accusée, le cardinal avoit pris des mesures si infaillibles , que le prêtre fut condamné à être pendu , la femme à être brûlée , et la duchesse à faire amende honorable dans l'église de Saint-Paul, et à être renfermée daiïs une prison perpétuelle. Une mortification si sanglante pour le premier prince du sang, qui avoit été le protecteur du royaume , et qui en étoit encore le premier ministre , avoit fait monter sa haine au comble contre celui dont îl n'îgnoroit pas que l'outrage étoit venu; mais il le voyoit si puissant , qu'il avoit été contraint de supprimer jusqu'à ses plaintes, pour ne lui pas donner occasion de' s'attaquer directement à lui*méme. Le cardinal , qui ne pouvoit douter de son côté , qu'un ennemi irrité par de si cruelles offenses, ne cherchât l'occasion de le perdre , se mit à couvert de toutes sortes d'atteintes par une précaution fort singulière: il obtint des lettres du grand-sceau ^ par lesquelles le roi lui accordoit une abolition générale de tous ses crimes, depuis la création du monde jusqu'au jour dont cet acte d'amnistie por-* toit la date.
Dans ces dispositions, qui ne se relâchèrent
DE MARGUERITE d'ANJOU. 7?
jamais entre Fonclè et le neveu, la mort du ducf de* Glocester avoit été la plus agréable nouvelle qui pût arriver au cardinal. Elle avoit été tout-àfait imprévue pour lui , parce que la reine redoutant son crédit , avoit moins pensé à lui communiquer ses projets et à l'employer contre son neveu y qu'à l'éloigner lui-même de toutes les occasions dé pénétrer ses vues et de prendre de la jalousie de son autorité. Plus esclave que jamais de ses plaisirs à Page où il étoit, il s'étoit retiré depuis quelque temps dans sa maison de campagne , par une és^ pèce de lassitude du mal qu'il âvoit fait au duc, et des inquiétudes que lui avoient causées celui qu'il en pouvoit recevoir. Il y menoit une vie délicieuse, lorsqu'il y appnt sa disgrâce et sa mort. L'habitude de nuir^êt quelques bruits dont il avoit démêlé fort habilement la vérité , lui avoient fait pénétrer toute la part que la reine avoit à cette
catastrophe. Il lui écrivit pour la féliciter du succès dé son entreprise. Ses termes étoient vagues sur ce qui avoit rapport à elle ; mais ne dissimulant point la joie qu'il ressentoit de la mort du duc , il en parloit comme d'un service qu'on lui avoit rendu. A-peine, cependant, jouit-il de cette satis^ faction plus d'un mois; une maladie mortelle l'ayant réduit en peu de jours à l'extrémité , ce fut dans ces derniers moments qu'il écrivit une autre lettre à la reine , par laquelle il lui marquoit tout
€6 que son expérience lui avoit fait connoître de plus utile pour l'intérêt de la maison de Lancastre. Il traitoit de faute inexcusable la facilité du roi ^ ou plutôt celle du dernier ministre à confier la régence deFrauce au duc d'Yorck. On y étoit tombé plusieurs fois avec le même aveuglement depuis la mort du duc de Betfort. Et comme s'il eiit prévu les divisions funestes qui menaçoient l'Angleterre, il n'attribuoit tous les maux que le royaume avoit à craindre qu'à l'imprudence de son neveu , qui avoit nourri par des égards con tinuels , la puissance et l'orgueil d'un rival si dangereux. Ce conseil , le meilleur peut-être qu'il eiit jamais donné pour la sûreté de sa maison et pour le repos de sa patrie , fut la dernière action de sa vie. Il expira , si l'on en croit quelques historiens , Sk reprochant au ciel de n'avoir pas mis plus de différence , pour la durée , entre la vie des personnes aussi heureuses que lui, et celle du dernier des misérables.
La reine ayant donc trouvé dans sa lettre la confirmation du sentiment de Suffolck, se détermina tout-d'un-coup à charger le duc de Soramerset de la régence, et le pressa même de panir promptemeat pour aller prendre possession de cet emploi. Les François commençoient à se lasser de la trêve ; et prenant occasion de l'escalade de Fougères, qui avoit été emportée pendant la nuit par Surienne^ gouverneur de Ja Basse-Normundie
DE MARGUERITE D*ANJOXT. 76
pour l'Angleterre , ils armoient avec une cïialeur qm faisoît craindre de voir bientôt la guerre ou-^ vertement rallumée : i|s ne pouvoient ctioisir un temps plus favorable. L'Angleterre avoit peu de troupes en Normandie, et toutes les places étant aussi mal pourvues d'hommes que de munitions, le roi Charles espéroit qu'un peu d'ardeur et de diligence le mettroit bientôt en possession de cette belle province. Les historiens qui ont favorisé la maison de Lancastre , attribuent ce désordre aux intrigues du duc d'Yorck, qui, dans le dessein qu'il raéditoit déjà de faire valoir ses droits sur la couronne , vouloit s'assurer le secours de Charles pai: le sacrifice de tout ce que les Anglois possé^ doient en France. D'autres, aussi favorables à ce prince qu'Us paroissoient opposés à la reine, ont prétendu que les Anglois ne doivent accuser qu'elle de toutes les pertes qu'ils essuyèrent bientôt successivement; et que , se voyant encore sans enfants, elle étoit d'intelligence avec les ennemis de la nation. II5 ajoutent qu'ayant deux buts différents, l'un de rendre service h la France, et l'autre -de ruiner le duc d'Yorck dans l'esprit des Anglois^ elle avoit trouvé fort adroitement le moyen de les réunir tous deux, en laissant aux François le temps d^avancer le progrès de leurs armes, et en ôtant au duc toutes sortes de moyens de leur résister, pour faire tomber sur lui la haine de$ pertes publia
ques. Quoi qu'il en soit, la conquête de la Normandie ne coûta qu'une campagne au roi Charles;' cl le duc de Sommeirset n'arriva dans cette province que pour être témoin des avantages continuels de la France.
Il emporta un chagrin auquel il auroit été beaucoup plus sensible s'il en eût pénétré la cause avant son départ. Mylady Nevill, dont il croyoit posséder le cœur à tant de titres, refusa de Pépouser et de le suivre, sous un prétexte auquel il sembloit qu'il n'eût point de justes plaintes à opposer, mais qui n'étoit que le voile d'un changement fort extraordinaire. La raison qu'elle lui apporta, et qu'elle fit goûter à la reine, fut qu'étant plus mal que jamais avec son père depuis la mort du dud de Glocester, elle vouloit prendre le temps dé l'apaiser par ses respects, et de le faire consentir à son mariage. Cette excuse satisfit d'autant plus aisément la reine, qu'elle regardoit la réconcilialion du comte de Salisbury avec sa fille comme un moyen presque sûr de faire entrer le père et le fils dans ses intérêts. De tous les seigneurs de la cour qui avoient été attachés au ministre , ils étoient presque les seuls qu'elle regrettât de n'avoir pu gagner par ses caresses et par ses bienfaits. Mais il se passoit d'autres mouvements dans le cœur de mylady Nevill. Par une inconstance qui fait honneur à la bonté de son caractère, le duc lui étoit
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de venu, odieux depuis qu'il Favoit vengée. Elle ne relrouvoit plus le héros qu'elle avoit aimé dans ua homme qui avoit assassiné son ennemi de sangiroid y et qui avoit abu3é de l'avantage de sa situation pour étrangler de ses propres mains un malheureux qu'il avoit trouvé sans défense; Ce sentiment, que le duc avoit fait naître lui-même par l'air de. joie et de complaisance avec lequel il iui âvoit raconté cette funeste exécution , avoit éteint l'amour dans son cœur, juâqu^à lui donner du dégoût pour celui dont elle avoit fait long*temps son idole.' ;
Cependant, elle déguisa si bien ses dispositions ^
qu'il n'emporta que le regret de voir son bonheur différé. Mais, comme elle étoit faite pour la ten«dresse , il lui fut difficile de demeurer long-temps libre après s'être guérie de sa première passion. Jje duc d'Yprck arriva- de Normandie. Quelque ressentiment qu'il conservât de l'affront qu'il venoit de recevoir, il parut à la cour avec une profonde dissimulation, sous laquelle il cachoit si adroitement ses desseins de vengeance , qu'il trompa jusqu'aux yeux de la reine. Les plaisirs parurent l'occuper uniquement; et , pour <lonner plus de vraisemblance à. ce rôle, il affecta de s'attacher à mylady Nevill , dont la beauté faisoit l'admiration jde. toute l'Angleterre.. Une passion dont il n'aVoit p^nsé qu'à se faire un amusement , deyint pièur
Vun et pour l'autre la plus importante affaire de leur vie.
