fitSTOlRE
en >âiVoît lui-même prié le roi^Mais ceà deux adôu- •cissements' ne satisfirent point un cœur blessé d'une p]aie «plus profonde^ U se plaignit dé la disposition dà roi , -comme d'un afiront sanglant, et sur ce prétexte ^ il quitta subitement la cour.
C'étoil encore dans le pays de Galles qu'il avoit résolu dè.eberober une retraite j mais en prenant X6 cbenmi , il tenta d'escalader le cbâteau du duc de Sommerset ) à la tête de trente amis qui s'étoient attacbés à .bà^fortune. U n'auroit ainsi tourné le dos qtt'a«c sa proie , si la vigilance de son. ri val eûil étécapable de se laisser surprendre. MaisSominersei;n?ayant. pas douté; un moment de quelle source .vespoient^ses cbagrins , s'étoit toujours défié de quelqu'ipsulte dans les voyages qu'il faisoit.à sa terre 1^ êt^y entretenoit upe espèce -de garnison. La. résistancûfut au^i vigoureuse que l'attaque. Le duc ei^tja douleur d'y perdlre quelques amis , dont I^bra^ pouvbit être mieux icmployé , et n'échappa lui-méme-ià la poursuite dé eeux qu'il avoit cru surprendre! 5- que par la vîtesseide son cbeval. Ac-: cï^léniç tantide disgrâces f ilreçut une consolation cp'il ulespéroit plus y par Ja rencontre-i du comte de Sabsbury, qui) sans se! rebuter de lafroideur avec ( laquelle il l'avoit traité depuis qu'il avoit pidrduinylady NeviU y yénoit lui ofirir avec ses dcdix fil» lds>8€irvi^es d'une coi)Sitante; amitié, . t :£te^ braws «tmisi r§lovèrent son co\irâge> en.Jut
DE MARGUERITE D^ANJOtT. 121
prôtneiiàm de tout risquer pour sa vengeance. Ils lai: firent compreùdr.6} qu'aussi longHtempsquela reine et le duc de ;Sornmerset';demeureroient maîtres, de )a personne du roi, ils auroient sûr lui un avanÇdge quine pQuv!6it leur étre^olé.qtie'parla forcç. ï^ conclusion qu'ils en tirèrent' ensemble *, fut de prendre les armes. Ils n'a voient pas: besoin d'un autre prétexte ^qu^ila déniircfae t>ù >la cour s'étoitepgagée,:0P:tirdp^lç duo dd>Saéaii»ers6tde Ip 3^oui?, ^ns avQiF{)iriisàoin de donner lai mixindre satisfaction au peuple, CéMfi plainte ,iqu'ils:répan-^ dirent â^vec éclat >:cw^ tant dèixiQuveiadnt dans le pays de Galles., .qme dans l'espace de: trois se*^' màines.ils se virent à, latéte. d'une iariDiée noro^ brei^^.'-; .■.,". ■ '-.'^ •:i"'.:-l ."■ '.*"• '^rp •■•' : •i
SoipnDerset A^ayantpas apporté] éioids. der dili^gence. à raçsem^(|r«le&tk*oupes durbi v o^ s'avança .de^deiiXt CQtjés «ayeiv toute l'ardeur qui annonce Jesrgrppds événements. U ne paroU pas^incertain .qu« l^tduc d'Yorpk n'eut pensé dfebi^d ià délivrer myi$4y Nevill, puisqu'il fit prendrai à son^ anmée la r^vite de Saint- Albans. Xelle >du. roi liiqoigmf Pftès 4q cette ville ^rdpps un terreâiii'âi'ûnîr qhe.riéh Jie s^mbloit capable d^iv^tarder le.cosdbati Cepen> ^pty^par le coapeil(.<^ comte. de'>SaUsbury, le duc. fit ofiiic au, roi :dj^ congédier eiiooré|iihetfois soaar^ée, si le.mîpist^eialoiit livré.'àlai jcratice du parkiment. l4eur;bptiJé|oi^ de fiûre «onnoilre au
Ma HISTOIRE
peuple que c^étoit le seul intérêt du pubKe qui leur mettoit les armes à la main. Mais quand la cour n^auroit pas vu que c'étoit un vain pt-étexte y et qu^il falloii tôt ou urd que cette querelle fikt dé- <iidëe par lés armes ^ elle n'ëtoit pas disposée à xeëevoir la loi d^un rebelle, ni à sacrifier son ministre.
