‹ Histoire de Marie StuartChapitre 110 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et à faire sortir Marie Stuart de sa prison pour la remettre sur le trône.

C était la conjuration de 1570, renouvelée sous une autre forme. Le parti catholique, depuis la dernière défaite qu'il avait essuyée en Angleterre , les pertes cruelles qu'il y avait subies et les lois sévères qui y avaient été portées contre lui , avait essayé d'y rétablir ses forces et d'y ranimer ses ardeurs par une propagande mystérieuse , mais active et persévérante. Deux séminaires de prêtres anglais avaient été fondés pour cela sur le continent : l'un par le docteur Guillaume Allen , autrefois principal du collège Sainte-Marie, à Oxford , qui s'était établi d'abord à Douai, ensuite à Reims en 1575 j lautre par Grégoire XIII, qui y avait consacré en 1579 les bâtiments et les revenus des deux hôpitaux destinés à Rome aux voyageurs de nation anglaise. Allen avait réuni autour de lui cent cinquante prêtres , élevé un grand nombre d'écoliers dans les principes du plus ferme catholicisme , et envoyé déjà en Angleterre environ cent missionnaires qui allaient secrètement de maison en maison prêcher les dogmes et pratiquer le culte de l'ancienne religion, malgré la défense des lois et la rigueur des peines. Plusieurs d'entre eux avaient été découverts et avaient péri^

L'ordre religieux récemment institué pour proté-

* Lingard) t. VIII, chap. m.

m MARIE STUART.

ger la foi romaine dans les pays où elle s'était conservée et la rétablir dans ceux d'où elle avait été exclue 5 l'institut conquérant des jésuites ne pouvait pas rester étranger à ce grand mouvement. Son général avait fait partir les deux jésuites anglais Robert Parsons et Edmond Campian pour l'Angleterre, qu'ils avaient parcourue pendant une année entière sans être livrés à Elisabeth , bien que cette reine , avertie de leur présence, eût menacé des plus terribles châtiments ceux qui leur donneraient asile. A la fin , Campian avait été pris, et il fut condamné, avec d'autres prêtres catholiques, comme ayant bravé les lois et conspiré contre la reine. Après avoir été soumis à la torture par un gouvernement que le soin de sa sûreté rendait défiant, que les habitudes du siècle rendaient cruel , il fut mis inhiunainement à mort avec plusieurs de ses compagnons ^

Plus heureux , Parsons avait échappé à toutes les recherches. Après avoir visité l'Angleterre et l'Ecosse, il revint en Flandre, connaissant assez bien l'état religieux des deux pays. La société à laquelle il appartenait était dévouée à l'agrandissement de l'autorité pontificale, favorable aux vues ambitieuses du roi d'Espagne , unie à la maison catholique des Guises et intéressée à la délivrance de Marie Stuart; aussi entra-t-elle avec un zèle extrême dans le com-

* Camdcn, t. II, p. 349 et 379.— Lirigard, t. VIIl, ch. ni.

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