L^ reine, à qui celte nouvelle liaison n'échappa point, auroit pensé, sans doute, aux avantages qu'elle en pouvok tirer, si elle n'eût été distraite par d'autres soins qui demandoient toutes les Forces de son attention. Mais le fond qu'elle faisoit sur l'attachement de mylady Nevill , l'ayant persuadée trop aisément qu'elle pouvoit se reposer de ses intérêts sur elle, rien ne l'occupoit si fortement que les embarras du duc de Suffolck contre lequel toute la nation paroissoit soulevée. Comme le respect arrétoit encore les plaintes qui pouvoient aller jusqu'à elle , on les tournoit vers celui qui ^ouvernoit avec une autorité absolue sous ses ordres. La perte de la Normandie presqu'entiére^ après tant de sang versé pour la conquérir^ avoit enfin excité ouvertement l'humeur impatiente des Anglois. Tout retendssoit d'accusations et de me^ naces. (c On disoit publiquement que le duo avoit D trahi l'état, et que le Maine, cette clef de la }) Normandie , avqit été livrée aux François pour }y faire réussir un mariage* qui n'étoit avantageux D qu'à luL On l'aoousoit d'avoir ôté la vie au duc » de Glo^ster, de peur que ceprince clairvoyant » ne découvrit ses trahisons. On se {Jaignoit qu'il » y avoiti peu de gens haitiiles dans le conseil, et » qu'il y' en avoit encore moins à%' vertueux ;
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» qu'on avoit affecté , au contraire , de le remplir )) de conseillers vicieux y sans prigcipes d'honneur 3) et de religion 9 dont tout le mérite étoit un )) aveugle dévouement pour le ministère , et qu'il }) en étoit dç mén^e de tous ceux qui se trouvoient » revêtus des charges publiques ; enfin , sans porter » encore la hardiesse jusqu^à nommer la reine 9 ou )> se plaignoit d'un gouvernement qui s'exer^ît y> avec une hauteur insupportable , et qui réduio; soit à l'esclavage une nation libre, accoutumée 3) à vivre dans la seule dépendance des loix )>. Ce fut dans cette disposition générale du peuple que le parlement s'assembla au commencement de l'année i45o. La reine avoit porté le roi à le con** voquer, pour en tirer des secours qui la missent .^n état d'apportier quelqu'ordre aux affaires de France; sans quoi elle se voyoit forcée de lee abandonner entièrement, et d^exposer par conséquent SQn ministre à de nouveaux outrages; mais «Ue ne fujt pas long-temps à s'apercevoir que le mécoQtepjt.|sn3ienl du peuple avoit passé jusqu'aux membres du. parlement. Tous les efforts qu'elle fit pour les gagner lui réussirent 3i mal , que la chambre basso poirta aux seigoeursun bill. d'accu-* dation contre le duc. de Suffolck^ où, sans compter les plaintes vagpes dcmt j^'ai rendu compta, on séduisoit tous ses crimes k dix artides, dont le uioindre s^mbloit menacer sa tête. Le péril parut
8o HISTOIRE
si pressant, que pour donner quelqu'ombre de satisfaction aux communes , la reine prit le parti de renvoyer à la tour.
Il en coûta beaucoup à sa fierté pour se réduire à cette espèce d'humiliation. Aucuû de ses historiens n^a compté l'amour entre les causes de sa douleur. L'ambition et le désir de gouverner avec uq^ouvoir absolu, paroissent avoir été les passions dominantes de cette grande reine, et ses ennemis même ne lui reprochent point, dans eette occasion,, de foiblesse qui ait pu souiller 6a gloire. Cependant, en réduisant ses sentiments pour Suffolck à la reconnoissance et à Festime, il falloit qu'elle en fût vivement pénétrée, pour s'abandonner à toutes les inquiétudes qu'elle eut dé son sort. Elle ne put- supporter son absence pendant deux jours. Elle prit le parti de le^ visiter secrettement dans sa prison; et le regret qu'elle eut de le voir dans cet abaissement fut si vif, qu'elle lui promit,. à toutes sortes de risques^, de le rétablir dès le lendemain dans son poste. Le roi, qui étoit accoutumé à ne rien voir que par ses yeux , se laissa persuader que le rappel du duc étoit nécessaire, avec autant de facilité qa'il ^voît consenti à le faire arrêter. On lé vit-reparoîtreà la cour avec un nouvel éclat. En- vain la- nouvelle de sa délivrance exciu-t-elle un soulèvement dans la province de Kent. Les chefs de -ce tuimuhe furent
DE MAKGUERITE B^ANJOU. St
arrêtés et punis avec une rigueur qui déconcerta; leurs partisans. Il se crut si certain de sa fortune après cette espèce de triomphe, que le parlement s'étant rassemblé aussitôt à Leicester, il eut la hardiesse d'y accompagner le roi et la reine avec la qualité de leur premier ministre. Mais cette bra-* vade (ut une imprudence qui lui coûta cher. La chambre des communes s'en trouva si choquée-^ que, pour en marquer son ressentiment, elle alla eu corps présenter une adresse au roi, par laquelle elle demandoit que ceux qui avoient servi d'in~ strument pour livrer la Normandie aux François^ fussent déclarés traîtres à la patrie , et punis avec toute la rigueur des loix.
Si quelque chose peut faire juger que la reine AvtHt conçu pour le duc de Suflblck des sentiments plu^ ^ tendres que ceux de la reconnoissance et de Fes-" lime , ce fut la mortelle alarme dont elle ne put se défendre à cette nouvelle. Elle en donna des marques si vives , qu'elles eurent le pouvoir de suspendre Fanimosité des communes, par une espèce , de respect que sa douleur parut leur inspirer. Ce-pendant, comme elle connoissoit trop bien le caractère de la nation qu'elle avoit à gouvemeFy pour se fier à ces apparences de repentir; après avoir gardé le duc pendant quelques jours dans son propre appartement, elle concerta avec lui que la violence ne pouvant jamais leur faire esr;
Prévost. 7omJE//% 6
Su HISTOIRB ^
^rer une administration tranquille y il ialloit essayer de calmer les esprits, en cédant pour quelque temps k l'orage, et tenter même d'apaiser toutes les plaintes par quelque serrice signalé qui pAt £sdre renaître la confiance du public. £lle lui proposa de passer en France^ et de s'y employer à rétablir les méme^ affaires qu'elle ayoît peutêtre mises elle-même en désordre par d'autres vues ) c^est-à-dire , de prendre le commandement d'Un corps de troupes qui étoient prêtes de passer en Iformandi^e, et de faire tous ses eBbrts pour remettre l'Angleterre en possession de cette province^Lui ayant fait goûter ce parti, eBe répandit le bruit de son départ, dans le dessein de presseblir leâ dispositions de ceux qui avoient paru le p^ius aJÛmés à sa perte. Mais la plupart étoient d'antietis amis du duc de Glocester, qui, après avoir nourri long -temps le désir de le venger, étoient ttrop charmés d''en avoir trouvé l'occasion pour laisser relroidîrisi tôt leur ressentiment. Au pretoier avis qu'ils eurent de son éloigneçtient, Usse crarent Ubifeis des considérati<v)aqqi les avoient. arrêtés; et renouvelant leurs sollicitations auprès d;u roi, ils parurent résolus, si elles n'étoient point écoutées , de &e poiint attendre son consentement pour flétrir le duc par ime sentence honteuse et cruelle. La reine fut Contrains , dans cette extrémité^ d'en Ttniir au dernier remède ^ qui étoiv
DE MARG:UBRW:¥:iP*ANJOU. 8i5;
d^engager Iç rai à les pé^^ir^ ei>. '^iHJtamtefc lui-mêoaf Siuffblck k Mft.-ex^l liwt4r€4:.iÇ» ^\»f»^ leurs eipplois à quelqnesf juns de s^ par|i9^p3| JUto> crut avoir f^(! prendre Ici çh^pge âU% 4:ie)ii|Hlliw^fl:y: et tai\«^e^[SGf^as se touraèt eii^ qt ffK^lkw^(Hk;év36Î9!fi» ' £46 malheur d'Adam Mol^iif^^ctflii^dvoHvffu^ltentî à toutes les entreprises qu'o^ f epr<H}hoit «û. toî^* mstre , et; cpi ;,en aypit ëtë récompensé p^riln-di^' :giiité d'éyêque de Chichest.er ^^ ^& gat*^^ àu^fi^f!^ privé, fui un avertissecoieiH. qui ipoi^a; la fm^ Ô redoubler ses préoa^fji;On^f:'Ç^ prél^^ .^yAi^ '^té poignardé «(aps ries ru^^ide lidndres^ i^l<&; )l^^0?i que l|p duc 9'évîter(>H:paS 1)^ même sort tr'UétQUi reconnu, lieiw .]FrançoiSfiq<ii;.^ï}Qieût k ^^ii^pm^ fUrwl» f^harg^s par ses ordres, 9ltec Ja^^n^^^ d Wç. grqs^ récon^pensQ 0r 4^ I9 eonduir^ l^p 1^91 la nuit jusqa-^ Ipswidi , ou il é^oit attendu j^ap wè vaissea^^ dontle capitaûpieiét^Ht dussi Françji^'Ji y arriva heureu^ment, )3t ^on embarqvieilient ife. fit avec Je.^inéine bonheur, âftais , ;Soit qu'il 4^^ éié trahi p^r:3çs prâpres jgnid^^ j{[>^ fût marqvi4 ce moment^poiaf s«^ p^n^j le bMiiXWM sx^T lcpqi?ftl,il s^ croyçi* déjàr^Ptd* gç^tfef Jft Fran<(e^ S\\\,^Ttêié an passage par Un yi|i3$0iai|4{( gnterri^, tie,çapitame,.qjui se-non^o^pit |!i^«i;^>:f)^ s'étoii;poisté„s,ans4outej à jiahalitwif d^ P^yiP«9 que pftW;CettjB exécution ;a9lri 0f^m vwî4 JWi*^
rèGherches lorsqu'il eut reconnu le duc. Il le fit passer dans son propre vaisseau , sans lui avoir eipliquéses desseins et é&ns les lui avoir fait pressentir par des injures ù\x des reproches. Là , donnait ordr^ à ses gens de te saisir, il lui fit couper là Cète dvant qu'il' eût lé iemps d'ouvrir la bouche. Entoitey comme s'il n'eût rien attaché de fort important à un coup si téméraire, il fit jeter né« gligemment la tête etle torps sur les sables de Bouvres, et il piit sa' route vers un alutre port. '> ' Cîeb tristes restles li'un nliibistre des plus absolus ^ui;ëût gouverné depuis long-temps l'Angleterre >/ fiilrent bientôt portés U Londres , et exposés aux yëtix 'du peuple^ dbut ta haine se rassasia de ce spectacle. Mais , qiieltesc furent la surprise et la douleur dé la reixie, en apprenant que son favori , qu'elle ^rôyôit ^ déjà tranquille en France, lui avoit été éiil^é par une si eniellé trahison du sort, et que Mn 'Cadavre é toit en btitte à Londres , aux ou-" trages et atixinfiptéoatifeni'd-rine pdpulaceftirieuse? Elle tirouva néftâtiloîns d^b ressourcés dans sa fermeté pour ne pafs! marqùiér trop d'abàttêfiiént. Il tk lui resioit^ersoniid^uf^rès d'elle à (]/ùi elle eût plus de cbdfiincé. qu^à itiylady Névill; Elle ne ^tit retenir, en sa présence, des larme» qu'elle d'Hit verser dans te'Sém dé éà meilleure amie; et, pour l'attacher de plus eà plus à sa'perâoiiiiè', eDe Idi apprit que par le méiïie vaièseaU <qûi «^<>it dà
DE MAÏIGUERITE D^ANJOU. 85
4Bonduiré en France le malfaeoreux SuJSbkk.»)^Ue faisoit rappeler le duc de Sommerset, c'e^t^-dire:, le seul homme d'Angleterre de qui elle pou^it espérer désormais de l'attachement et du ^èl.Q. Dès le premier moment qu'elle s'étoit vue forcée d'éloigner le duc de Suffolck ,, elle; avoit pensé ;À lui donner ce successeur; et dans son infortune^^ dit-elle à mylady Nevill^ c'étoit i^ne.co^aisolation pour elle de pouvoir partager son autorité avec ses meilleurs ami$.
