‹ Histoire de Marie StuartChapitre 135 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

partisan et le chevaleresque serviteur. Après son retour à Londres, il avait sei'vi, pendant deux années^» d'intermédiaire à la con*e$pondance de Marie Stuart * , de l'archevêque de Glasgow, de Paget et de Morgan* Mais, depuis que Marie n était plus sous la garde du comte de Shrewsbury , la con*espondance avait été interrompue, et les rapports de Babington avaient cessé avec les réfugiés de Paris et avec la prisonnière de Tutbury et de Chartley. Au moment où Ballard le vit, il était fort découragé , tout prêt à quitter l'Angleterre, et à se retirer dans un pays catholique du continent, pour y passer le reste de ses jours*.

L'émissaire de la conspiration n'eut pas de peine à ranimer le dévouement de Babington pour Marie Stuart. Seulement Babington fut du même avis que Ch. Paget, il regarda l'invasion comme impraticable durant la vie d'Elisabeth. Ballard lui ayant alors appris que le meurtre de la reine devait précéder l'invasion du royaume , il entra avec ardeur dans l'entreprise. Mais il déclara qu'elle était trop importante pour être confiée à ime seule personne , et il proposa d'adjoindre à Savage cinq gentilshommes

* ffardwicke's State Papers, t. !•% p. 227.

^ Lettre de Babing^tod du 6 juillet 1586 à Marie Stuart.

Bibl. nat., manuscr. supplém. français, n** , p. 68.

qu'il trouverait parmi ses amis^ Il décida Patrick Bamweli, d'une noble famille d'Irlande ; John Cliarnock , du comté de Lancastre ; Edward Abington, dont le père avait été trésorier du palais, à commettre le meurtre avec Savage*; à ces trois il en joignit bientôt deux autres, Charles Tilney, un des gentlemen pensionnaires de la reine, que Ballard avait récemment gagné à la foi romaine, et Chidioc Tichbourne , qu'une vive affection pour lui faisait entrer dans tous ses projets. Plusieurs autres des amis de Babington, tels que Edward, frère de lord Windsor; Thomas Salisbury5 d'une excellente famille du comté de Derby; Robert Gage, de Surrey; John Travers, du comté de Lancastre; John Thomas, fils d'un ancien officier de la garde-robe de la feue reine Marie; Henry Donn, clerc de l'office dés premiers fruits*, entrèrent dans le complot, et se réunirent souvent soit à Saint-Giles, près de Londres, soit dans Londres même, afin d'en concerter l'exécution*. Rien de ce qu'ils tramaient n'était ignoré de Walsingham. Cet actif et artificieux ministre avait l'œil sans cesse ouvert sur le parti catholique, dont il surveillait toutes les trames. Il n'avait pas seulement

« Haràvickés State Papersy t. !•', p. 227 à 229.— -Camden, t. n, p. 475, et Carte, t. lll, p. 600.

* Camden, t. II, p. 477.

* IbicL, p. 476, 477. — Carte, t. III, p. 60L

* Howell, State trials^ t. P% p. 1 132 à J135.

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