Le comte de Warwick qtticottihiandoit FaVantgarde du due d'Yorck j s'étoit attendu à cette ré- {)6nse« Il ne laissa point à la cour le temps de la modérei*, m aU due d'Yorek e^liii de faire dé aiottvelles propositions. FeKidant sûr l'ennemi avec cette impétueuse v^eur qui Fa signalé par tant d'exploiu, il mit l'arÉnée royaJe dans un désordre que toute l'habileté de Sommerset ne put réparer. Le duc d'Yorck sentit de quelle importance il étoit de profiter de ce pMmier avantage ; €t s'avancant de son côté pour né pas léitoer aux ennemisle t^mps de se reeottûdttf e , il les poussa si vivement qn'il les força de (>rendre lai fuite en moins dfune heure ^ aprèh^ lent avoir tué près de kiiit ofillk faomtlies. Le désesjiéir fit làirë des prendiges'de valeur an due dis 8otbniél«et;Il reçut phi- «leurs blèsékites , qui ne fireM ^Sfnimer son cou<^ ràge^ ei i^bcobbsint etfân & la foHune de son rival ^ ilpérft les armes k la main^^ avec le comte de Noithumberland y m^lord €lifford ^ et plusieurs autres ismgiienfs attachés i la^fflais(»n deLattOasire,
DE MAR&UERITE ,1>'aNJ0U, 125
Le roi fut blessé lui-même d'un coup de flèche
aii eoù. Sa ^âie^ qui parut. d'abord irès-rdaBge-
rèuse ^ et la déroule de ses geds , «qb'il voyoît fuir
sans pouvoir les arrêter par sea reprocfaeé ^ Je for-
cèretlt de se retirer dans le château du malheureux:
SoitÉtUèfseï, où il espérait eocore de se défexrdre
assek long-temps pour leur donner le temps de se
ralfier. Quekiiies atiiis de Semmers^ y tranapor*^
tërènt àuSsisit^n eadatre; Mais^Ie duc d'Yorek ayant
ÎDvësii ëtissitôt cette plaee^ éon armée tietonéuse
fut petl retardée par un si fbiiyte obstacle. Il y entra
avec lé cdnitè de Salisi>ary ^ et se faisant conduire
où étoit le t-oi ^ il fléchit le genou en Fabdrdant :
<( Siire/luî dit^il ^ l'enaenii public eat itiort* Tous
)) ne voyëi! devant voua que des sujets fidèle» et
^ prêts à vdui» obéir ))• Ensuite , s'étant fait apport
ter lé corps du duc dé Sommerset^ il rassasia uh
HKdiCltot se^ yeux de ce spectacle ; mais, comme
ë^^t revgi d'un plaisir si éruel, il ajouta, eu
frappétit leëadavre d^un ebup de pied, quëc'étoit
p&ùr àkurèr le roi qùè l'ëtar n'avoit phi» rien à
craindre d'un misérable qui avtsit eherebé sa ruine.
9i tse i^scours (ut capable de rassurer le toi ,
U coûta ^h^ei- au duc , par lel traitement barbare
^^lui attira dans k ^te, à hii-mêdie^ et par
l'efibt qu'il pt<ôduisi| aor^4e^amp dans un eemr
auquel îl ne 6'iuiâgiiioit pasrqué la veUgea0(»pât
d^(ArlSi Tknék qu'iS prt^tes«oii au roi t[ufii voioè
loit éire le plus obéissant de ses sujets , ei quQ ce prince, à-peine revenin de* sa frayeur , Fassuroivà son toar qu'il étoît prêt à lui donner* toute la satisfaction qu'il .pouvoit désirer, mylady JNeviU apprit non-^seulenjent la mort de Sora.mQffçf t , mais encore l'insulte qaê son vainqueur, venoit de faire à -ses malheureux restes. Soit que ce fût tour jours :aiL plus infortuné qu'elle croyoit deypi.i';sa tendresse» avec sa cdopipbssion , soit que l'habitude qu'elle avoit reprise de vivre avec cet ançiqn à^aan t^ la sencfit. véritablement, semible à sa} perte.,r:eUe i/atki€ffidit point la visite: du duc ^ et profitsint de Ja confusiôn^pour se dérobera ses propres; domestiques ^:eUe ^e rendit auprès de la reine , à qui elle porta. lé détail de'tant jdejctristesévéi>^ments. On poiirroit faire entrer aussi, dans les :moti& de sa fuite lia icrainte qu'«lb eut de tomber entre les mains de son père ^ ^à qui elle attribupit encore l'orxlce qui: l'a voit 'Sait enfermer dafkS:J(Ç:CQpF^t de Saxhead* Maisla<suitedeses ave)Qitur0s:ne«lai;^^ aucun déuteqné. ce nefûtlaiViie dii /duc d'Yo^ck qu'eUe,fi^'étoit enxpvess6()>d> ét^ît^r^ . . : : j 1 Cetke nouvelleiem()bi£{|<îinnatou& les^ fruits xpi'il slldirt. tirer <)e sa .v,ictoil;e•|Çependan|^lé comte dé Sialisbiiryïlùi ayant.repré^nUcombie^.sa préslsbo^ ^oit iftécessaire.àXiondi^:^ |t^*mei^a 1^ roi, daps jle idessein de lui faire^coovocjuer aqsfÂtôjt un parkcneti^ï. t On s'e^t^i .^to9»Â :f$i^ daio^ r lej» prifttipe^
