CHAPITRE X
la sauvegarde de la république chrétienne^) et ils avaient recours à lui , disaient^^ils , avec la confiance de pouvoir Restaurer la foi catholique dans le royaume. - — « Outre la gloire immortelle , ajoutaient-ils, qu'en recueillera Votre Majesté, et le service singulier qu'elle rendra à Dieu , elle acquerra , en joignant ses forces aux nôtres , l'avantage de briser la puissance de la reine d'Angleterre *• »
Robert Bruce se rendit en Espagne , et passa par la France , où le duc de Guise lui remit une lettre très-pressante pour Philippe II. — « Sire j disait le chef de la Ligue à ce prince, après tant de diverses intelligences que j'ay conduytes et recherchées de longtems aveq beaucoup de peine pour l'establissetnent de la religion catolique en Escosse , Dieu m'a fait la grâce d'avoir induyt et attyré les plus grans et principaux du pays à la bonne et sainte resolution que j'ay tousjours estymé très nécessaire pour surmonter les factions angloises quy en ont retardé l'effet jusques à cette heure. » Il assurait au roi d'Espagne que lord Claude Hamilton, les. comtes de Huntly et de Morton avec lesquels il avait U'aité , disposaient des deux tiers de l'Ecosse. Mais attaquer
^ « Totitts reipublicae chriktiao» columetl. »f Lettre de Claude Hamilton, série B, liasse 57, n"" d60<
^ a là vero V^ Majesfati prêter imtnortalem ifominls sui gloriam , ac sitigulare tiuminis obsequiuin , emoluinentum acs cedet, quod facile conjuncds copiis ita Angliae regitise vires, doini frangemns. » /6id., n** 362. Lettre du comte de Huntly.
le parti dominant dans le pays et résister aux forces du pays voisin « lui paroissoit , ajoutait-il , trop difficille sans le secoui's et assistance de Votre Majesté , que nous avons d'une commune voix choisy protecteur et appuy d'une si digne et louable entreprise. » Il attachait à cette entreprise d'autant plus d'intérêt, qu'elle avancerait les desseins de Philippe II sur l'Angleterre, « desseins, disait-il, ausquels je voudrois estre sy heureux que de pouvoir apporter autant de très humble servyce comme je m'y sens obligé, et m'y trouver aveq une pique comme le moindre soldat'. » Le duc réclamait les secours en hommes et en argent qui leur étaient nécessaires, et il pHait en même temps Mendoza* d'appuyer la demande des chefs écossais auprès du roi son maître *.
* Papiers de Simancas, série B, liasse 57, n° 356.
^ Lettre du duc de Guise à don Bernard ino de Mendoza du 16 juillet 1586. Pap. de Sim., série B, liasse 57, n» 237.
* Tous ces projets tramés par les chefs écossais opposés à l'Angleterre, d'accord avec le duc de Guise et Philippe H, étaient ignorés d'Henri III. La France avait cessé, depuis l'année 1567, d'entretenir un ambassadeur ordinaire en Ecosse. Elle y avait envoyé successivement des agents chargés de missions temporaires, tels que Lignerolles, Poigny, Verac , Mondreville , La Mothe Fénelon , Mayneville , missions sur lesquelles M. Teulet a donné quelques pièces dans son second volume. En octobre 1585, Henri m se décida à nommer le baron d'Esneval, vidame de Normandie et gendre du secrétaire d'État Pinart, comme son ambassadeur auprès