CHAPITRE IX
trouver. Ce sont des passetemps de prisonnière'. » Une autre fois elle lui demandait de petits chiens. « Si M. le cardinal de Guyse, mon oncle, lui disaitelle, est allé à Lyon, je m'assure qu'il m'enverra une couple de beaux petits chiens, et vous m'en ascheterez autant; car hors de lire et de besoigner, je n'ay plésir qu'à toutes les petites bestes que je puis avoir*. »
Elle, commandait aussi qu'on lui achetât de la soie", du satin, des, rubans, pour préparer de ses mains de petits ouvrages qu'elle offrait ensuite à Elisabeth , par l'entremise de l'ambassadeur La Mothe Fénelon, Ayant appris que cette reine les avait agréés, elle lui écrivit : « Madame ma bonne sœur, puisqu'il vous a pieu faire si bonne démonstration à monsieur de La Mothe... d'avoir eu agréable la hardiesse que j'ay prise de vous présenter par lui ce petit essay de mon ouvrage , je ne me suis peu tenir de vous tesmoigner par ce mot combien je m'estimeray heureuse quand il vous plaira trouver bon que je me mette en debvoir par tous moyens de retrouver quelque part en votre bonne grâce, à quoy j'eusse bien désiré qu'il vous eust pieu m'ayder par quelque signification de ce que vous trou-
* Labanoff, t. IV, p. 183.
* u II me les fauldroit envoyer en des paniers, bien chau-^ (defpent, « Ibid.y p. 223 à 229,
verés en quoi je vous puisse complaire et obéir *. » Tout occupée de ce soin, elle demanda à l'archevêque de Glasgow de lui adresser, de France, des objets de goût dont elle put faire présent à Élisabedi. a Si mon oncle, monsieur le cardinal, lui écrivaitelle, me vouUoit envoyer quelque chose de joly ou bien des brasselets, ou un miroyr, je le donnerois à la royne... Si vous trouvez quelque chose de nouveau, faite le moy achepter..., et si mon oncle devisoit quelque devise à propos entre elle et moy,' ces petites folie$4à la fairoient plustost couller le temps avec moy que nulle autre chose *. »
Comme ses présents étaient bien reçus , elle s'en réjouissait et en proposait d'autres. « J'ai grandissime satisfaction, » écrivait-elle à La MotheFénelon, « de ce que me mandés qu'il a pieu à la royne, madame ma bonne sœur, avoir mes tablettes pour agréables; car je ne désire rien tant que pouvoir, es plus importantes et aux moindres choses, toujours luy complaire, et ce en espoir de recouvrer sa bonne grâce en premier lieu, et puis je ne ferois doute de sa fa voirie bonté en tout le reste... Je suis empressée à luy faire une coiffure avec la suite, mais j'ay si peu d'ouvrières à m'ayder en ouvrages délicats, que je ne la puis avoir encores preste... Si quelques ouvrages de reseul lui plaisoient plus
* Labanoff , t. IV, p. 171, 172.
» Jbid., p. 213, 214.