CHAPITRE IX
latin en français et du français en anglais \ U était devenu un théologien exercé et un raisonneur subtil. Mais il avait une irrémédiable faiblesse, accompagnée d une dissimulation précoce. Les troubles mêmes au milieu desquels il naquit et fut élevé ébranlèrent son âme, au lieu de la fortifier. Sans autorité et sans volonté livré à des goûts inconstants pour des favoris passagers, il était incapable de punir et bien souvent de regretter. Il n aimait point sa mère, ne détestait pas Elisabeth, et Ton pouvait également le rapjMt)cher et l'éloigner de lune et de l'autre. Condamné à raison de sa position comme de son caractère à subir une influence étrange, attiré par l'argent de Philippe II, sollicité par le zèle du duc de Guise, ébranlé par les instances de Marie Stuart , entraîné par les intrigues d'Elisabeth , il entra tour à tour dans les complots catholiques et dans les menées protestantes, sans s'attacher sérieu*sement à aucun parti, sans se dcmner d'une manière durable à personne.
Cependant la captivité du jeune roi entre les mains de la faction de Gowrie ne fit point abandonner les projets d*inv^on destinés à rétablir le catholicisme dans File et à délivrer Marie Stuart de sa prison. Le duc de Guise, qui devait les réaliser d'accord avec Philippe II et le pape, et à l'aide de leur ar-
^ Killegrew à Walsingham,. 31 juin 1574, an State Pap. Off., et dans Tytler, t. VIIÏ, p. 10.
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gent , en changea seulement la direction. Au lieu de s'effectuer en Ecosse , l'invasion dut s'opérer en Angleterre. C'est à quoi s'arrêta le duc de Guise après la mort du duc de Lennox et le retour de Méneville, qu'il avait envoyé avec une mission secrète à Ëdim* bourg , où ce confident de ses complots avait accompagné La Mothe Fénelon , chargé de déclarer à Jacques VI que sa mère l'associait à la couronne et consentait à ce qu'il reçût le nom et exerçât l'autorité de roi.
« Hercules (le duc de Guise) , écrit le 4 mai 1583 .T. B. de Tassis au roi d'Espagne, depuis le changement survenu dans les affaires d'Ecosse , a jeté les yeux sur les catholiques d'Angleterre , pou^ voir s'il pourrait commencer par là son entreprise. Il a mené les choses si avant , qu'il croit être en état sous peu de les mettre à exécution. Il est résolu à marcher en personne contre la reine d'Angleterre, et il a la confiance d'être soutenu par Sa Sainteté et Votre Majesté. Afin de se jeter dans l'entreprise avec fondement et d'en sortir avec succès, il désire que Sa Sainteté et Votre Majesté placent au plus tôt sous sa main cent mille écus dont il se servira dès qu'il en aura besoin ' . »
* « Y de manera que pueda salir con lo que se prétende dessea que lueg^o se provean aqui entre Su Sant^ y V. Mag^ cien mil escudos que esten à la mano , para que a la misma hora que sea menester, aya con que acudir à la necessidad. » Papiers de Simancas , Neg^* de Francia, lettre 6, liasse 54, n"" 93, aux Arch. nat.