‹ Histoire de Marie StuartChapitre 143 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Mendoza, qu'on informait ainsi de tout ce qui se tramait en Angleterre et en Ecosse , avait été instruit depuis longtemps du projet d'assassiner Elisabeth. Il l'avait connu lorsqu'il n'y avait encore que quatre personnes engagées dans son exécution, et, le 12 mai , il avait chiffré de sa main une courte dépêche dans laquelle il disait à Philippe II : « On m'a donné avis d'Angleterre que quatre hommes de marque, et qui ont leurs entrées dans le palais de la reine, ont résolu de la tuer; qu'ils se sont promis tous les quatre, par serment, de le faire ou avec le poison ou avec le fer * ; qu'ils m'avertiront du moment pour que j'écrive à Votre Majesté , en la suppliant de vouloir bien les secourir lorsque la chose sera effectuée, et qu'ils ne s'ouvriront à auti'e honune qu'à moi , à qui ils ont tant d'obligations,

de Jacques VI. Il voulait maintenir la vieille alliance de l'Ecosse et de la France, et empêcher les rapports plus étroits qui s'établirent bientôt entre l'Ecosse et l'Angleterre. Le baron d'Esneva), dont M. Teulet a publié (t. Il, p. 727 à 788) la correspondance, qui lui a été communiquée, comme elle m'a été communiquée à moi-même par le savant et obligeant M. Chéruel, ne connut point les projets des partisans de Philippe II en Ecosse, et n'empêcha point l'alliance de Jacques YI avec Elisabeth. U retourna en septembre 1586 sans avoir rien fait.

* « De acabar i la reyna, y â la fin averse acordado y juramentado todos... de hazello y que séria con veneno o yerro. » Papiers de Simancas, série B, liasse 57, n° 310.

et dans qui ils ont tant de confiance V )> Mendoza, qui avait fait connaître aussi au roi catholique l'intention où était Marie Stuart de lui transférer ses droits à la couronne d'Angleterre si son fils restait protestant*, lui transmit, le 23 juillet, avec la lettre du duc de Guise, les articles par lesquels les seigneurs écossais se déclamient prêts à agir aussitôt que serait mise à leur disposition la somme de cent cinquante mille écus, dont ils avaient besoin poiu* entrer en campagne^.

Dans l'intervalle, la conspiration catholique s'était poursuivie en Angleterre. Babington et ses amis avaient multiplié leurs conciliabules; ils s'étaient réunis un grand nombre de fois, dans les environs de Londres, au mois de juin et au mois de juillet pour se distribuer les rôles. Outre les six qui s'étaient chargés de tuer Elisabeth , on convint de ceux qui se transporteraient dans les provinces pour les soulever et de ceux qui iraient à Chartley pour y délivrer Marie Stuart ^. Babington , qui demeurait ordinairement dans son domaine de Litchfield, à peu de distance du château de Chartley, se rendait alors plus souvent et restait plus longtemps

* Papiers de Simaucas, série B, liasse 57, n*» 810.

* Ibid.j série B, liasse 57, n° 239.

» Ibid,, n^ 235.

*Howell,t. I, p. 1132 à 1135.

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