‹ Histoire de Marie StuartChapitre 152 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de croire à l'heiireux succès de leur desseiiii « Ma souveraine, disait-il, pour l'amour de Dieu qui vous a tenue en sa sauvegarde, pour notre commun bien, ne vous découragez points*. C'est la cause de Dieu ^ de l'Église et de Vostre Majesté ; c'est une en» treprise honorable devant Dieu et les hommes*. « Nous l'avons voué et mectrons en effect , ou il nous coustera la vie \ » Mais Ballard ayant été arrêté le lendemain 4 août, Babington craignit qu'il ne fût mis à la torture et ne découvrît tout* Il alla trouver Savage^ et lui demanda ce qu'il fallait faire. « Rien autre, lui répondit Savage, que de tuer la reine sur4e*cfaatnp. *— Très-bien, lui dit Babington, alors allez demain à la cour et faites le coup. » Savage ayant objecté que son ajustement pour approcher de la reine n était pas prêt , Babington lui donna sa bague et tout l'argent qu'il avait ^ afin qu'il s'en procurât un , le jour même ^. Pensant bien que les divulgations qui devaient avoir été faites et l'éveil qui était sans doute donné empêcheraient Savage de se plrésenter à la cour, il songea à s'y présenter lui-même avec les autres conjurés pour exécuter l'entreprise. Mais il ne l'osa pas davantage. Dans la nuit du 5 août, suivi de ses compagnons éperdus, il s'enfuit de Londres et alla se cacher dans le bois

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* ÎVÎs. Bibl. nal., suppl. français, n** -ttt} p« 63.

* Confession de John Savage, dans IIowcU, p. 1130.

de Saint-John. Il y fut découvert avec eux , et (m les conduisit tous à la Tour ^

Lorsque Walsingham eut sous sa main Ballard, Babington, Savage et les autres conjurés , il n hésita point à traiter Marie Stuart comme leur complice. Cette princesse ignorait que la conspiration eût été découverte, et n'avait pas reçu la dernière lettre de Babington qui aurait pu éveiller ses inquiétudes à cet égard. Elle était dans la plus entière sécurité. Le 8 août (18, nouv. st.) Amyas Paulet lui proposa une partie de chasse dans le parc voisin de TixalL Elle accepta avec allégresse. Depuis quelque temps , la chaleur de la saison et peut-être aussi Tespérance avaient raffermi sa santé. Cette partie de chasse n'était qu'un moyen concerté d'avance entre William Waad , envoyé à Chartley par Walsingham , et Amyas Paulet, pour la conduire dans une autre résidence sans qu'elle s'en doutât, la séparer de ses secrétaires avant qu'elle se fût entendue avec eux , et s'emparer de tous ses papiers *.

Sur la route de Chartley à Tixall , sir Thomas Gorges se présenta soudainement devant elle, en lui annonçant que le complot de Babington était dé-

* Tytler, t, VIII, p. 334, 338 et 339.

^ Waad, membre du conseil privé, était parti en poste de Londres le 3 août (13, nouv. st.), et avait eu une conférence secrète avec Paulet dans les champs pour arranger cette arrestation. Tytler, t. VIII, p. 336.

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