‹ Histoire de Marie StuartChapitre 124 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Élùabeth résolu! de se débarrasser de lanibaasii* deur espagnol 9 dont le séjour dans ses Étals et les privilèges auprès de sa personne ne laidaient qu à conspirer avec plus de sûreté et d'audace. Elle rompit diplomatiquenient avec Philippe II, quatre ans avant d entrer en guerre ouverte avec lui* Le 18 janvier 1584, Mendoza fut appelé chez le chancelier d'Angleterre, où se trouvaient Leicester, le grand chambellan Howard , Hunsdon et Walsingham ^ . Ce dernier prit la parole en italien , et lui dit ; <« que Sa Majesté la reine était très mal satisfaite de lui, parce qu'il avait cherché à troubler le royaume , s'était mis en communication avec la reine d'Ecosse, dont il avait reçu des lettres; avait cherché, de concert avec le duc de Guise, à la tirer de prison , et s'était même entendu avec Francis TrockmQr-* ton , avec un de ses frères qui était venu de France , et avec le comte de Northumberland ; c'est pourquoi la volonté de la reine était qu'il sortit du royaume en quinze jours '. » Sans se déconcerter , Mendoza répondit que c'étaient là des rêvas, qu'il n'aurait pas pu conseiller à la reine d'Ecosse des choses qui l'auraient conduite à sa ruine; qu'un homme comme lui ne traitait pas d'affaires impor-

* Ms, Dépêche de Bernardino de Mendoza du 24 janvier 1584, au roi catliollque. Simancas, Neg, de Ingîat., leg. 839,

^ tt A cuya causa era la voluntad de la reyna , que dentro de 15 dias me partiese resolutamente de su reyno. >• Ibid.

tantes avec un jeune homme sans consistance et sans jugement, tel quêtait Throckmorton ; quil n avait jamais parlé au comte de Northumberland , et que ses actes avaient été bien différents tle ceux que la reine et ses ministres avaient dirigés contre les États du roi son maître. Après avoir énuméré ces actes d'hostilité, il ajouta que sa coutume n'étant point de rester où on le voyait avec déplaisir, il quitterait l'Angleterre après avoir expédié, à ce su* jet, un courrier à Sa Majesté catholique.

Les ministres d'Elisabeth lui déclarèrent alors, en se levant de leurs sièges, qu'il devait partir sans retard, ou qu'il s'exposerait à être châtié pai' la reine ^ Mendoza leur répondit fièrement : « Qu'il n'appartenait ni à la reine d'Angleterre ni à personne au monde de juger sa conduite, dont il n'avait à rendre compte qu'au roi son maître; qu'aucun d'eux, dans cette circonstance, ne se hasardât à passer plus avant, si ce n'est l'épée à la main; qu'il se riait de la pensée que la reine pouvait songer à le châtier; qu'il partirait avec grand plaisir au moment où elle lui enverrait ses passe-ports * , et que n'ayant point été satisfaite de lui comme ministre de paix, il tâcherait qu'elle le fût comme ministre de guerre '. »

^ Simancas, Neg. de Inglaterra , leg. 839.

^ « Replicaron levantandose de las sillas, que no, sino que havia de partirme luego... la reyiia no mandase castigarme. » Ibid»

• « ...Que me encendl6 la colera diciendo que la reyna no

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