Marguerite étant résolue , en effet , de confier l'administration au duc de Sommerset, telle que Suffolck l'avoit exercée , c'est-à-dire y sous ses yeux et par ces ordres^ croyoit serrer ses noeuds d'avance avec un homme qui lui alloit être si nécessaire j en comblant de caresses et de marques d'affection une femme pour laquelle il continuoit d'être si passionné, que toute son impatience étoit d'être à Londres, pour obtenir d'elle-même la liberté de l'épouser. Cependant , dès le jour qui suivit cet entretien, mylady Nevill quitta la cour sans avoir, donné le moindre avis de son départ à la reine ; et ne s'étant fait accompagner que d'un petit nombre de domestiques, on ignora sa route et les motifs d'une résolution si étrange , Jusqu^à l'arrivée du duc de Sommerset. Comme elle ne s'étoit déterminée à partir que sur la nouvelle de fion retour, et pour éviter des persécutions qui lui
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àaroUM'ët4$ idâ(^orittne6 dans lee dfouvêlles dispo- -^^ttôm^de^nsoeur oh ^Se ëtoit^ die afoU laissé «ne "lèlti'é y>our lui 9 dans laquelle elle ne lui cachoit tki le «changement d^ ao^A affection, ni la cause de 4$eitidiiMôHstanee; mai$elle se gardoit bien de lui ii^|>rêtidi^e queVëtmtle du<î d'Yorck qn^ellelui âtoit donné pcm'r rival , et qu'en quittant la cour, ^'èlle peii96it à ttrouver quelque moyen pour le rejoindre.
Ce prince étoit en Irlande, oh la reine, par une S'Imite dès maximes de Suffolck et des derniers avis 4il éardinal dé Winchester, Favdit envoyé sous ptétejLte de remettre Fordre dans une partie de ce royaume, qui étqit déchirée par des factions et des révoltes, mai&, au fond , pour l'éloigner de la eour et du centre des affiiires. Peut-être entroit-il même des vues plus profondes dans cette commission. A juger du*-moins des intentions de la *eine par le petit nombre de troupes qu'elle lui àtt>ît accordées, et parla multitude des séditieux qu'il avoit h réduire , on pouvoit s'imaginer qu'elle ne cherchoit point à ménager une vie qui lui étoit incommode. Mais sa politique fut trompée par la conduite du duc. Soutenu' des conseils de Mouhray , duc de Norfolck, et de ceux du comte de Salîsbury, qui s'étoit attaché ouvertement à lui depuis 1^ mort du duc de Glocester, il découvrit lé t>iége où il se trouvoit engagé. Ce ne
DE MARGUERITE d'ANJOU. . 87
fut point par I» fioleoe^ qu'il entreprit de sou « mettre les rebellés ; il ks gag^a par sa douceur et ses hienfaits : de sorte , qu'au-lieu dejrouTer en Irlande uû péril dont ott avoit espéré qu'il ne sortiroit pas ^ il s'y fit des amis et des partisans y qui devinrent son plus ferme appui.
On ne sauroit douter qu'avec l'élévation naturelle de ses sentiments , tant de chagrins et de mortifications , qu'il avoit essuyés depuis l'arrivée de la reine en Angleterre ^ ne lui eussent déjà fait nattre les desseins qu'il fit bientôt éclater. Mais il y fut confirmé par les nouveauic sujets de batne qu'il reçut du ministre. Le duc de Sommerset étant arrivé à Londres, peu de jours après le dé^ part de mylady Nevill^ apprit de sa propre main , non-seulement qu'elle avoit changé de sentiments pour lui , mais que l'altération de son cœur avoit été jusqu'à lui faire quitter la cour pour le fuir* Dans les premières agitations de sa douleur , il se plaignit amèrement à la reine , de ce qu'elle lui avoit conservé sa maîtresse avec si peu de soin* Mais cette princesse avoit ses plaintes à lui faire aussi. Son cher Suffolck étoit mort, et l'on ne pouvoit douter que l'intérêt du duc de Glocester n'eût été le plus puissant motif qui avoit animé le parlement contre sa vie. Â qui donc Sufiblçk avoit-il été sacrifié , si ce ri'étoit au duc de Sommerset méme^ qui se trouvoit tranquille par
Terreur du public , et qui recueilloit tout le fruit d'une si cruelle méprise ? Des cris si justes étôuf-' fèrent ceiyf du duc, et la seule conclusion que la reine et lui tirèrent de Leurs douleurs communes, fut de s^mir pour les venger.
Sommersetse trouvant revêtu, dès le premier moment, de la même autorité que la reine avoit abandonnée à SuSblck , ne fut pas long-temps â découvrir les traces de mylady Nevill. Il sut qu'après avoir passé quelques jours dans une campagne du duc d'Yorck, elle avoit pris la route de Dul)lîn i et les discours publics l'ayant déjà informé des soins que le duc lui avoit rendus, il ne douta point que ce voyage ne fut une partie concertée pour l'établissement d'un nouvel amour. On étoit dans un siècle où les fameux exemples de Jacqueline deBrabant, et d'une princesse de iFrance , reine douairière d'Angleterre , avoient mis la galanterie fort en honneur. L'esprit et la beauté étoient le seul mérite qu'on cherchoit dans les femmes, et c'en étoit encore un plus grand pour elles de s'être distinguées par des aventures éclatantes , qui servoient comme de lustre à la perfection de leur caractère. Ainsi, loin d'être refroidi par l'inconstance et par les courses de mylady I^evill , le duc de Sommerset n'en conçut que plus d'ardeur pour la ramener à lui , avec une haine proportionnée coiitre son rival.
DE AIAKGUERITE d'anJOÛ. 89
Il ëtoit vrai que pendant ce tempsrlà elle s'étoh rendue à Dublin , sous prétexte d'y voir le comte deWarwicket le chevalier Thomas Nevill , ses deux frères, que l'amitié y avoit conduits auprès du duc d'Yorck , et de les employer pour sa réconciliation avec son père. Le duc la reçut avec tous les honneurs qu'il auroit rendus à la reine. Il ne dissimula point la passion qu'il avoit pour elle 9 et se trouvant encore sans engagement depuis la mort de sa femme, il publia hautement que son dessein ctoit de l'épouser. Les deux Nevill se trouvèrent fort honorés de cette propodlion. Ils se chargèrent volontiers d'obtenir le consentement de leur père, et de rétablir leur sœur ^ns son amitié. Mais le vieux comte n'eut pas plus tôt appris les intentions du duc d'Yorck , que faisant lui-même le voyage d'Irlande, il se crut obligé , par délicatesse d'honneur , de lui révéler la confidence qu'il avoit reçue autrefois du duQ de Sommerset, et de lui apprendre , enfin , dans un détail fort odieux, que sa fille avoit moins de yértu que de charmes. Etant arrivé à Dublin , sans avoir déclaré quelles létoient ses dispositions pour elle y la crainte de l'ofienser , en paroissant à ses yeux sans être assurée du pardon qu'elle lui avoit fait demander par ses frères, lui fit prendre le parti de vivre dans la retraite pendant le séjour qu'elle fit en Irlande. Cette louable précaution
go HISTOIRJB
Tentraîna dans nn noaTeau précipice. Le duc d' Yopck , guéri du désir de Fépouscr', par les con^ fidences du comte, mais d'autant plus amoureux qu'il se voyoit fermer la {voie du matiage , continua de la voir dans la solitude où elle s'étoit te* tirée. L^amour fit pour lui ce qu'il avoit fait pour le duc de Sommerset ; elle devint sa maîtresse y en perdant l'espérance d'être sa femme.
