‹ Histoire de Marie StuartChapitre 126 sur 224 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de ÏEcoëm avait été arrêtée aussitôt qu'enti'eprisô^ Elisabeth parut alors disposée à entrer dans d autres voies pour conjurer les périls dont la menaçaient la captivité prolongée de Marie Stuart et l'inimitié provoquée d'Arran. Ces périls pouvaient être d autant plus graves en Angleterre , qu elle perdit coup sur coup le duc d'Alençon, mort le 10 juin 1584 à Château-Thierry, et le prince d'Orange, tué le 10 juillet à Delft par un fanatique émissaire des Espagnols et des jésuites. Délivré presque en même temps du chef des dix provinces catholiques et du stathouder des sept provinces protestantes, Philippe II, que secondait l'habile prince de Parme , semblait prêt à rentrer en possession de tous les Pays-Bas, d'où il envahirait ensuite très-aisément l'Angleterre. Elisabeth, dans cette alarmante situation , songea un moment à priver le roi catholique de l'assistance de Marie Stuart et de la coopération d'Arran, en traitant avec eux. Elle ne devait y trouver aucune difficulté. Arran était trop ambitieux pour ne pas adhérer à tout ce qui affermirait sa puissance , et Marie Stuart était si lasse de sa prison qu'elle n'aspirait plus qu'à recouvrer sa liberté.

A la suite d'une éclatante entrevue qui eut lieu à Foulden Klrk *,^ près de Berwick, entre le favori de Jacques VI et le comte de Htmsdon, on essaya

* Tytler, t. VIII, p. 218 et suiv.

de rapprocher plus étroitement l'Angleterre et FÉcosse et de réconcilier Marie Stuart et Elisabeth en reprenant les anciennes négociations. Le jeune maître Patrick de Gray fut accrédité à Londres, comme ambassadeur de Jacques VI, avec cette double mission. D'un esprit agréable et d'une fourberie insigne, il partageait avec Arran l'affection du roi ^ Il était catholique, avait été élevé à la cour de France, reçu dans l'intimité des Guises, admis aux confidences de l'archevêque de Glasgovjr; il connaissait les projets de Marie Stuart et passait pour très-attaché à ses intérêts. Aussi cette princesse, qui envoya vers la même époque à Londres son secrétaire français Nau * pour y traiter des conditions de sa délivrance ', croyait-elle à l'entier dévouement du maître de Gray *. Elle semblait revenue dé toutes ses ambitions. Sa santé était perdue, sa patience fatiguée, son imagination assombrie. Elle avait beaucoup souffert dans sa prison. Des bruits outrageants avaient été répandus sur elle par la femme même du comte de Shrewsbury sous la garde duquel Elisabeth l'avait depuis si longtemps placée. La com-

* Tytler, t. VIII, p. 223 et 224.

* Il avait remplacé RauUet, mort en 1574. Il avait été secrétaire du cardinal de Lorraine.

3 Labanoff, t. VI, p. 57.

* Ibid.y p. 28 et «uiv. Instructions par Marie Stuart à M. de Gray, p. 48.

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