DE MARGUJBlilTS B'ANJOU. ÎsS
sanglants qui étoient comme établis depuis Henri lY, entre lesdeuxmaisotisdeLancastreetdnrorcky il eût négligé cette occasion de se mettre la côarenne sur la tête , en se défaisant de ce prince , dont la vie étoit entre ses mains. Mais outre sa blessure, qui ne paroissoit pas encore sans, danger, il loi connoissoit une santé si foible qull espéroit d'en être bientôt délivré sans violence , et tout le por- . toit à penser que cette manière de s'établir sur le trône étoit la plus sure. D'ailleurs, ne voyant rien qui s'opposât à son autorité , il se flattoit qu'en attendant la mort du roi , il y auroit peu de différence entre le rang qu'il aUoit tenir dans l'état, et le titre de maître absolq.^Le parlement, qui ne fut composé que de ses créatures, fit d'abord cette déclaration : Que le gouvernement avoit été mal . administré par la reine et parle duc de Sommerset, et qu'ils avoient abusé de la confiance et de la bontés du roi; que le feu duc de Glocester avoit été accusé injustement; et que , loin de faire iin „ crime au duc d'Yorck, aux comtes de Salisbury . et de Warwick , et à ceux qui. les avoient suivis , . d?avoir porté les armes contre le roi, l'état. leur devoit de la reconnoissance, pour avoir délivré-ce prince d'une odieuse captivité. Ensuite , du con- , sentement même du roi , qui n'étoit. pas ^plus- en ^état de suivre ses propres- conseils, que lorsqu'il avoit été sous la tutellç^ dei la reine et du. duc de
126 HI8TOIRB
Sommerset, le duc d'Yordi^ fut nommé protecteur du royaume»
La reine a^oit vu tous ces changements sans marquer par la moindre opposition , qu'elle pensât à troubler son triomphe. Elle étoit demeurée presque seule àGreen^ncli) pendant que le roi et Sommersets'étoientmisà la tête de l'armée. Leurs troupes^ dissipées après la bataille de Saint-Albans, n'avoient trouvé personne qui eût osé les rallier. Et la consternation où elle étoit de la perte de son favori, avoit suffi seule pour la rendre comme insensible à.tout ce qui se paasoit autour d'elle. Les témoins de ses regrets n'en ont pas fait connoitre la nature } mns s'il n'y a que les grandes passions qui produisent les douleurs profondes et les vifs ressentiments , Mai^erite étoit la proie de tout ce qu'il y ii de plus impétueux dans les sentiments de l'amour. Elle demeura quelques jours comme ensevelie dans ses méditations. L'arrivée de my-* ladyNeviiliutun soulagement pour elle , lorsqu'elle la vit agitée des mêmes tourments ; et l'espérance qu'elle conçut tout-4^un-coup de la faire servir i sa vengeance , Fempécha d'examiner si la bienséance lui permettpit de lui accorder un asile auprès tle sa personne , après tant d'aventures scandaleuses {lar lesquelles elle s'étoit déshonorée. Mais sur quoi fonder ses entreprises , dans une cour déserte, où elle ne'vpyoit plus personne ii
DE MARaUERITB Xi'ANiOU. 12j
qui elle pût accorder sa confiance ? U étoit tieinp» néanmoins d'arrêter un ennemi , qui jouisMÎt de tpiis les avantagea qti'il avoit remportés par les armes. C^étoit rendre le mal irréparaUe ^ que de le confirmer dans cette possession par les moindres délaisj Un reste de confiance que les partisans de la maison de Lancastre a?oient dans spn habileté^ lui amena dans cette conjoncture ^ Henri ^ nouveau duo de Sommerset y fi)s de celui qu'elle regreitoit ^ amièrement, et le dn^ de Buckiu^am q|û pleur roitun fils tué dans la même bataille. Us s'ouvrirent 4 elle; elle reçut ce secours comme un bienfait du ciel y et toute la chaleur des passions qui l'avoient dévorée iniérieur^ment , se tourna au*- dehors ^ pour l'exécution de mille nouveaux projets qu'elle forma dés le premier jour avec eux.