C'étoient d'étranges idées d'honneur dans le comte de Salisbury ^ que d'avoir cru sa gloire intéressée à donner avis du désordre de sa fille au duc d'Yorck, et de souffrir ensuite qu'elle vécût avec lui dans un commerce dont la honte retom-^ boit sur lui-même. A-moinS qu'on ne veuille penser qu'il l'ignora constamment, ou que dans l'espérance qu'il aVoit déjà formée de placer le dtic d'Yorck sur le trône de ses ancêtres, il s'a^bandonnoit au préjugé commun, qui fait regarder l'amour dans les fois, comme uhe foiblesse glorieuse , qui n'imprime point de tache à son objet. Ce qui est certain , par le témoignage de tous les historiens , c'est que , sur quelques nouvelles nîoriifications que le duc d'Yorck reçut de la cour par la jalousie du duc de Sommerset , le comte de Salisbury fut le premier qui réveilla assez fortement la vengeance et l'ambition dans l'esprit de ce prince, pour lui faire entreprendre de ren^ verser Henri du trône. Ses deux fils, le doc de
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Nprfolck, Eilouard Brook, lord Cobham ^ et Thomas Courtenay^ comte de Devonshire^ tons gens d'un earaclère aussi distingué par le courage et Fesprit que par la naissance ,- furent après lui les principaux ehefs d'une si haute entreprise.
JLes droits du duc étoient clairs. Henri IV, grand-père du roi Henri VI , ayant détrône Richard II , son cousin-germain , qui mourut ensuite sans enfants , s'étoit emparé de la couronne au préjudice des descendants de Lionel, duc de Clarance , qui formoient alors la branche atuée de la maison royale d'Angleterre. Le duc d'Yorck représentoit Lionel , dont il étoit Parrière-petitfils et l'héritier, par Anne, femme de Richard, comte de Cambridge. Tout ce que la fortune ou la yiolence ayoit fait en faveur de la maison de Lancaslre , ne pouvoit changer l'ordre de la nature ; et c'éloit en vain , disoient les partisans du duc d'Yorck, qu'elle réclamoit l'autorité du parlement, pour combattre des prétentions qui dévoient être indépendantes du caprice deshommeâ. Il en faut bien moins pour servir de fondement à Tambition ; et quand les droits sont à ce point de vraisemblance et de clarté , c'est la force qui achève de les justifier.
Cependant les conseillers du duc, joignant la prudence à la résolution, ne furent point d'avis de leverle masque, sans avoir sonHé les dispositions
du peuple. Us proposèrent de faire passer en An-' gleterre quelque aventurier , qui eût assez de hardiesse pour se parer du nom de Mortimer, comte de la Marche , autre prince de la maison d'Yorck, qui avoit perdu la têie à Londres, sur un échafaud, mais qu'on espéroit de faire revivre dans les provinces , à l'appui de quelques fables y par lesquelles on tâcheroit de persuader que sa mort avoit été supposée. Un gentilhomme irlanclob, nommé Jean Cade , offrit au duc de se charger de ce rôle. Il se rendit dans la province de Kent y où , trouvant bientôt un grand nombre de mécontents qui prêtèrent l'oreille à ses discours, il arbora la rose blanche y ce signe fatal de la maison d'Yorck , depuis sa première querelle avec la maison de Lancastre , qui avoit pris la rose rouge pour le sien.
Cade se mit en campagne à la tête d'un corps de mutins, et s'avançant vers Londres , il eut la témérité d'écrire une longue lettre au roi , pour le presser de rétablir la liberté publique par le châtiment d'un grand nombre de mauvais coivseillers. Il lui représentoit que l'administration des affaires appartenant sous lui aux princes de son sang , il étoit de son devoir de les rassembler autour de sa personne , et de leur marquer ime confiance qui serviroit à faire régqer la justice et la tranquillité dans tous les ordres de l'état. A ces
DS MARGtJKRITE B'anJOU. 9?
tondiuons , il oSroit d'abandonner leê armes , et d'être le plus arclpnt à donner l'exemple du respect et de la soumission.
La reine et le duc de Sommerset pénétrèrent anssitQt jusqu'au fond de l'artifice. Ils n'ignoroient uï les assemblées qui s'étoient faites en Irlande ^ chez le duc d'Yorck , ni le caractère et les dispontions de tous ceux qui lui étoient attachés. Us savoient encore mieux que Mortimer avoit perdu la vie, et que Hmposteur qui se revétoit de son Bom, étoit passé dirlande en Angleterre. Le lan* gage de sa lettre n'étoit pas même assez déguisé ^ pour y faire méconnoitre les intentions du duc. Aussi leur r^onse ne consista-t-elle qu'à faire marcher le lord Stafford contre les rebelles, avec lin corps de troupes choisies. Mais Cade n'avoit point risqué son entreprise , sans une partie des qualités propres à la soutenir. Il battit Stafford^ après un combat fort opiniâtre , le tua lui-même , et tailla en pièces un grand nombre de ses gens* - Cette victoire enfla sa vanité , jusqu'à lui faire oublier les bornes de sa commission. Le dessein du duc d'Yorck n'avoit été que de pressentir la facilité du peuple à se soulever au nom de sa maison , et cet ^ssai àuroit suffi pour l'engager à quitter sur-le-champ l'Irlande. Mais Cadè , pensant peut--être à recueillir pour lui-même les fruits de sa victoire-^ s'approcha de Londres, où il
Q'i HISTOÏHE
répandit l'ëpouvanie. La r€{ine ^ei sou mînissira IrpuvèreDt sipeu de di^oûtica dans leqrs trompas à combattre contre leurs amis {Bt leurs coiopa*triotes , qu'appréhendant eux-mêmes d'être forcés à Greenwkh , où étoit la cour , ils engagèt^nt le roi à se retirer daus le château de l^^nnelwortbV* qui est au centre de l'Angleterre^ Çade se p^ré^ senta aux portes de Londres. La div^ision qui a0 ijoil entre les habitants , dont une partie penchoit à le recevoir^ lui en facilita l'entrée. U coupa de son sabre les câbles qui soutenoient le pont-leyis , et s'étant inti^oduit dans la ville, à la tête de &e&
troupes^ il commença par faire trancher lalêleaU'lordSay, grand- trésorier du royaume. M^^ après avoir défendu la violence à ses geos^ il ^ laissa gagner lui-même à l'envie de s'enrichir par le pillage. Cette foiblesse , qui fit reconnoîtr-e d^ la bassesse dans* ses motifs, et la néoesûté de-^^ défendre contre des brigan4& 9 qui n« B^ettoient plus de distinction entre leurs partisans et leuv& ennemi», réunirent enfin. les ba)]|xtants pour la conservation de leur vie etrdeUurs biens; ;l)s forcèrent cette poignée de rebeH^à se retiri^p» dans le faubourg de Sonthvrark, par lequdi -3}^ étoicnt entrés. Le capitaine Math^gon 9 cél^(>f^ dans nos propres histoires, par sa^le: actions ig^ nérenses, oà le sort des armes, ayoja épargp^i^ vie pendant les guerres de Fc^ince^la per4itr indih
DE MARGUERITE D^ANJOtT. ^ 96
gnement par la maia d'un de ces misérables. £t i^esserrés comaie ils étoient dans South wark, on ne les auroit pas chassés facilemeot y si le roi j pour .finir une guerre si honteuse , n'eût fait pu* ^lier un acte d'amnistie, dont l'effet Eut surprenant. Dans l'espace d'une nuit , Cade se vit abandonné de tous ses gens^ et contraint de s^eufuir seul pour chercher une retraite dans les bois 4q la province d'Ëssex. Mais ^ sur une nouvelle pro^ çlamation y qui mettoit sa tête à prix pour Wfflf^ marcs ^ il fut tué par ^p gentilhomme de Kent ^ et son cadavre fut déshonoré par le supplice de^ t^raitres.
