‹ Histoire de Marie StuartChapitre 111 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

plot ourdi pour rétablir la reine captive et restaurer l'ancienne Église. Dès la fin de 1580 \ le général des jésuites, le pape, le roi d'Espagne et d'Aubigny y songèrent, avant même que Morton eût succombé. Détourné d'une intervention active en Angleterre par la nécessité de défendre le royaume de Portugal contre les attaques du prétendant don Antonio de Crato et de s'opposer, dans les Pays-Bas, aux forces maintenant unies du prince d'Orange et du duc d'Alençon, qui avait été accepté comme défenseur de la Belgique et devait être nommé bientôt duc de Brabant , Philippe II offrit seulement de seconder d'Aubigny en donnant à Jacques VI des subsides aussi considérables que pouvaient l'être les revenus mêmes de la courone d'Ecosse ^. Dans

* Voir le recueil du prince Labanoff, t. VII, p. 152 k 161, où se trouvent à ce sujet, comme pièces importantes, une lettre du 14 octobre 1580, de Tarchevêque de Glasgow au général des jésuites; une lettre du 8 novembre 1580, du général des jésuites à Farchevéque de Glasgow, et une lettre du grand maître de l'ordre de Malte, présentée par le grand commandeur de Saint-Gilles.

* Ilnd, , (p. 154. Il désirait, de plus, qu'on ne tentât de pénétrer en Angleterre qu'après s'être fortement établi en Irlande. Le général des jésuites annonçait a l'archevêque de Glasgow que le pape était résolu d'achever une oeuvre si sainte, qu'il appelait la sacrée expédition; il était également d'avis qu'il fallait d'abord s'emparer de l'Irlande, où devaient se rendre les chevaliers de Malte, d'après un traité conclu avec le grand maitre, ce qui aurait fait de cette milice de toute la

un chapitre de Tordre des jésuites tenu à Ron^» au printemps de 1581 \ après larrestation de Morton, on s'occupa avec un intérêt croissant des affaires d'Ecosse. Le jésuite écossais Gbreigton et le jésuite anglais Holl furent envoyés auprès de Lennox pour convenir des moyens d'exécuter l'entreprise en faveur de la reine prisonnière et de la religion proscrite.

Munis de lettres de créance de l'archevêque de Glasgow à Paris, de l'ambassadeur espagnol don Ber^ nardino de Mendoza à Londres, ils virent I^ennox et se concertèrent avec lui'. Lennox donna le 7 mars 158^2 à Chreigton , pour Jean-Baptiste de Tassis , ambassadeur de Philippe II à Paris, une lettre ainsi conçue : « Votre roi et le pape paraissent désirer se servir de moi dans le dessein qu'ils ont conçu de restaurer la religion catholique et de délivrer la reine d'Ecosse, selon ce que m'a rapporté le jésuite Chreigton. Persuadé que cette entreprise se fait pour le bien et pour la sûreté de ladite reine d'Ecosse et du roi son fils, à qui la couronne sera conservée du consentement de la reine sa mère, je suis prêt à y

chrétienté contre les infidèles un corps d'armée de la catbo* licite contre les hérétiques. Labanoff , t, YII, p. 157 et 158,

« Dépêche de J.-B. de Tassis à Philippe II, du 18 mai 1582. Papiers de Simancas, Neg. de Francia, série B, liasse 53, n° 80, aux Archives nationales,

î^/Wf/.jB, 53, 81.

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