‹ Histoire de Marie StuartChapitre 165 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

chiffres pour me faire condamner à mort? n'a-t-il pas déjà conduit de sourdes trames contre ma vie et contre celle de mon fils'? »

Cette attaque directe et terrible émut Walsingham, qui se leva aussitôt, et dit avec la plus grande énergie : « Je prends Dieu à témoin que, comme particulier, je nai rien fait qui ne convînt point à un honnête homme, ni, comme serviteur de ma royale

de Marie Stuart que des deux projets d'invasioa et de fuite , et que Walsing^ham et Phelipps ayant renoncé à mentionner les six gentilshommes dans le post-scriptum , interpolèrent dans le corps même de la lettre les trois passages qui y sont relatifs h ces six gentilshommes, et dont le dernier est fort étendu. (Voir Tytler, t. VIII , p. 439 à 451 , Historical rernarks on the Queen ofScots* supposed accession to Babington*s conspiracy, et Labanoff, t. VI, p. 396 à 398.) Pour que celte supposition soit acceptée , il faut admettre que la lettre entière a été refaite par Phelipps, qui n'aurait pas trouvé dans la lettre originale la place nécessaire h Tintercalation des trois passages frauduleusement introduits entre les passages réels concernant Finvasion , le soulèvement de l'Angleterre et la délivrance de Marie , et que Babington ne s'en est pas aperçu. Il faut admettre aussi que Nau et Curie, pour se sauver, ont reconnu comme étant d'eux ces passages qui étaient de Phelipps ; se sont attribué l'œuvre de ce faussaire, qu'ils avouaient l'un avoir écrite , l'autre avoir chiffrée ; se sont donné une part dans le complot contre la vie d'Elisabeth, quoiqu'ils y fussent étrangers, et y ont enveloppé leur infortunée maîtresse, bien qu'ils la sussent innocente.

* Tytler, t. VIII , p. 361 , 362. — Camden , t. II, p. 498. — Howell , t. I , p. 1182. — Advis de M, de Bellièvre^ dans Egerton , p. 103.

mditresse , rien qui fût indigne de ma charge. Je me suis prononcé pour la culpabilité ^ parce que la sûreté de la reine et du royaume m'importe extraordinairement. J'ai recherché avec le plus grand soin toutes les pratiques dirigées contre la reine et cmitre le royaume, et si Ballard, ce traître^ m'eAt offert son aide pour y parvenir, je ne l'aorai» pcnnt re* poussé ' . >» Après qoelquesautres discassians^ laséance de la haute cour fut renvoyée au lendemain.

Ce second jour, Marie Stuart ne se défendit point en tout niant, comme elle l'avait fait la veille. Elle déclina de nouveau la juridiction de la cour *. Puis elle persista à maintenir son innocence. « J'aî souhaité , dk-elle , qu'il fût pourvu à la sûreté des catholique», mais je n'ai jamais voulu qu'cHi y arrivât par le sang et par le meurtre. J'ai préféré le rôle d'Esther à celui de Judith, et j'ai mieux aimé intercéder auprès de Dieu pour le peuple que priver de la vie le dernier du peuple^. » Elle admit cependant ses lettres originales à Morgan, à Paget, à Mendoza, qui ne pouvaient pas être désavouées, et reconnut même que ses secrétaires , agissant d'après ses ordres, avaient transmis certaines notes à Babington *.

< Howell, t. I, p. 118^^— Camdeiir t. II, p. 49^ — jidvis de M, de Beidèvre , dans Eg^erton ^ p. 10^.

* Howell, t, I , p. 1184. — Camden^ t. Il, p. 502. » Hcwett , p. 1185. — Caniden, U II , p. 502.

* Jdvis de M. de Bellièvre , dans Egerton, 1. 1, p. 10^.

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