Qqoique cette révolte eut s-urpassé l'attente du duc d'Yprck^ il n'est pas surprenant qu'il en e^f recueilli si peu dé fruit. Ses espérances s'étoienft bornées, comme je l'ai fait remarquer, à produire quelques mouvements dans la province de Keûi^ pour juger de la disposition du peuple^ et loin da compter suc la chaleur avec laquelle on. s'étc^t armé pour, l'ombre d'un prince de sa maison , il 3'efforçDit, d'un autre coté, d'avancer ses dessein^ par des mesures qui auroient été superflues , ^% ^ût profité d^ l'heureuse témérité de Jean Cade^ lies 9mis qu'il âvoit à Londres, wscitèrent',;por aes ordres , des accusations si vives contre le dtfo d^. Somnierset, que la reine,. forcée encore unar i^îjs décédera l'emportement dn peuple y ii:é vift:
2^6 . HISTOIHE
point d'antre ressonrce pour le sanrer, qne de l'envoyer à la Tonr. Ses alarmes étoient d'amant pins jnstes , qne n^gnorant pins les liaisons de mjlady Nerill avec le dnc dTorck j elle s'imaginoit qne tontes les circonstances de la mort du dnc de Glocester avoient été révélées. Sommerset hn-méme sonpçonnoit inconstante NeviU de cette perfidie 9 et le ressentiment de se voir trahi par celle qu^ avoit vooln servir en souillant ses miâns par nne action indigne de son courage y snrpassoit encore la doul^r qn^ avoit eue de se vcnr abandonné. Biais il Faccusoit injustement. Les reproches dont on le chargea y ne tombant qne sur la perte de la Normandie y qu'on attri- Imoit à sa mauvaise conduite , il fîit aisé à la reine de le justifier 9 en rejetant ses fautes sur d'autres causes qui n'avoieot pu être surmontées par la valeur et la prudence ; et l'exemple de la Guyenne qui venoit d'être enlevée de même aux Anglois^ rendit cette apologie plus vraisemblable.
Etant bientôt rétabli dans toute sa faveur , il résolut de faire payer cher au duc d'Yorckle péril dont il se voyoit délivré. Que d'injures il av^t k venger I Son regret étoit que la mort de Cade lui eût ôté l'espérance de tirer de lui le secret de la conspiration y qu'il auroit compté de lui arracher par des supplices. Mais n'en étant pas moins perwadé que le duQ méditoit quelque entreprise
I>E MARGUERITE d'anJOU. 97
l^ernicieuse à l'Angleterre , et qu'on Vy verroit. peut-être arriver bientôt avec une armée d'Irlan^ dois y il envoya ordre, aux shérifs de Galles y de Shrop et de Cliester, de se tenir prêts pour s'op" poser k sa descente.
En eflFet ^ le duc d'Yorck se présenta sur la cote"* de Galles, mais avec ses seuls domestiques; et trouvant la milice du pays sous les armes , dispo** sée, en apparence, à le repousser, il alla descendre dans un autre endroit de la même côte , qui n'é* toit pas si bien gardé. Cette tentative n'étoit que pour se donner occasion de lever la voix, et de faire entendre ses plaintes. La maison de la Marcha ayant toujours eu beaucoup de iSrédit dans le pays d^ Galles , il . y fit valoir Finsulte qu'il venoit; de recevoir des troupes du roi sur la côte , pour en prendre droit de lever une armée. Ell^ fut 3ssez nombreuse en peu de temps , pour lui donner la hardiesse d'écrire au. roi , que tout le royaume étoit mal satisfait de voir les traîtres impunis , et " qu'il lui conseilloit de prévenir les 6uit es fâcheuses d'un mécontentement 'si général; que le'moyen le plus prompt étoit d'ordonner que le procès fût fait au% coupables , et particulièrement au duc de Sommerset, qui , ayant été accusé par les com-^ munes, avoit été rétabli dans la plus haute faveur 9 «ans avoir passé par aucun examen ; enfin , que s'il vouloit accorder cette satisfaction au peuple ^
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il lui offroit son assistance pour l'eiécution d\iti si bon dessein.
' La reine et Sommerset , qui se trouToient presque sans trou]>es, et qui vouloient se donner lo temps de lever une armée considérable, firent ^ tu nom du roi, une réponse fort modérée. On 0e prétendoit pas, lui dirent-ils, que les traîtres demeurassent sans punition j mais une affaire de cette importance demandoit de grandes délibérations. A IMgard du duc de Sommerset, en par* ticuliér, on ne le dispensoit pas de répondre aux accusations qui seroient intentées contre lui , et la faveur oii il ayoit été rétabli , n^étoit venue qu'après sa justification. L'adresse de la reine eut tout le succès qu'elle avoit espéré* Ses troupes se trouvèrent rassemblées avec tant de diligence, que le duc ayant perdu quelque temps à délibérer , sur une »odëra tien qui lui paroissoit équivoque , apprit^ eu se mettant en marche, que l'armée royale s'avançoit vers lui pour le combattre. Quoiqu'd ne n^anquât ni de courage , ni d'expérience , il ne crut pas devoir s'expœer à livrer bataille au i*oi, sans avoir grossi son parti par des raisons plus spécieuses* Son but étoit de mettre le peuple dans BesintérétB; et regardantki ville de Londres comme le principal objet qui devoit l'arrêter, il changea tout-d'un-coup de route, pour se rendre, par des inarohc^s précipitées, aux portes de cette capitale;
r Mais il eut le chagrin de se les voir fermer; jLes habitants ne trouvant point de sûreté à se déclareF pour lui pendant que le roi le suivoit de près à la tête d'une armée , il se vit obligé d'aller passer k{ Tamise à Kingston , pour se retrancher sur la bruyère de Burnheath , à douse milles de Lon-^ dres. Le roi qui le poursuivoit^.ppssa la rivièf^ sur le pont de Londres , et s'en alla poser son camp à quatre milles du sien.
Les deux armées étant si proc^es^ que rien nej pouvoitles empêcher de combattre , deux^vêque^ députés pftr le roi , allèrent demander a^ duc quel avoit été son dessein en prenant les armes contre son maître. Après avoir perdu i^^pérance de f^iire. déclarer Londres en sa'favenr , ce prince crut de^^ voir garder des ménagemenis avec Jâ couf 1. Il ré^ p^^it qu'il n'avoit jamais pensé à secopar Je jo^g de l'obéissance y maisqu'il soubaitoit d'^éLoign^r de la cour les mauvais conseillers du roi, dont le duc de Sommerset étoit le principal; et que si Foq vouloit faire rentrer ce seigneur à la tour,, et I0 soumettre à la justice du parlement, il étoit prêt à congédier Ses troupes. Il ne comptoit pas quQ cette proposition pût êiré acceptée ^ puisque le roi et bi reine ne se conduisaient que par les con-r seils de celui qui avoit le principal intérêt à la foire rejeter ; et son espérance étoit de faire retomber la faaine du peuple sur la cour , en faisant voii^
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qu'elle ne craîgnoit point d'exposer le royaume aux désordres de la guerre civile , pour soutenir un homme qu'on accusoit d'avoir causé la ruine de la nation. Mais il fut la dupe de sa politique.
Sommersét étoit agité par tant de ressentiments, qu'il n'est pas surprenant que la haine lui fit employer toutes sortes de voies pour le satisfaire. 11 savoit que le duc avoit mylady Nevill dans son camp y et que pour donner une couleur à cette Kcence , il la faisoit accompagner de plusieurs auttes dames qui paroissoient curieuses de voir les exercices militaires. Si l'on eût pris le'parti de se battre, il auroit risqué mille fois sa vie pour se saisir d'elle ; mais il espéra de parvenir au même but par une voie plus certaine et plus douce. Il cohséilla au roi de prendre le duc d'Yorck au mot, en feignant d'avoir toute la condescendance qil^il dësiroit pour ses propositions , et de l'attirer ainsi dans' son camp , sous prétexte d'examiner avec lui les -désordres dont il demandoit la réparation , mais, en effet , pour s'assurer aussitôt de sa personne. Il consentit d'être arrêté lui-même aux yeux des deux prélats qui attendoient la réponse du roi pour la porter au duo , et qui furent chargés de lui apprendre avec quelle promptitude on s'étoit conformé à tous ses désirs. Le duc d'Yorck fut surpris de cette facilité. Il auroit souhaité de pouvoir révoquer son engagement. Mais comifte c'étoit se
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déclarer ouvertement, il aima mieux risquer quel-r que chose que de s'exposer à^perdre la faveur ^du peuple y sur laquelle il fondoit toutes ses espérances. Ainsi, ne balançant point à congédier se9 troupes, il se rendit h la cour , sans avoir pris même aucune précaution pour sa sûreté.
LorsquHl fut dans la présence du roi , il accusa le duc de Spmmerset avec beaucoup de chaleur* Il prétendit , sans ménagement , que c'étoit un traître , qui avoit sacrifié les intérêts du royaume à son avarice et à son ambition. A ces mots, Som-merset, qui étoit caché derrière la tapisserie , sortit brusquement de sa retraite , et l'accusa lui-même d'avoir entrepris de détrôner le roi. Il n'y eut que la présence de leur maître qui put empêcher deu% ennemis si échauffés d'en venir sur-le-champ aux extrémités, les plus sanglantes. Le duc d'Yorck voyant devant lui , et dans la chambre du roi ^ un homme qu'il croyoit dans les chaînes, comprit qu'il avoit été joué, et qu'il s'étoit jeté dans un danger dont il sortiroit difficilement. Cependant ^ loin de se déconcerter, il se plaignit avec une mo^ déra^on affectée, qu'on luiavoit manqué de parole; et jetant un regard d'indignation sur le duc de Sommerset , il l'accusa d'être l'auteur de cette supercherie. Le roi, comme fatigué de cette scène y qui lui causoit effectivement assez d'embarras pour lui paroitre difficile h supporter , congédia ausûy
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tôt le duc d^Yorck; mais Tordre éloit donne de Farréter au momeift qu'il soriiroitde sa chambre.
