‹ Histoire de Marie StuartChapitre 141 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

d'exécuter l'entreprise qui pouvait seule la tirer de captivité et sauver, dans cette île, la religion catholique de son anéantissement. Afin d'en faciliter le succès, elle proposait d'y associer l'Ecosse, soit en persuadant à son fils d'y entrer, soit, si son fils n'y consentait pas, en formant une ligue entre les principaux lords catholiques qui se joindraient au roi d'Es- . pagne. Dans ce dernier cas , elle offrait de livrer son fils entre les mains du roi d'Espagne ou du pape, de faire établir en Ecosse un régent, qui serait lord Claude Hamilton , qu'assisterait un conseil composé des principaux lords et sans lequel il ne pourrait rien ordonner dans les affaires d'une certaine importance. Lord Claude, auquel Charles Paget devait écrire de sa part, serait le lieutenant général de son fils qu'on élèverait sur le continent dans la religion catholique, afin qu'il pût régner après qu'elle serait morte, et surtout être sauvé, — « ce qui, ajoutait Marie Stuart , m'importe plus que de le voir monarque de toute

l'Europe Mon cœur étant rempli de milles craintes

et regrets quand je pense que je pourrois laisser après moi un tyran et un persécuteur de l'Église catholique ^ » Elle chargea Paget de communiquer ses projets à lord Claude Hamilton, à qui elle écrivit dans le même sens *.

* Labanoff, t, VI, p. 313 à 321.

»//;îc/., p. 371.

Les chefs écossais qui restaient attachés à la vieille religion et à la reine captive , avaient devancé ses vœux : quelques-uns d'entre eux osaient professer ouvertement le catholicisme. Le comte de Morton , de la famille de Maxwell et l'un des plus puissants barons des frontières du sud , avait fait célébrer la messe dans l'église prévôtale de Lincluden* Les jésuites Parsons, Holt, et d'autres pères de cette société entreprenante, étaient auprès du comte de Huntly. Ces deux comtes, ainsi que le comte de Montrose , lord Crawford et beaucoup d'autres seigneurs s'étaient entendus avec lord Claude Hamilton pour délivrer la reine d'Ecosse, soustraire son fils à l'empire d'Elisabeth et relever le culte catholique dans leur pays* Revenu récemment de Paris à Edimbourg, avec les instructions secrètes du duc de Guise ^ lord Claude était l'âme de cette ligue , qui s'adressa à Philippe II, par l'entremise du prince lorrain. Elle dépêcha vers le roi d'Espagne Robert Bruce , qui lui portait des lettres * de Claude Hamilton , de Huntly, de Morton, dans lesquelles ces chefs catholiques lui annonçaient qu'ils étaient plus forts que leurs adversaires en Ecosse, mais qu'ils avaient besoin de son assistance contre l'intervention de la reine d'Angleterre. Ils appelaient Philippe II

* Ces lettres sont au nombre de trois et en latin* Papiers de Siinancas, série B, liasse 57, n«' 359, 360, 36i.

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