CHAPITRE X
en minute originale , ainsi qu'on lavait espérée D ailleurs, Elisabeth, qui vivait dans la terreur^ craignait, si Marie était mise en cause, de provoquer elle-même une entreprise désespérée contre sa personne ^ L'accusation fut donc uniquement poursuivie d'abord à l'égard de Babington , de Ballard , de Savage et de leurs complices. Accablés par l'évidence des preuves, ils se reconnurent tous cou-> pables et furent condamnés au supplice terrible réservé au crime de haute trahison ^. Afin d'effrayer ceux qui seraient tentés de suivre leur exemple , aucun des tourments prescrits par la férocité de la loi anglaise ne leur fut épargné. Le 20 septembre, Babington, Savage, Ballard, Bamewell, Tilney, Abington, Tichbourne, furent conduits à Saint** Giles^aux-Champs , où se tenaient leurs réunions, et on les éventra vivants en présence du peuple saisi de dégoût et d'horreur^. Aussi fut-on obligé le lendamain d'abréger et d'adoucir le supplice des sept ^ qui restaient.
En s'avouant coupable, Babington avait reconnu l'authenticité de sa correspondance avec Marie ^ et,
* &fs, letter, sir CfaHstopher Hattoo to Burghley, «ept. 1% Tyller, t. VIII, p. 339, 340.
> 2 Howel] , State trials, 1. 1, p. Uâ7 h U63.
^IbU,,p. 1156 et 1158.
^ Salisbury^ Donn, Jones, Charnock, Travers, Gage, Bellamy, Howell, t. I, p. 1158, 1160-61-62.
bien que la lettre qu il lui avait adressée et celle qu'il en avait reçue ne fussent produites qu'en copies , il en avait certifié le contenu par une déclaration formelle , et en les revêtant de sa signature à chaque page ^ Tichboume avait également avoué qu'il avait aidé Babington à déchiffrer la grande lettre de la reine d'Ecosse, dont Ballard et Donn confessaient avoir eu communication en copie ^. Cependant cette lettre n'était point écrite de la main même de Marie Stuart. Ses deux secrétaires , Nau et Curie, n'en avaient point d'abord confirmé l'exactitude. Ceux-ci avaient été conduits dans la maison de Walsingham et placés sous sa garde *. Pouvant être enveloppés dans le châtiment de leur maîtresse, s'ils servaient contre elle de témoins, ce qui les rendait aussitôt ses complices , ils avaient d'abord gardé un silence dû sans doute à la crainte autant qu'à la fidélité. C'est ce que comprirent en même temps Burghley * et Walsingham®, qui con-
* Hardwicke's S tôt. Pap., 1. 1, p. 227 et 228.
* Itnd., p. 228.
* Lettre de l'Aubespine de Châteauneuf à Henri III , du 3 sept. 1586. Ms. Bîbl. nat., n*" 9513, collect. de Mesmes, Lettres originales dÉtat, t. III, fol. 337. r- Life of Thomas Egerton, t. I, p. 230.
* Ms. letter, Burghley to sir Christopher Hatton , 4 sept; 1586. Tytler, t. VIII, p. 344.
' Ms. Stat. Pap. Off., Walsingham to Pfaelipps, sept. 4 1586. Tytler, ibid.