‹ Histoire de Marie StuartChapitre 148 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

suis persuadé que la reine et ses graves conseillers feront leur profit de la gracieuse providence de Dieu envers Son Altesse et envers l'Angleterre *. » Lardent calviniste Paulet ne se douta pas plus que Tabject politique Phelipps, de Fabominable iniquité à laquelle il avait pris part. La raison d'État et l'intérêt de la religion dérobèrent, aux yeux obscurcis de l'un comme de l'autre, ce qu'il y avait d'odieux et de déshonorant à faire tomber dans le piège d'une c(»ispiration une pauvre captive qui n'y serait point tombée sans eux. Croyant alors avoir réuni les moyens de perdre cette reine redoutée, Walsingbam accéda à la demande de Phelipps, et, quelques jours après, 22 juillet (1"' août, nouv. st.), il le rappela auprès de lui*.

Pendant que Pbelipps retournait à Londres, Gifford se rendait à Paris ^ auprès de Mendoza, chaîné par les catholiques anglais de la mission expresse de savoir s*ils pouvaient compter sur l'assistance armée de Philippe II, aussitôt qu'Elisabeth aurait été tuée ^. L'ambassadeur espagnol eut une longue conférence avec l'espion de Walsingbam, qui lui déroula toute la CDnspirati<Hi , lui fit comiaitre l'état religieux de

* Lettre d'Amyas Paulet à Walsingham du 20 juillet (30, nouv. st.), au State Pap, Off., et dansTytler, t. VIII, p. 324, S25.

»Tytler^t. VIII,p.S32.

* Pap. de Sim., aux Arch. nat., série B, liasse 57^ n"* 74.

FAngleterre, en lui communiquant^ dans un écrit fort curieux, les forces respectives des deux partis, province par province, et lui donna les noms des principaux personnages qu'il disait attachés à la cause de Marie Stuart , au rétablissement du catholicisme , et au service de Philippe II. Ceux-ci , parmi lesquels il plaçait le fils du duc de Norfolk , le comte d'Arundel , ses deux frères Thomas How^ard et lord William , le jeune comte de Northumberland, dont le père était mort violemment une année auparavant en prison, lord Dacre, lord Strange, fils du comte de Derby, le colonel sir William Stanley, lord Montagu , lord Compton, lord Morley, etc., étaient au nombre de trente-neuf ^ Mendoza envoya leurs noms à Philippe II , et il dit à ce prince qu'il avait accueilli Gifford comme le méritait sa mission et que , pour encourager les conjurés , il leur avait écrit deux letti'es, l'une en italien, l'autre en latin, par deux voies différentes, « les animant à une entreprise digne et d'esprits si catholiques et de l'antique valeur anglaise , affirmant que, s'ils parvenaient à tuer la reine, ils auraient l'assistance qu'ils réclameraient des Pays-Bas et l'assurance d'être secourus de Votre Majesté. Je le leur ai promis, continua-t-il , comme ils me le demandaient, sur ma foi et sur ma parole, et je les ai excités à presser l'exécution de leur entreprise par les raisons * Pap. de Sim-, aux Arch. nat., série B, liasse 57, n° 69.

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