‹ Histoire de Marie StuartChapitre 107 sur 224 · CHAPITRE IX. Ui · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. Ui

Stuart revint souvent, de lui remettre son fils \ qui serait conduit d'Ecosse en Espagne. Cette offre ne fut pas la seule. Après avoir songé à déposer son fils comme un otage du catholicisme entre les mains de Philippe II , Marie Stuart alla jusqu'à vouloir le déshériter, en transportant tous ses droits au puissant défenseur de cette religion en Europe. I^es retours fréquents de ses maladies, les périls qui entouraient sa captivité , les suites que pouvaient avoir ses complots lui firent projeter un testa* ment, où se ti'ouve la clause suivante fort catholique, sans doute, mais très peu maternelle , et tout aussi peu monarchique : « Pour ne contrevenir à la gloire , honneur et conservation de TÉglise catholique, apostolique et romaine, en laquelle je veulx vivre et mourir, si le prinee d'Escosse, mon filz, y peust estre reduict contre la mauvaise nourriture qu'il a prise, à mon très-grand regret , en l'hérésie de Calvin, entre mes rebelles, je le laisse seul et unique héritier de mon royaume d'Escosse, du droict que je prétends justement en la couronne d'Angleterre et pays qui en dépendent...; sinon, est que mon dit filz continue à vivre en ladite hérésie, je cedde et transporte et fait don de tous mes droicts en Angleterre et ailleurs... au roy catholique , ou aultres des siens qu'il luy plaira, avesque l'advîs et

* Lettre de Marie Staart à Tarchevéque de Glasgow, 20 janvier 1577. Labanoff, t. IV, p, 345.

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consentement de Sa Sainteté, tant pour le voyr aujourd'huy le seul seur appuy de la religion catholique, que pour reconnoissance des gratuites faveurs que moy et les miens, recommandez par moy, avons receu de luy en ma plus grande nécessité , et eu égard aussi au droict que luy-mesme peut prétendre aux dilts royaumes et pays. Je le supplie qu'en récompense il preigne alliance de la maison de Lorraine, et , si il pueut , de celle de Guyse, pour mémoire de la race de laquelle je suis sortie du côté de ma mère ^ »

Dans ce testament écrit au mois de février 1577, Marie Stuart ne considérait que l'intérêt de la cause catholique et n'avait en vue que son triomphe. Une reine ne craignait pas de subordonner, comme le fit plus tard en France la faction démocmtique de la Ligue, la possession des couronnes à l'orthodoxie des croyances. Cela même ne devait lui servir de rien. A cette époque elle s'agita sans rien tenter et même sans rien pouvoir. En Angleterre, personne ne se déclara pour elle depuis la mort du duc de Norfolk. En Ecosse , Morton exerça pendant huit ans une domination qui, bien qu'abattue un moment en 1578, ne laissa même aucune pensée se tourner vers Marie Stuart. Sur le continent, les projets un peu vagues de cette princesse infatigable trouvèrent des obstacles

* Labanoff, t. IV, p. 354, 355.

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