‹ Histoire de Marie StuartChapitre 144 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

à Londres* Il y voyait même Walsingham, auquel il avait offert ses services dans la téméraire espérance de surprendre les menées du rusé secrétaire d*état, et de détourner de lui ses soupçons \ Il se rapprocha ainsi de la main toujours prête à le saisir. Cependant la conspiration ^ jusque-là bornée à des entretiens qui la rendaient plus périlleuse pour les conjmrésque pour Elisabeth ^^ avait fait un pas décisif. Marie Stuart y avait été imprudemment enveloppée. Morgan , provoqué sans doute par G. Gifford , dont les voyages en France avaient été fréquents à cette époque » l'avait priée d'encourager le zèle de Babington par une lettre conçue eu termes très^généraux ^ qu'il avait eu même le soin de lui envoyer de la Bastille^. Dans cette lettre , que Marie Stuart transmit » le 25 juin , au chef inconsidéré des conspirateurs > quelle appelait son grand atny^ elle le remerciait de l'affection qu'il n'avait cessé de lui montrer ^ et le chargeait de lui faire tenir également par Giffbrd ^ les paquets qui lui arriveraient de France. En la lui adressant par l'entremise de ce traître ^ le secrétaire Curie écri* vait à celui-ci s u Sa Majesté vous prie de la faire

* Tytîer, t. Vm, p. 311.

« Howeli^ 1. 1, p. U3âàllS5.

3 Labanoff, t. VI, p. 344, note 3. — Murdin, p. 513.

* Labanoff, t. VI, p. 345 et 346.

tenir de la manière la plus secrète à maître Antony Babington * . »

Cette lettre fatale, tout innocent qu'en était le langage, renouait les rapports de la prisonnière avec Babington et allait la mettre à la merci de Walsingham. En effet, dès que Babington l'eut reçue, il écrivit une longue dépêche chiffrée où il racontait, en termes passionnés, à la reine d'Ecosse, sa très-chhre smveraine comme il la nonmiait y tout ce qui avait été préparé en sa faveur depuis l'arrivée de Ballard.Il lui disait qu'il s'était occupé de sa délivrance , conformément au désir qu'en avaient les princes chrétiens ses alliés. Il lui exposait l'objet et lui déroulait les moyens de la conspiration pour envahir l'Angleterre et se débarrasser d'Elisabeth. Il demandait à Marie Stuart , qu'il s'engageait à servir jusqu'à la mort , de désigner les personnes qui semient ses lieutenants et pourraient entraîner la multitude dans le pays de Galles, et dans les comtés de Lancastre, de Derby et de Stafford. Il ajoutait : « Moy-mesme en personne, avec dix gentilzhommes et cent aultres de nostre compagnie et suitte , entreprendrons la délivrance de vostre personne royalle des mains de vos ennemys. Quant à ce qui tend à nous deffaire de l'usurpateur , de la subjection de laquelle , par Texconmaïunication faicte à l'encontre d'elle , nous

* Ms. State Pap, Off., et Tytler, t. VIU, p, 311.

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