Le duc d'Yorck viyoit dans une sécurité qui eausoit de l'étonneQient à ses propres ennemis. Ayant compris que ce seroit trop bazarder que de prétendre ouvertement à une couronne qui étoit depuis cinquantersix ans dans la maison de Lan« eastre ^ il éUM résolu d'attendre que le temps ou la mort du roi Ini ftt naître l'occa^on de faire valoir ses droits. Sur toutes choses ^ il souhaitoit de gagner la faveur du peuple , sans laquelle il étoit persuadé que son pouvoir ne seroit jamais solide^ment établi. Ainsi , pour faire ooni^oitrie que la pasiion et l'intérêt n'avoient aucune part à ses
desseins , il laissait d'autant plus de liberté au roi et à la reine, qu'étantrevétu' de la dignité de protecteur, pour en jouir jùsqu^à ce que le parlement Fen déchargeât, il ne croyoit pas qu'il fût Comme auparavant dans leur pouvoir de l'en dépouiller. Ce fut cette sécurité même,, dont il a voit déjà été la dupe , que la reine entreprit de faire servir encore à sa perte. Oii auroit peine à regarder tant de jeux de la fortune , comme des événetçents sérieux, .si ce cécitn'étoit puisé dans les pluspures sources de l'histoire.
• Avec le secours de quelques potions cordiales * la reine fit reprendre au roi assez de forces et de couleur pour- se faire transporter au parlement. Il y déclara, comme il avoit fait, au conseil dans les mêmes circonstances, que, le ciel lui rendant la santé nécessaire pour les fonctions de là dignité royale, il étoit déterminé à se réengager dans les fatigues du gouvernement, et qu'il remerpipit le duc ;d^Yorck de s'être chargé, pendant sa maladie, ^'un fardeau si pénible. On fut surpris , à cette idéclaraiion , de n'entendre personne qui osât prendre les intérêts du duc ; et c'étoit le principal effet des mesures de la reine. Un moment avant quelèroi se fût rendu dans l'assemblée, elle avoit fait 1 répandre le bruit qu-'il y 9lloit pour y faire arrêter le duc et ses plus fidèles partisans: On avoit ajouté que les environs de la salle étoient
DE MARGXTERITJÈ.B^ANJOU. lâg
remplis de gens armés , qui devoient'paroitre au moindre signe, etque, pour les soutenir ea cas de résistance , la reine avoit fait avancer uii cOrpd de troupes dans les villages voisins de Londres. Lek doc ,* fi;^ppé d'une . menace si imprévue , et sans forces pour résister , prit le parti de se retirer secreitement, et de gagner-Yorck avec la dernière diligence. Le comte de Salisbury , qui avoit étérevêtuf^u auparavant.de la dignité de grandHchancelier^ et qui de voit -accompagner, dans cette qualué, la personne. du roi, s'échappa avec la même vitesse pour se rendre dans ses terres.- Lecomte de Warwick prit le chemin de '.Csdais, dont il avoit obtenu depuis peu le gouvernement. Enfin , toutes les créatures du duc, entraînées par la même frayeur, ne pensèrent qu'à;chercher leur sûreté par la fuite*
. On n'a jamaisdouté.quelareine, dans les désirs de vengeance dont elle étoit animée , n'eût fait arrêter effectivement le duc et les deux comtes ^ s'ils' eussent fait un plus long séjour à Londres; et ne s''imaginant point qu'ils cédassent si' facile^ ment.à leur.crainte, son dessein, en semant les bmiti qui les avoient effrayés, n'avoit été que de s'ouvrir une carrière plus aisée par le succès, de sa première démarche. !Vfab rien ne lui parut diffi^ die , après avoir commencé si heureusemient. EUle^e persuada que des esprits si faciles à remuer par la crainte, le séroieut eocorê plus à se laisser