Tandis qu'on le conduisoit à la tour, Sommer- •et, qui n'a voit obtenu que la moitié de ses désirs^ 9e rendit promptement à Burnbeath , où il étoit sûr que mylady Neyill attendolt le retour du duc% £llé avoit pressenti le malheur qui ne la menaçoit pas moins que son amant. Ses prières , ses larmes ^ tout avoit été employé pour refroidir une générosité funeste , qui les alloit jeter tous deux si imprudemment au milieu du danger. Cependant y Sommerset ne se proposoit rien moins que de lui faire insulte ; et si le plaisir de la reVoir ne pouvoit l'emporter sur le fond d'amcrtnm^e dont il avoit le cœur pénétré , ce n'éioit que par des reproches et des plaintes qu'il vouloit lui faire hont^ de son inconstance et de sa trahison. Il se flattoit même encore de la toucher , et qu'un reste de penchant réveillé par sa présence , pourroit la ramener a lui.
II la fit prier de recevoir sa visite. Quelque frayeur qu'elle eût ressentie , en apprenant son approche au même moment qu'elle avoit appris le sort du due d'Yorck , une demande faite avec tant de ménagements et comme à titre de faVeur , diminua beaucoup son inquiétude. Elle parut en posture de suppliante, devant un homme dont elle auroit encore pu régler la destinée, si elle a voit su profiter de ses avantages et déguiser plus heu-
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^éusêment sa, situation. Le duc oublioit'tous se§ tourraeutset toutes ses plaintes à cette chère vuei; il alloit se jeter luv-méme à ses pieds, et lui der mânder grâce au -lieu de la maltraiter par des injures , lorsqu'il crut s'apercevoir qu'elle étoit grosse. Elle Fétoit effectivetnent. Le doute avec lequel il lui fil cette question y lui dpqnoit encore le moyen de le tromper par un mensonge. Maïs dans le trouble où elle étoit , la vérité s^étant présentée la première sur sa langue , elle lui confessft toute sa foiblesse pour le duc d'Yorck. Un mortel sentiment de jalousie , qui s'empara du furieux Sommerset^Jui fit saisir son poignard^ et plus prompt à s'en servir qu'à considérer la barbarie de son action , il l'enfonça deux fois dans le sein de cette infortunée ; comme s'il eut trouvé l'objet de sa haine dans les fruits odieux de l'amour d'un rival. Il ne s'arrêta pas un moment après cette horrible exécution , et peut-être s'en alla-t-il surle-champ s'abandonner à ses remords.
Us furent interrompus néanmoins par la nécessité de donner de nouveaux conseils à la reine^ sur la conduite qu'elle devoit tenir à l'égard du duo d'Yorck. S'il a voit osé suivre sa passion y il n'auroit jamais laissé sortir son ennemi du piège oit il l'a- ^oit engagé. Mais la situation des affaires^ la disposition du peuple y et sur-tout le dernier attentat dont il venoit de se charger, luà donnant de justes
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sujets de crainte , il n'osa porter la reine à des extrémités violentes. Deux atitres raisons contribuèrent à sauver le duc d'Yorcl. Le bruit se ré- ^ pandit à la cour , que le jeune comte de la Marche^ soùfits, accompagné de tousles amîsdesa maison, s'avançoit avec vm gros corps de troupes , pour le dégager. L^armée que le duc venoit de congédier pouvant se joindre à lui dans peu de jours , une juste alarme obligea la cour à prendre des résolutions plus modérées. D'un autre côté, la Guyenne^ déjà lasse d'avoir les François pour maîtres, avoit envoyé des députés au roi pour lui offrir de retourner sous son obéissance. Le sang du duc d^Yorck ne pouvant se répandre sans entraîner le royaume dans une guerre civile , c'étoit perdre l'occasion de remettre l'Angleterre en possession de cette province , et rendre par conséquent le ministre M plus odieux que jamais à la nation. Des considé^ ^htions si puissantes forcèrent la reine et Sommerset à rendre la liberté au duc , quoique leur intérêt , celui du roi et de toute la maison deLancastre , demandassent peut-être qu'il leur fût sa"criûé.
Cependant , toutes les précautions qui peuvent être imaginées pour s'assurer de la soumission et de la foi d'un ennemi , furent prises de concert entre la reine et son ministre. Us exigèrent du duc qu'il prêteroit un nouveau serment au roi , par
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lequel, noD-seulemeut il s'engageroit à lui être fidèle jusqu'à la mort et à ne jamais prendre les armes contre lui, mais il se reconnoîtroit digne da supplice à la moindre infraction de sa parole, sans forme de procès et sans aucune prétention à Fin*^ dulgence de Sa Majesté. Ils le forcèrent de con^ sentir que son fils Edouard , comte delà Marche j prit sa place à la Tour, pour y servir comme de garant pendant six mois, de la conduite et des intentions de son père. A l'égard de mylady Nevill, dont il auroit été difficile de lui faire goûter le sacrifice, il se trouvoit heureusement qu'elle n'étoit pas morte des deux coups de poignard qu'elle avoit reçus de la main deSommerset , et qu'ayant eu le temps d'apprendre , pendant le cours de cette né-r gociation , à quel prix on meltoit la liberté de son amant , elle sentit que son intérêt pourroit devenir un obstacle de la part du duc de Sommerset. Dans celte pensée , elle écrivit au duc d'Yorck pour lui apprendre ce qu'on lui cachoit encore avec soin^ mais adoucissant cette nouvelle par l'assurance qu'elle lui donnoit du prompt rétablissement de sa santé , elle lui représentoit l'action de Sommerset comme un transport de jalousie qui étoit pardonnable à l'amour, et dont elle savoit déjà qu'il avoit été puni par ses regrets. Ce soin géoé-r reux, dans une femme si cruellement ofiensée, fît l'admiration du public , et produisit ^ du'-môixis
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en apparence ^ un si bon effet entre les deux rivaux^ que le troisième article de la capitulation du due d'Yorck fut l'entier oubli de cette aventure.
Mais il y avoit peu de fond à faire sur des conditions que la nécessité faisoit accepter et qqi étoient exigées parla force. La guerre de Guyenne , qui occupa quelque temps les Anglois , ayant fini par la perte entière de cette province , qui avoit été pendant trois cents ans sous leur domination , il ne leur resta plus rien en France qui fût capable de partager leurs forces et leur attention. Quelques mouvements qu'ils eurent à craindre du côté de rflcosse, ne les empêchèrent point de retomber dans Fusage qui a de tout temps été propre à ces ■fiers insulaires, de se déchirer par des guerres intestines lorsqu'ils sont parvenus à ne rien voir qui les menace ou qui les intéresse au-dehors. Ainsi , avec les ressentiments mal éteints que j'ai présentés , avec des mouvements d'ambition qui étoient excités continuellement par la foiblesse d'un roi sans courage et sans esprit, et par la justice d'une prétention fondée sur les droits de la nature; le duc d'Yorckfut encore sollicité à troubler le repos de sa patrie, par l'inclination qui porte naturellement les Angloisà la haine du repos, et qui lui fit violer enfin toutes ses promesses.
Ce fut dans ce temps-là , c'est-à-dire , le 23 d'oo- 4obre i453 , que la reine mit au monde un prince,
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qui reçut le nom d^Edouard. Elle éioil mariée der pois neuf ans, sans aueune marque de fécondité , et la santé du roi, qui diminuoit sensiblement par des maladies dangereuses, ne lui faisoit plusatten* dre une faveur que le ciel ne lui avait point laccordée dans les premières années de son mariage. Aussi la malignité publique qui avoit épargné là vertu de cette princesse, pendant le ministère du duc de Suffôlck , n'eût-elle pas la mênae retenue sous le duc de Sommerset. On n'aVoit pas ignoré néanmoins qu'elle aimoit Suffôlck , et Ton étoit encore plus certain que Sommerset étoit possédé d'un autre amour. Mais Fétroite liaison .où elle vivoit avec lui , et l'ascendant particoMer qu'elle lui avoit laissé prendre sur son esprit, firent croire, après la fuite de mylady Nevill , qu'il avoit pu de-r venir sensible aux charmes d'une reine, qui n'avoit de soumission que pour ses conseils , et qui vivoit avec lui dans une intime familiarité. Mais la suite des événements va dévoiler plusieurs circon*stances qui feront miem: juger de la vérité de leurs sentiments. '
La maladie du roi derint si considérable , qu'elle paro'issoit avoir altéré jusqu'à sa raison ; ce fut d'abord la reine et son favori qui en tirèrent avan"tdge pour la confirmation et l'accroissement de leur autorité. Ils étoient depuis long-temps eh possession de tous les secrets de Tétat , craints
parce qu'ils ^en gouvernoient les forces j respectes par habitude , et la naissaDce d'un prince faisoit espérer que la reine en seroit plus attachée aux intérêts de la nation.
