‹ Histoire de Marie StuartChapitre 145 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

sommes affranchiz, il y a six gentilshommes de qualité, tous mes amys familiers, qui, pour le zèle qu'ils portent à la cause catholique et au service de Vostre Majesté, entreprendront l'exécution tragique. Beste maintenant que, selon leurs mérites infinis et la bonté de Vostre Majesté, leur entreprinse héroïque soit honorablement rémunérée en eulx mesmes , s'ils eschappent la vie sauve , ou en leur postérité , et que je leur puisse aultant asseurer par l'auctorité de Vostre Majesté '. »

Cette terrible lettre, écrite le 6 juillet (16, nouveau style), fut remise, le même jour, par Gifford à Walsingham. Comme Babington devait aller en attendre la réponse à liitchfield , l'avisé secrétaire d'État craignit que les retards trop considérables qu'entraînerait le passage des lettres par Londres ne donnassent l'éveil aux conjurés, et ne dérangeassent ses machinations : il résolut donc d'envoyer Phelipps à Chartley même pour les y intercepter et les y déchiffrer sur place. Phelipps partit de Londres le 7* (17, n. st.). Il portait avec lui la lettre de Babington, qui devait parvenir à Marie par l'entremise du brasseur et lui être si funeste. La pauvre prisonnière, ainsi entourée de pièges, l'eut entre les mains

* Ms. Bibl. nat., suppl. français, i^** ""777"» P» 68, copie

da temps. — Hard wicke , p. 229.

2 Tytler, t. Vin, p. 318.

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le 12 juillet (22 , n. st.), et s'en r^ouit , à en croire Paulet, qui épiait tous ses mouvements, et qui l'annonça le 14 (24, n. st.) à Walsingham en ces termes : « Le paquet envoyé avec Pfaelipps a été reçu avec reconnaissance; une courte réponse a été donnée, ainsi que le permettait le court espace de temps ; mais on promet d'écrire plus longuement au retour de Vhannête homnie^. » Le même jour, Phelipps, qui avait d^à déchiffré une dépêche de Marie à l'ambassadeur de France Châteauneuf, et intercepté deux de ses lettres, sans chiffres, à lord Claude Hamilton et au chargé d'affaires Courcelles ^, disait à Walsingham, en les lui transmettant : « Nous attendons ses véritables intentions dans sa prochaine lettre *. »

Tandis que cet odieux agent des machinati(Mis les plus perverses remplissait son bas office à côté de l'infortunée qu'il devait perdre, il ne se cachait point à ses yeux et lui souriait sur son passage. « Elle sortit hier dans son carrosse, écrit-il à Walsingham quelques jours après être arrivé à Chardey, et je faisais l'agréable en souriant; mais je me souvenais du vers : Lorsqu'il te salue, garde^toi de M comme d'un

* Tytler, t. Vm, p. 320, 321.

^ md.y p. 319.

^ « We attend her very heart in the next. »• Ms. State Pap. Off., et dans Tytler, t. VIII, p. 319, 320.

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