PréTost. Tom XI K 9
SSO HISTOIRE
tromper par Fespérance. Comnie leur paru étoit trop noinbrcaK à Londres ^ pour se promettre toute la faveur doot ^dle auroit eu besoin dans cette YÎUe , elle fît naître un prétexte pourse rendre aye^ le roi . à Coventry ^ d^où elle envoya au dttc d^y>orck et à seb principaux anus , des lettres de la propre maki de ce prince ^ par lesquelles il leur marqnoit beaucoup d'étonnement de' leur retraite , ^Tec une forte envie de les voir auprès de sa personne , pour établir dans l'état , parleurs conseils y une forme d^admimstration qui pût faim oublier tous les désordres passés. La reine Àoit résolue dé les faire arrêter tous ensemble , et de rej'eterJes timides conseils qui Favoient empêchée autrefois de faire le procès au duc. ils ne M dé^ fièrent point d'une invitation qui portoit le ca*^ ractère et le sceau du roi. Mais ayant été avertis en «faemin qù^on voybit des troupes 3'avancer par pitons vers Coventry, et qu'il s'y faisoit d'auti^s préparati& extraordinaires, ilsseiskèrentde cba»*' ger de route, en joignant ^ette espèce de miiisoa à tous leurs motiB de (ressentiment. Le duo d' Yorck se reûra: dans son ch&teeude Wignaore^ iFe&tré^ mité du ^psys de Gallesf le Domte de SaHsbary , dans sa terre de Middlehaéa en Yorcksbirt^ et le eoitfte de Warwick, dass son igo« veraemeM dei Oailais.
Toutes leurs pensées se townèrent i la 1^911^ geaoce de tani d^k^ures. Jb s'occupoieast A leTef
DE MARGUEKiT^ b'ANJOU. i9i
des forces, qu'ils espéroi^Bid^ réunir |ii$iJé»ia«ni'^ . lorsque le roi d'Ecos&e entra d^os l^ jNordNM^ berlaud à la têt« d'oine puis^ote aim^ , eip^flA le ravage dans cette province. La piv^ieilfi^ ^ coQUe de Salisbury lui fit sentir toM les avanlages que le duo d'Yorck pouvoit nirer de pet ipcideot^ Ji lui conseilla de bâier ses levées , et d'ieopployer ses troupes contre les JÉoossoîs. C'étoi^ tput^-ànbit fois justifier le parti qu'il avoilt pri^ d'is^nsembltt^ lïue armée , et s'acquérir le dr oii d'eo faire ensuili^ «a auUe usage , par le nouveau «dérite qu'un H important service aJloit lui faire 0uk y'mx du pÛT lilic. Cette ;p6litique |u( ie chef d'qeuvr^ da comte» Les Écofisoi^ a'étaut retirés à. la ^eule «pprofibe idn due / le roi i^m am): élué d'auiasrt plos fiSktftfié Àe leur iuvfi^aj»^ que les Frao^çois prirent le méai4 AeBipa pomr faire une deiicenit^ sur les cèit^ de Keot^ se crut jsi redevable au j^èle du du/cd'Yordt^ que , fiaus consulter la reîae et les «ouveauvc nsit iniCres , il iui écrivît dans les jtermes de la plus me reeonooîssaucey et le pressa d'eu yenir neèe^. voir d'autres témpiguages à la cour y avec tous 9êê AfBÎs. Leurs forces , qu'ils eurent soi» da distorir buer dans différents Ueùr, animèrent «ans doui^ la M^nfiance qu'ils jeurent à la parole royale. Lé ^ dmiae rendit à Londres , accompagna du iQomUi de ftdisburjr . et de qatvBÛté d'autrea amis* Us j fofiefliC bientôt suivis par le cosate .de Wanvrick^ qui tint de Cdaîs pour les joràdre* Les marques
l3il HISTOIRE -*
dé réconciËation furent si éclatantes , qu'ils assistèrent à tous les conseils, et qu'ils y jurèrent an roi 9 dé demeurer éternellement unis pour la défense de l'Angleterre.