Cependant le duc d'Yorck, qui s'étoit retiré dans sa terre de Wigmore, où il sembloit se borner à une vie simple et tranquille dans la possession de sa maîtresse et dans la compagnie de quelques amis , prit bientôt occasion des conjonctures pour renouveler des desseins qu'il n'avoit jamais abandonnés sincèrement. Ce n'étoit pas la foiblesse du roi qui animoit ses espérances , car dans sa meilleure santé il ne Tavoit jamais cru capable de s'opposera ses prétentions. Sans être haï du peuple , Henri en étoit extrêmement méprisé. On le regardoit, suivant l'expression de ses historiens, comme un roi en peinture, qui ne faisoit que prêter son nom à la reine et à ses ministres. Mais le seul nom de roi auroit été capable de maintenir tous les ordres de l'état dans la soumission , si ceux qui tenoient les rênes du gouvernement n'eussent point abusé de leur pouvoir.
Sans entreprendre sitôt d'agir directement pour lui-même , le duc d'Yorck prépara de loin son entreprise pour attaquer ses ennemis par ce foible. D.e sa terre y où les plaisirs paroissoient l'occuper uniquement, il employoit ses émissaires à Londres et dans les principales villes du royaume ,
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pouf faire revivre les ancienDes plaintes et les plud odieuses accusations contre le ministère. Ses amis le secondoient avec ardeur. Il s'étoit attaché tout ce qu'il y avoit de gen^de mérite en Angleterre. Les deux rïevill 9 qui faisoient' profession d'être ouvertement dans ses intérêts , jouissoient d'une réputation qui ne pouvoit être acquise à meilleur titre. On regardoit le père comme le modèle d^ Fhoiineur et de4a prudence ; et cent qualités bril« lantes* qui avoient distingué le fils dans la guerre et dans la paix y en faisoient un héros cher à toute la nation. '-
Il étoit impossible que les bruits injurieux qu'on s'eBbrçoit de répandre , demeurassent long-temps cachés à la reine, et qu'elle n'en reconnût pas ai-* sèment la source. Mais le duc continuoit de vivra avec une apparence de tranquillité qui le mettoit à couvert de toutes sortes de reproiphes. Sa poli-^ tique agissant ainsi de tous côtés ^r la bouche et par les yêux de ses amis, il a voit, sans sortir de sa* maison, l'avantage d'être comme présent à tout ce qui se passoit hors de chez lui, et de ne laisser rien échapper de ce qui pouvoit servir à ses vues.- Il s'en trouva si bien, que la première ouverture qu'il eut pour les faire éclater, vint d'un de ces services éloignés, qu'il n'apprit lui-même que par des succès qui surpassèrent son attente ^ et qui. jetèrent tous les projets de la réioa et de Somn
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merset dans la dernière confusion. Le parlement avoit été convoqué à Reading; mais le danger continuel où l'on croyoitla vie du roi, fit indiquer l'assemblée à Westminster Un conseiller d'état, vendu secrettement au duc d'Yorck, fit faire rér flexion à la reine , que, dans les circonstances de la maladie du roi, elle avoil tout à craindre pour Sommerset et pour elle*a>émé de la mauvaise disposition du parlement. Il lui représenta, avec5une &usse afiectation de zdie , que , malgré toutes les promesses du duc d'Yorck, et sa fitdélité apparente à les observer, il ne falloit pas douter qu'au fond du cceur il ne fui résolu de les rompre aussitôt qu'il ea veiroit nasire l'occasion; et , pour luiôter celles qui alloient s'oifrîr par les mouvements, inévitables du parlement, il propojsa , comme un avis .pnesqu'iofaillible , de l'appeler lui-même au. eonseil avec quelques-uns de ses meilleurs amis , autant pour se mettre en état d^éclairer leurs dé-* marches que pour faire croire au public qu'où» jpeuscût sérieusement à corriger les désordres qui aboient été reprochés à l'admioisiration. La reine,, et Sotun>erset même ayant go«itécet avis, le peuplo iut agréableiDeoi surpris de voir paroître le duo à la cour ; ei cette manque de confiance pour Fbonune du monde qu'on croyoit le plus intéressé au bon ordre des affaires, parut d'un augure eitrêmeiaent favorable pour la réformation de rét^il* ;
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* Mais à-peine le duc eut-il paru dea*i fois ait conseil , que, s'y rendant le maître absolu par l'adresse de ses amis et par la sienne, il fit arrêter leduc de Sommerset dans la chambre même de la' reine, et le fit conduire sur-le-cbanap à la Toair,' Ensuite , paroissant lui-même au parlement pour y^ rendre compte d'une action si hardie , il en soutint' la nécessité avec tant de force, qu'ayant entraîné toute l'assemblée dans ses intérêts , il se fit déclarei" protecteur du royaume et défenseur des libertés de V église et de Pétat, pendant l'enfance du jeune* Edouard^ et jusqu'au temps oà ce prince seroiteii état de se charger du gouvernement. Un coup si imprévu jeta la reine dans une consternation qui lui fit délibérer si le plus sûr parti pour elle n'étoit pas de se retirer en France avec le prince son fils. Mais revenant aussitôt de cet abattement, elle n^ prit conseil que de sa fermeté naturelle , et elle/ résolu^ de tout entreprendre pour soutenir se» droits et pour sauver son ministre.
Cependant, l'assemblée de Westminster, dé*-* vouée à toutes les volontés du nouveau ptotec-^ teur, réveilla les anciennes accusations qui avoient fait arrêter le duc de Sommerset à son retour d^- Normandie , et les grossit par tant de nouvelles^* plaintes, qu'il n^auroit pas conservé long-temps ia tête si son procès eût été pflissé avec autant de chaleur qu'il fut entrepris. Mais le duc d^Yorckse
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laissa entraîner à son tour dans la même ^itlèiftfe ses ennemis avoient à se reprocher. Mylady.Nevj^> aussi noble dans ses sentiments qu'elle paroissoit» déréglée dans sa conduite-, ne put voir dans oei danger un homme qu'elle avoit aimé avec tant de. passion, sans prendre un vif intérêt à son sort. Quelques historiens prétendent même qu'elle y iut eiLcitée par la reine, qui lui demanda cette marque de reconnoissance pour ses anciennes faveurs. Avec l'empire qu'elle aroit sur le duc dTorck, elle lui persuada aisément qu'il étoit> indigne de lui d'abuser de ses avantages, pour accabler un malheureux que la fortune avoit asses puni par son humiliation. Que lui restoit-ii à craindre lorsqu'iL^le tenoit dans les fersj et que l'autorité dont il étoit revêtu par le parlement lui garantissoit le respect et l'obéissance de toute. la nation ? Il se rendit moins à la force de ces raisons qu'au foible qu'il avoit pour une femme uniquement aimée ; et s'il eut quelque chose à combattre , ce fut un sentiment de jalousie pour l'intérêt qu'elle prenoit encore à son rival. Cependant , par une affectation de grandeur d'ame , il étouffa cette inquiétude jusqu'à vouloir qu'elle prit la peine elle^ même de lui porter cette nouvelle dans sa prison. Je n'examine point si c'estun sujet de reproche pour la reine, d'avQ^ oublié si tôt ce qu'elle devoit à jnylady NeviU. C'est le propre dé Tambitioa
DE MARGUERITE D^ANÏOU. Il3
d'éteindre tous les sentiments naturels*, et de changer quelquefois la reconnoissarice pour les bienfaits, en honte de les avoir reçus. "A-peirie. fut-elle assurée' que la vie de Somrrièrsetétôit.à •couvert, qu'elle renonçaaux projets violentsc^u^elle avoit formés pour le délivrer, et que, prenàtit pour exemple la conduite même dé ses ennenAs, qui avoiènt- employé fieureusement rarlifice^ elle espéra de les supplanter par la même voie. £llec feignit de se rendre à la disposition du parlenieàt,' qui Téloignoit des affaires. Elle parut se ienfertaer dans le soin de la santé du roi, dont on n'e^éroit plus néanmoiiris le rétablissement, et dans Fédcication de son fils, qui étoit le seul fruit de son mariage, deux objets capables d'occuper uriiquèrf ment une épouse et une mèfe-; Penfdant ce tém|i6^' . là, elle redoubloit les attentions et les caresses dont elle se cônfessoit redevable k mylady NeviBy , et soit pour ménager sa propre gloire, eh Pobli^ .géant à cacher les sollicitations qû^elle lui 'avoit . faîtes pour son favori, soit pour la faire servit*, crédule et sincère "^comme elle la connoissoit, à d'autres desseins qu'elle se gardoit bien dé lui communiquer, elle la prioit de cacher au duc d'Yorck le vif intérêt qu'elle avoit pris à k conservation de Sommerset. On se persuada en Aiîi- , gleterre, que, lasse des soins du gouvernement, elle avoit pris de bonne foi le parti de renoncer
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aux liffa^res ^ et le duc même pommençoit à s'en former ^ette opinioD* Mais y 9prè$ avoir soutena œ rôle aussi IoBg-(€fmps qu'elle en eut l>es.oiii pour ^rraiiger $es projet, elle éclata tout-d'uucoup p^r (ieux entreprises qui lui réussirent égaleniept.
li'uoe fi^t de faire enlever secretteqient mylady Nevilly par les intrigues de Burchier» arcbevêquo de Çantofbéry, qu'elle avoilL employé auprès du vieux çqmi^ de Salisbury^ pour lui représenter si vivement le (ort qu'il faisoit à sa conscience et k son bpimeur ^q fermant les yeux sur les mœurs de sa fille y qu'ji^ obtint §Qn consentement pour la ren fermer dinis im couvent. Quoique cette violence fùn {exécutée avec tant de bopbeur et de secret ^ q^e )e di^c 4'Yorck ne pu^ découvrir le pbemin qu'pn avpit fait prendre à sa maîtresse, comme le dessein de la reine étoit de le mettre mal avec le CQm%^ de Salîsbury^ eUe ne manqua ppiqt de le iail*e ay ef tir secrettement que cfet qu(rage bii venoit du comte} et que pour se mettre bors d'état d'être ébranlé par la pr44te ou pw l'i^miûé, il avoii youlu ignorer b)i-^ême dfkns quel couvent sa ÊUe étpH renfermé^.
