CHAPITRE IX
employer ma vie et mon avoir *. » Il lui remit en même temps un mémoire touchant le mode (Inexécution de lentreprise, et il annonça qu'il irait lever en France les troupes nécessaires à sa réussite.
Arrivés à Paris avec ces pièces, les jésuites Chreigton et Holt virent mystérieusement Tassis , chez lequel s'assemblèrent le duc de Guise , l'archevêque de Glasgow et le docteur Allen pour discuter le projet. Tassis demanda à Chreigton si le roi de France en serait instruit : u En aucune manière^ répondit le jésuite, car l'entreprise serait perdue par la connaissance qui en serait aussitôt donnée à la reine d'Angleterre*. » Dans plusieurs conférences se*. crêtes tenues depuis le milieu jusqu'à la fin de mai
* u Vuestro Rey... con el papa, pareceme que dessean ser* virse de mi en el disegno que traen entre manos para la restauracion de la religion catholica y la libertad de la reyna de Escocia , segun que el dicho Criton me ha referido , y creyendo que esta empresa se haze por el bien y la conservacion de la dîcha reyna de Escocia y del rey su hijo, y que i ese le sera sustentada y mantenida su corona con consentimiento de la reyna su madré , estoy aparejado de emplear mi vida y hàzienda para la execucion de la dicha empresa, etc. (Copia de carta en frances, que mos. de Olivi (d'Aubigny), duque de Lenos, ha escripto à don J;-B. de Tassis de Dalreith (Dalkeith), en Escocia, à vu de março 1582, descifrada). » Pap. de Sim., Neg. de Francia, série B, liasse 53, 81.
^ u En ninguna manera , porque entendian que por ally se perderia el negocio... estava claro que luego la de Inglaterra sabria el disegno. » Ilncl,, B., 53, 80.
1582, soit à Fambassade espagnole, soit à la demeure de rarchevêque de Glasgow, on arrêta que l'expédition contre l'Angleterre ne serait pas effectuée par le roi d'Espagne, mais au nom du pape seul, afin de ne donner aucun ombrage au roi de France et d'empêcher ainsi qu'il ne la traversât. Philippe II devait fournir au pape l'argent pour lever les troupes de débarquement, à la tête desquelles se mettrait le duc de Guise, qui en montrait le plus grand désir ^
Le même jour où il avait écrit à Tassis, le duc de Lennox avait adressé à Marie Stuart une lettre remplie d'un dévouement exalté. Il lui offrait de se consacrer à l'œuvre de sa délivrance, à la restaura* tion du catholicisme, et au triomphe de ses droits dans la Grande-Bretagne au moyen d'une armée de 15,000 hommes, qu'il irait former avec l'aide du pape et du roi d'Espagne sur le continent.il ajoutait qu'il pénétrerait bientôt en Angleterre avec cette armée, et l'invitait à avoir bon courage, car elle trouverait des serviteurs résolus à hasarder la vie pour elle^
* « Hercules (c'était le nom de guerre qu'avait alors le duc de Guise dans les correspondances espag^noles) muestra un extremo desseo de emplearse à esta empresa. » Papiers de Siinancas, Neg. de Francia, B, 53, 84.
* Cette lettre, qui se trouve à Simancas (Neg. de Estado Inglaterra, leg. 836), est annexée à la longue dépêche de Marie Stuart dont il va être question ci-dessous.