‹ Histoire de Marie StuartChapitre 106 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tenta alternativement les deux partis. Elle rgeta à la fin le roi de Navarre et les protestants vers Elisabeth, les Guise et les catholiques vers Philippe IL

Docile aux conseils de sa mère, Henri III envoya M. de La Châtre comme an^bassadem^ extraordinaire à Londres, pour y renouveler, au printemps de 157^, le traité d'alliance conclu en avril 1572. Lorsque Marie Stuart vit le nouveau roi suivre les traces de Tancien et tomber entièrement sous Femr pire de la reine-mère, dont elle n était point aimée, elle n'attendit plus rien de lui et se tourna encore du côté de Philippe II. Elle reprit ses négociations secrètes avec le parti catholique espagnol, et elle s'adressa au pape par l'entremise de l'évêque de Ross, qu'elle avait accrédité auprès de la cour de Rome, depuis qu'Elisabeth l'avait rendu à la liberté au mois de décembre 1573. Ce pape était Grégoire XIII, qui, poursuivant les projets de son prédécesseur, Pie V, tint l'Irlande longtemps soulevée, et pressa Philippe II de rétablir le catholicisme en Angleterre, ail moyen d'une expédition dont le commandement serait donné à don Juan d'Autriche. Il proposa de faire épouser Marie Stuart à ce jeune prince, auquel les catholiques zélés de l'Angleterre et de l'Ecosse avaient déjà songé en 1571 , de préférence au duc de Norfolk, et qui, après avoir soumis les Mores en Espagne , avait vaincu les Turcs dans la Méditerranée. Il ne doutait point que le héros de Lépante et

de Tunis « ne servît merveilleusement cette entreprise par sa valeur et par la félicité qu'il portait avec lui ^ » Ce double projet de mariage et d'invasion, que Philippe II écouta en 1574 sans l'admettre *, fut renouvelé en 1577, loreque don Juan d'Autriche eut succédé dans le gouvernement des Pays-Bas au grand-commandeur de Requesens, dont le système de conciliation n'avait pas mieux réussi que le système de compression du duc d'Albe. Étroitement uni au duc de Guise, don Juan écrivit au roi son frère, avec une ambition et une prévoyance égales, que la soumission des Pays-Bas ne pouvait s'acquérir qu'en Angleterre ^

Mais Philippe II se montra froid pour cette entreprise. Il ne voulut pas détourner ses forces de la côte d'Afrique et de la Flandre , où elles étaient employées. Il ne se laissa point tenter par l'offre, assez difficile du reste à réaliser, mais sur laquelle Marie

* tt ...Servir bene a quella impresa per il valore et per la félicita che porta seco... Ëssendo egli desiderato da catholici ing^lesi per loro re , rnediante il matrimonio con la regina di Scotia, corne hora di questo tratato la M^ V"* è pienamente informata. » Lettre du nonce du pape à Philippe II du 16 janv. 1574. Ms. Simancas, Nég. de Est. Roina, leg. 924.

^ II fut discuté en conseil d'État sur la proposition du nonce du 4 février 1574. « Para consultar à V. M. sobre los ne^j^ocios que el nuncio de Su Santidad le hablo ultimamente de lo que paresce al consejo. » Ms. Simancas, ibid.

» Labanoff , t. V, p. 9.

Page 1