CHAPITRE VII
nit un plat. Le reste je l'ay empruntay , mais je n'en trouve plus... Vous aurez part en ceste honte... Dieu m'esprouve bien; pour le moins assurez vous que je mourray catholique. Dieu m'ostera de ces mi<*sères bientost , car j'ai soufert injures , calomnies , prison 9 faim , froid , chaud , fuite sans sçavoir où, quatre-vingt et douze miles à travers champs sans m'arrester ou descendre, et puis couscher sur la dure et boire du laict aigre, et manger de la farine d'aveine sans pain, et suis venue trois nuits, comme les chahuans, sans femme en ce pays où pour récompense je ne suis guère mieulx que prisonnière , et cependant on abast toutes les maisons de mes ser* viteurs et je ne puis les ayder, et pend-on les mais-* très et je ne puis les récompenser \ »
Ses pathétiques appels aux puissances catholiques du continent* ne lui valurent que les marques d'un
* Lettre de Marie Stuart au cardinal de Lorraine du 21 juin 1568, dans Eabanoff, t. II, p. 117, 118.
* Elle disait à tous les rois, en implorant leur assistance : u Sa Majesté s'est mise en Angleterre où... elle attendoit secours et faveur de la royne dudict pays; mais à ceste heure, elle n'y voit apparence sinon que de ce costé-là elle est frustrée de ce qu'elle en espéroit... parquoy se trouvant en telle affliction, elle prie et exhorte tous les princes chres* tiens, par cest amour qu'ilz portent à nostre Seigneur Jésus- Christ, duquel ils tiennent leurs noms et leurs Estais, et par la révérence qu'ils ont à sa saincte Église, et finalement par l'affection et désir qu'ils ont à la conservation d'eux et de leur postérité , vouloir aider ceste pauvre dame oppressée
intérêt stérile. Outre l'impossibilité où se trouvaient alors les deux principales d'entre elles de s engager dans une entreprise étrangère , elles en auraient été détournées par la crainte qu'elles s'inspiraient l'une à l'autre et par les ménagements qu'elles s'imposaient à l'égard d'Elisabeth^ afin qu'elle ne protégeât point ouvertement les insurgés des Pays-Bas et les calvinistes de France* Marie Stuart sp vit donc bien* tôt réduite à subir les volontés de la reine d'Angleterre. Le régent d'Ecosse s'y était soumis. En recevant à Dumfries le message impérieux que lui avait apporté Midlemore, Murray s'était montré prêt à comparaître devant Elisabeth pour se défendre et pour accuser sa sœur*. Il avait suspendu les hosti-
si cruellement par la desloyauté et trahison de si malheureux et inicques subjectz, à celle fin que ce détestable et horrible exemple ne demeure impugny, ains que par là les aultres subjectz appreignent qu'attempter contre leurs souverains , c'est la commune querelle des prince», pour estre contre toutes bonnes lois et coutumes. Autrement par la tolérance de telle présomption, il n'y a doute que plusieurs ne veulent imiter ceux-ci en cest endroict, comme ils ont desjà faict en autres choses, et que l'insolence des autres ne passe ceste-cy, s'il est possible. » Teulet, t. II, p. 252.
* Murray à Cecil, 22 juin 1568, au Stat. Pap Off., et dans Tytler, t. VII, p. 230. — Murray's answer tb Middlemore, 22 juin 1568, dans Goodall, An examinadon of the letiers said to be written by Mary, Queen qfScots, to J^mçs ^rl of BothvûelL ALo an inqiiiry into the murder of king Henry, Edimb., 1754, in.8% 2 vol., t. H, p. 76.