‹ Histoire de Marie StuartChapitre 151 sur 224 · CHAPITRE X. ZÎH · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. ZÎH

tentât contre sa personne et d'invasion de son royaume, en fut épouvantée * et ne voulut pas qu'on différât les arrestations, de peur qu'on ne prolongeât ses périls. Alors Maud dénonça Ballard, dont il avait été le compagnon et le confident*. Mais , d'accord avec Walsingbam, il ne le dénonça d'abord que comme prêtre réfractaire *, afin d'éviter que les autres conjurés ne prissent l'alarme, et que Marie, prévenue de la découverte de la conspiration, ne détruisit tous ses papiers à Chartley. Le ministre d'Elisabeth donna donc à son secrétaire Milles l'ordre d'arrêter Ballard, uniquement pour avoir enfreint les lois du royaume. Cette arrestation était cependant difficile. Ballard prenait des précautions infinies, cbangeant sans cesse de déguisements et de demeures *. Avant qu'on parvînt à s'emparer de lui, Babington avait été informé de la dénonciation de Maud ®. Il ne s'était point rendu à Litchfield, ainsi qu'il l'avait annoncé à Marie , et ce n'était que le 29 juillet (9 août, nouv. st.), dix jours après avoir été écrite, que la lettre de la reine d'Ecosse

* Tytler, t. VIII, p. 334.

« Labanoff, t. VI, p. 436. — Tytler, t. VIII, p. 333. 3 Tytler, t. VHI, p. 335.

* lÛd., p. 333, d'après là lettre de Milles à Walsingham, le 4 août, déposée au State Pap. Off.

* Ms. Bibl. nat., suppl. français, n*» -rTr-j ?• ^^9 copie du

temps.

ton. it« 21

lui avait été remise à Londres, où il était resté pour conférer avec les autres conjurés. Il avait promis au messager secret qui la lui avait apportée de lui donner sa réponse le 2 août (12, nouv. st.); Mais la trahison de Maud le fit partir précipitamment de Londres , d'où il sortit à cheval , sans qu'on sût la direction qu'il avait prise ^ Le malheureux était dans un état de trouble inexprimable. Les plus grandes incertitudes et les plus vives craintes agitaient son esprit. Devait-il fuir ou retourner? Telle était la question qu'il s'adressait avec anxiété, ne sachant pas jusqu'où s'étendait la révélation de Maud. En fuyant^ il compromettait la conspiration ^ et renonçait à la dé* livrance de Marie , si Walsingham ne savait pas tout $ en retournant , il était perdu j si le complot avait été trahi.

Un reste d'espérance le ramena à Londres , et il se présenta audacieusement devant Walsingham '. Le dissimulé ministre, dont tous les ressorts n'étaient pas prêts à jouer, le reçut avec sa contenance ordinaire et le laissa sortir. Mais il chargea plusieurs de ses agents de le suivre et de veiller sur lui ^. Babingtôn , un peu rassuré , avait écrit le 3 août (13, nouv. st.) à Marie, pour l'instruire de ce périlleux contre-temps et lui dire qu'il espérait néanmoins porter encore remède à tout. Il la suppliait

* Tytler, t. VIII^ p. 331, 332, 333.

» Ibid., p. -334. — » Ibid.

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