‹ Histoire de Marie StuartChapitre 101 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

kaldy de Grange , fut condamné par ia froide ven* geance de Moi*ton. Vainement s'adressa-t-on à Favarice connuedu régent et chercha-t-on à rassurer son ambition. Cent gentilshommes, parents et amis du noble et redoutable laird, proposèrent de racheter sa vie , en payant au régent une rente annuelle de trois mille marcs et en devenant , par un bond inviolable, les serviteurs perpétuels de la maison d'Angus et de Morton. Le régent fut inexorable*. Il voulut intimider quiconque serait tenté désormais de résister à son pouvoir, et ne se laissa fléchir par aucune supplication, gagner par aucune offre. Le laird de Grange fut ignominieusement pendu avec son frère sir James Kirkaldy, le 3 août, sur la place publique de la Croix, à Edimbourg. Il mourut avec Faisance d'un grand courage, en exprimant sur Féchafaud les humbles repentirs d'un chrétien réformé, et en professant pour sa souveraine captive Faffection persévérante d'un sujet fidèle*. Avec Lethington et Kirkaldy de Grange succomba le parti et s'évanouirent les dernières espérances de Marie Stuart en Ecosse.

Cette princesse en ressentit autant de douleur que d'abattement*. Elle ne s'était pas doutée du danger

Tytlep, t.VII,p. 421.

* Killegrew à Burghley, 3 août 1573, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 422.

» Marie Stuart à Elisabeth , 20 févr. 1574; à l'archevêque

2t0 MARIE STUART.

qu'elle avait couru par la mystérieuse négociation de KîUegrew, quoique Fattentat de la Saint-Barthélémy l'eût exposée à de nouvelles sévérités. Elle était restée plus de cinq mois sans pouvoir ni sortir ni écrire \ Sa captivité ne reçut quelques adoucissements qu'après la prise du château d'Édimbourç et la i*uine complète de son parti. La triste prisonnière se décdtiragea dans ce moment. Les catholiques anglais, qui avaient entrepris de la délivrer en 1569 et 1570, étaient fugitifs ou intimidés; le duc de Norfolk, qui avait conspiré pour elle, était mort; les Écossais qui pendant cinq années lui avaient conservé leur obéissance avaient été contraints de reconnaître son fils comme roi et de se soumettre à la domination fortement assise de Morton comme régent; le roi d'Espagne promettait toujours et n'agissait jamais, au fond moins disposé à la secourir efficacement qu'à inquiéter Elisabeth par des complots et des troubles; le roi de France, en lutte avec les protestants, et en défiance des catholiques de son royaume, l'abandonnait par mé-

de Glasgow et au cardinal de Lorraine, 29 mars 1574. La* banoff , t. IV, p. 113, 125.

* Dans le recueil du prince Lal^anofF il n'y a aucune lettre I

des mois de septembre, octobre, novembre 1572. Il y en a deux seulement en décembre , Vûne du 1*^, au cardinal de Lorraine; l'autre dtt 24, à Burghley et à Leicester. On n'en trouve que quatre dans les huit pretniers mois de 1573, à La Motlie Fénelon , au duc de Nevers et à Burg^hley.

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