‹ Histoire de Marie StuartChapitre 105 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ment qu'il prendrait sa défense avec plus de vigueur que ne lavait fait Charles IX. Elle le supplia de ne point reconnaître son fils pour roi d'Ecosse , et de ne point lui en donner le titre. Elle désira qu'il fît une ligue secrète avec elle pour Yaider à recouvrer son droit ^f et surtout qu'il ne renouvelât point le traité conclu en avril 1572 entre Charles IX et Elisabeth. « Si le roy me laisse , écrivait-elle , et fait alliance avec elle (Elisabeth) , il mettra ma vie à l'enquent et fortifiera ses ennemis et les miens ^. m

Mais elle perdit alors son principal appui à la cour de France, le cardinal de Lorraine, celui de tous ses parents à qui elle était le plus tendrement attachée, et en qui elle se confiait le plus. Elle en ressentit une vive douleur, qu'elle exprima à l'archevêque de Glasgow par ces touchantes paroles : « Dieu soit loué qu'il ne m'envoie affliction qu'il ne m'ait jusques icy donné la grâce de supporter. Bien que je ne puisse, au premier moment , conunander ni empêcher ces yeux de plorer , si es-se que la longueur de mes adversités m'a appris d'espérer

disent que j'aime trop ceux de Guise , et ils savent bien que de tous mes beaux-frères j'ay tousjours aultant espéré de celluy-cy que d'autres, et pour n'en mentir poinct , il est vray, pour la bonne voUenté qu'il m'a tousjours porté d'enfance, j'espère qu'il ne Taura point changée, je ne le mériteray point aussi, n Labanoff , t. IV, p. 191, 192. * /6W., p. 2U, 245. — 2 /6W., p. 252.

consolation de tous maulx en une meilleure vie. Eh bien, je suis prisonnière, et Dieu prend l'une des créatures que j'aimoys le mieux* Que diray-je plus? il m'a osté d'un coup mon père et moii opcle. Je le suivray, quand il lui plaira, avesques moins de regrets'. »

En même temps que -l'appui du cardinal de Lorraine lui manqua à la cour de France , elle vit se dissiper les espérances qu'elle avait fondées sur Henri III. Ce prince de beaucoup d'esprit, mais de peu de conduite , plein de courage et dépourvu de caractère , suivit , sous la direction de sa mère , la politique indécise qui avait troublé et ensanglanté tout le règne de Charles IX. Cette politique de ménagement envers les partis, de duplicité envers les hommes, mêlée de négociations et de guerres, conduisant à des faiblesses dont il n'était possible de sortir que par des tromperies ou par des excès, ramenant tour à tour des concessions sans durée et des résistances sans fermeté , était malheureusement conforme à la situation du royaume, à l'esprit du temps, et au penchant de Catherine de Médicis. N'étant point parvenue, au moyen de l'autorité royale , à faire tolérer le protestantisme par les catholiques , et à ramener les protestants au catholicisme , Tadroite mais changeante Catherine mécon-

* LabaDoff, t. IV, p. 267.

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