‹ Histoire de Marie StuartChapitre 120 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Dans les instructicms qu'il lui donna , il exposa le plan de Texpédition, les forces sur lesquelles on comptait pour 1 accomplir, les secours qu'on attendait en Angleterre^ le nom de ceux qui devaient y concourir : « La reine d'Ecosse, y était-il dit, ayant écrit, et les principaux seigneurs de ce royaume -ayant donné avis que toutes les choses sont bien disposées, spécialement vers les frontières de l'Ecosse où doit aborder la flotte d'Espagne, il a été décidé qu'il suffirait que le roi catholique y mit quatre mille bons soldats, s'il ne trouve pas le moyen d'en embarquer davantage. Mais il faut que cette flotte porte l'argent nécessaire au payement de dix mille hommes de ces contrées pendant quelques mois , et les cuirasses, les piques, les arquebuses, propres à en armer cinq mille. Les préparatifs et la disposition de ce royaume étant sujets à de grandes mutations , le secret sur des affaires qui passent entre tant de mains courant le risque d'être découvert si elles éprouvent du retard ; le roi d'Ecosse ayant écrit que, s'il n'est pas secouru , il se maintiendra difficilement dans la liberté qu'il a miraculeusement recouvrée , comme il l'avait promis à monsieur de Méneville, pressé qu'il est par la reine d'Angleterre, qui n'oublie rien de ce qui peut relever sa faction en Ecosse : Sa Sainteté sera suppliée , au nom du duc de Guise et de tous les catholiques de ce royaume, de donner avec quelque libéralité de l'argent , la seule chose dont on ait

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maintenant besoin, et de fournir, pour une fois, une somme proportionnée à la grandeur de l'entreprise, et de s'en reposer sur le duc de Guise du soin de la faire exécuter au plus tôt, et, s'il se peut, cette année encore *. »

Il prévenait Grégoire XIII que l'armée d'invasion s'embarquerait en Flandre, d'où on pourrait lui envoyer ensuite des secours ; qu elle descendrait sur les côtes septentrionales de l'Angleterre, où les catholiques la recevraient avec allégresse, u Ceux-K^i sont en si grand nombre, ajoutait-il, qu'avant peu de jours vingt mille d'entre eux, à cheval, se joindront à l'armée d'invasion, à savoir : vers la frontière d'Ecosse, trois mille du comte de Morton et trois mille du baron de Famyhirst, quatre mille du ba-

* « Todo biçn considerado, y avîendo escrito la reyna de Escocia y dado aviso a los principales senores de aquel reyno que las cosas estan muy bien dispuestas principalmente âcia los confines de Escocia donde deve decender la armada de Espana, tambien se ha hecho resolucion que bastara queel rey catholico embiara armada de quatro mil buenos soldados, si Su Mag*** no tubiere modo de embiar mayor armada. Pero es necessario que la dicha armada se trayça dinero para pag;ar diez mil soldados de aquellos partes por alg^nos meses, y coseletes, picas, arcabuzes, para armar cinco mil soldados de aquel reyno, y siendo las préparaciones y la disposicioa de aquel reyno subjectas à muchas mutaciones , y avîendo aun pelig^ro del secreto si las cosas van i la larga, passando estos neg;ocios por tantos manos^ y aviendo frescamente recebido nueva del rey de Escocia qatf

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