Ï^Iais y lavant que le 4uc put re? emr de la sur^ prise et de b dpttl^ur qu^ ressentit de cette perte f il lut averti de se rendre à un conseil extraordinaire que le rpî se trouyoit en état de tenir lui-*
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mémo, et dan3 lequel il avoit à décoavrir des résolutipps importantes pour le bien du royaume. Le duc 9 à qui l'on avoit caché soigneusement que ce prince se trouvoit un peu mieux de sa longue maladie , se figura , au contraire y que , croyant toucher à l'extrémité de sa vie , il pensoit , peutêtre pour la dernière fois, à déclarer son affection pour ses peuples et ses intentions pour le bien public* Quelle fut sa surprise , après avoir aperçu SUIT Mn visage les marques d'une santé qiu paroissoit se rétablir, de lui entendre dire k Fas-* semblée du conseil, que l'autorité que le parlement avoit conférée au duc, n'étant fondée qae^ sur l'impui^aoce où il s'étoit trouvé , par son indisposition , de gouverner lui-même ses états ^ elle cessoit dans ce moment par le bonheur qu^il àvoit de recouvrer les forces de corps et d'esprit qui lui ëtoient nécessaires pour exercer les fonctions d<9 la royauté ?
. Le duc sentit tout-d'un-coup que ce n'étoit qu'un artifice , pour mettre le gouvernement de Vétat entre les mains de la reine. Mais fes mesures n'étant point assez prêtes pour disputer à son mettre le droit de reprendre son autorité , il fut £brcé d'approuver une si étrange révolution par son fiîlence. Le premier effet de ce ciiangement fat l'élargissement de Sommerset, qdi fut rappelé aussitôt comme en triomphe^Xe duc de Bucldng^
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hâm, le comte de Wiltsjet deux cbeTaliers, s'élant oflferts:, suivant l'ancien usage du pays ^ pour élre ses cautions: leur offre fut acceptée; et, comme le duc n'avoit été arrêté que sur un ordre du conseil, on supposoit qu'il pouvoit être élargi par la même autorité. Mais les deux cas se ressembloient peu ; car, suivant les loix d'Angleterre , l'accusation des communes ôtoit au roi le pouvoir de le. relâcher avant qu'il fût absous juridiquement. Cependant, la reine affecta de commencer par un coup d'éclat, pour faire comprendre à ses ennemis que ses mesures étoient trop infaillibles pour les craindre.
Elle garda néanmoins quelques ménagements avec le duc d'Yorck, et le ressentiment qu'elle lui vit de la perte de sa maîtresse, lui faisant toujours compter qu'il romproit avec les Nevill, elle le l^uva si peu redoutable sans leurs secours , qu'elle employa quelques seigneurs sages et bien inten^ tiennes potir lui proposer un accommodement avec Sommerset. Etant intéressés tous deux à gagner le peuple, en marquant que l'ambitioa n'étoit pas leur motif, ils consentirent à prendre des arbitrés, et l'on convint que celui qui refuse*-^ roit de se soumettre à leur jugement, payeroit à l'autre vingt «mille marcs. Mais deux nouveaux incidents, donjt l'un servit à colorer le mortel ressentiment qu'on eut de i'autre / achevèrent de.
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porter leur baiae au comble, et de. les ôntraiaer dans les fatales résolutions qui causèrent suce^i^. sivemçnt leur ruine. .
De quelque. nature, que fussent Ves sentimentii de la reine pour le duc de Sommer^et, il ne pardH pas.qu^il pensât beaucoup, à les mériter par lasinrî cérité des sien$ , puisqu'il nourrissoit au fon4 d.u cœur un autre ^mour, que Fambition. même .el lu variété.de ses agitations ne pouyoient ét^sindre. U s'étoit flatté dans sa prison quQ c'étoit un vestîl d'inclination pour Jaiqui avoit. f^it «prendre afvéo tant de chaleijLr Fintérêt de sa yie à myl^id'y.Neyi)}; .et^ Jlor3qu'il apprit .de la re^le dan$ quel, couyeiit l's^l^cbevéque de jCaqtorbéry Favoit £»it; renfermer^ il espéra quf en la. délivrant secrettemehtd'uqefsrr clay^ge qu'il ^e supposait pasyolofliaire , il la diéf* pps^oità lui rendrejii;i<:)çeur4<Hitil né se croyoftt pas banni tout*à^fàit; S'il n'étoit pltis question d^èo faire^sa femi^e, ij.vouloit en faite du-rmoinsïsa maîtresse. Ce titFe n'étoit pas plus nouveau pou£ elle , avec lui, qu'avec le duc d'Yorck. Ainsi, sous prétexte de yiftijier h frontière d'Ecosse, ilprit la route du couy^t.d(^(l3^xbead,.qui éiqit situé daâs le fïorthupibesl^fwi;} îCit j^ se dérpbaiH't Qvecquelqueâ dpme^iques fi4Q|i€^,italla se pi^ésentér à' là pocie da couvent. , ;. . :, , , ,.. f. . 1
... Iljui étpit épl^ppér une préoauiiqnj^i'&SHt d^ faire roan^ij^r>$Op ^ntreprîm.' Les i ordres ^de
SiS HISTOIRS
l'archevêque y en confiant mylady Neyill a V^h-^ hesd^y a Voient été ^ rigoni^Xf tjù'il ne lui a voit permis de la faire voir à personne ; de sorte que Sbmmèr^ètj ii^ui lie Vonloit {las.se servir de son liom y essiiya tiil rëftiè aili^uél il n^tiM rien à répKqtler. Gepébdàm y après s'être retiré sans pressér l'abbesse, il ^e bâta de faire un ordre , signé dé sa jàsAn y avec lequel il rétotiirna au couvent , comme Vu j fôt venu dé la part du ministre ; et se l'étant &it ouvrir par cet Artifice y il coinbla tnylady Nevill d^onnetnent et db joie y éki lui âpprétiant le desiêin qui Paih'énoit. Le désir de là liberté eut plus de pouvoir »qtxe l'amour, pôtir la £»ire bUnsentir à ses propositibns. Elle partit avec lui siir un secoiad ordre y qu'il priéselutà à l'àbbessê en reVenant de la frontière. Il la fit ûbtiduiré dans une terre qu'il li^oit proche dé Snhit^Albàtts; et plué âatié de ce triomphe que dé tons tfénx qu'il âvoit remportés Mr la foirtmie dé son rftal , il reprit le chemin' de Londres, afpfèi» avoir: ^aMé'^uëlquîes puirà avec elle.
. Cet enlèvement auroit pu déinëuriBt* caché y s'il eAt gardé plus de modérÉtibh daris sa joie; mais les voyi^esiSoimnuelsqu'ï fit àSAÎnt^AIbans, l'iii^ discrétion lié ^ek)lieift pêrsbnûeis'qfl'il rnitdànssa confidence, et peut-être celle de mylady NeviHj ^pâ n'étoit piils liée assefc forUsteent par l'amour pour mettre Beaucoup de différeoce entre cette
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solitude et le couvent d'où elle ëtoît sortie , firent passer aux oreilles du dued'Torckquekpiesbruits .qu'il s'efibrça d'approfondir. A-nîesure que ses soupçons se fortifioient ^ il prit des airs plus chagrins et plus durs aVec son riTsl. L'açcômniodenient proposé fut rompu brusquement; et, lorsqu'on lé fit souvenir des vingt mille marcs qu'il s'étoit engagé à payer, il rejeta cette proposition atec des tcirmea méprisants.
Il avoit ôté le gouvernement de Galaîs^ i Som^ merset pendant qu'il le tenoit à la Toitr^ e|^ s'en étoit pourvu lui-même par une patente expédiée au nom du roi. Celm*di , piqué à son tour de la hauteur avec laquelle il se voyoit trahé , repré^ senta au roi qu'il avoit été privé de son gotfve^nement y sur une skn|4e accusation qtii 9'afvok pas été jugée , et qu'il n^étoit pas juste qoet soh endemi demeurât revêtu de ses dépouillés'^ tandis qu'il refusoit de terminer leur difiiirend par les voies qu'ils avoient choisies de coricert. Sur deb plaintes si justes, le roi ôtà le gouvernement de Calais au duc d^Yorck. G^endant, mus prétexte d'observer une neutralité parfaite entr^ les deux concurrents , il se déclara lui-même godvèrneiùr de cette place ; et par le conseil de SoniéieBset même, quivouloit humilier son ennemi sans le pousser à l'extrémité, y fit insérer dansFaete qui décfaargeoit le Avtt àù son gouveraerneiit ^ qu'il