• Mais les termes de ce serment étoient équivoques j et pouvoit-il être sincère , lorsqu'ils aflPectôient d'avoir comme oublié la reine , qui avoit tant de part au gouvernement, et de mépriser Sômmerset et Buckingham, ses deux nouveaux ministres? Ils abusoient de là foiblesse du roi, pour achever de gagner le peuple , dans un temps où le service qu'ils venoient détendre en Ecosse, leur assuroit autant la faveur publique , qu'il faisoit craindre à la reine , de marquer le juste res* sentiment qu'elle avoit de leur orgueil. Mais si les occasions <le vengeance eussent été trop longtemps à se présenter, elle avoit assez de ressources dans l'esprit pour les faire naître. De la solitude de'Greenvnok, où elle se tenoit comme à couvert pour observer la conduite de ses ennemis, elle pénétroit leurs desseins par les yeux de Sommerset, qu'ils u'avoient pu exclure du conseil. Avec un caractère, moins ferme et moins entreprenant que son père, il avoit plus- de finesse et d'habi- ^leté. La reine sut de lui que le duc d'Yorckse proposoit de partir avec le comte de Salisbury, pom* se rendre dans le Yorckshire , et que le comte de Warwick, qui avoit été- fait jgrand-^ amiral d'Angleterre, dans le même teinps qu'il avoit
de" MARGUERITE D^ANJOU. iS^
obtefiu ïe gouvernement de Calais, avoit envoyé ordre à quelques vaisseaux.de guerre de s'assembler à Sandvnch , où il se proposoit lui-même de les joindre. Ces nouvelles dispositipns lui parurent cacher quelque secret important; sans avoir pu l'approfondir , elle résolut de le prévenir par un coup propre à déconcerter ses ennemis.
Elle laissa partir tranquillemjBnt le duc et .le vieux comte , sur l'assurance qu'elle reçut de ses émissaires^ que le comte de Warwick avoit encore, quelques jours à passer à Londres; et parle moyen de quelques domestiques de la livrée du roi, qui prirent querelle avec ceux du comte , dans le voisinage de Westminster , elle engagea si vivement la mêlée , que la garde du roi venan^t k fondre sur lui, il n^eut point d'autre voie pour éviter d'être prison d'être tué, que de se jeter dans un bateau, qui le transporta sur l'autre bord de la rivière. Ayant été averti dans le même temps, que le roi avoit donné ordre de J'arrê ter, et de. le conduire à la Tour, il ne douta point que ce ne tÈLt une partie dressée par la reine pour le faire périr. Les résolutions qu'il prit là-dessus avec le duc d'Yorck et son père, ne tendant qu'à recpm- .mencer la guerre , il sembloit que la reine, s'étoit précipitée dans des embarras fort contraires à ses .vues. Mais après celle d'arrêter le comte , qui se trouvoit manquée par la chaleur aveugle de &es gens , elle n'en avoit point eu d'autre y que do
i54 HisToms
l'eiigagâr d«D9 uHé ndutelle révolté avec le duc d^Yorck ettonases partisan», pour faire connoiire «a publie la oonfiance qu'op devoit prendre à leora sermenta y et pour les accabler aus^ôt pstr la diligence de sea mesures;
La hardiesse que lé comte avoit etie de tirer l'épée contre la maison du roi , fut un prétexte suffisant pour loi ôter le gouvernement de Calais , dont le duc de Sommerset fut revêtu sui^leehamp« Mais comme ilTavoit reçu du parlement, il refusa de renvoyer ses provisions, sur un simple 'Ordre du sceau-privé; et dans quelque dessein qu'il eût fait préparer ses vaisseaux , il se hâta de les joindre pour gagner Calais. Le premier chagrin de son aventure tomba sur quelques navires de Hambourg et de Lubeck , qu'il rencontra dans le canal, et qu'il dépouilla de leur cargaison. Elle montoit k plus de dix mille livres sterlings , somme considérable pour le temps, et d'une extrême utilité au comte , à la veille d'une guerre qui paroissoit inévitable* Mais sur les plaintes que les Hambourgeois portèrent à la cour de Londres , on prit occasion d'une action si contraire k toutes les loix , pour lui ôter l'emploi de grand-amiral , qu'il ne pouvoit refuser de rendre sous aucun prétexte , parce qu'il le possédoit au nom du roi. Rapin , dans son Histoire d'Angleterre , a confondu l'ordre de tous ces événements.
Tiff *DXr liirnE premier.
DE MAlia\]EBRITB B^ANJOU. iSS
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