‹ Histoire de Marie StuartChapitre 167 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

qui plaide ma cause; ou reine, je demande que Ton me croie Sur la parole d'une reine \ »

Mais elle ne parut plus devant les commissaires , et ne fut admise ni devant les chambres ni devant la reine. Les commissaires auraient prononcé tout de suite le jugement, sans les ordres secrets d'Elisabeth. Conformément à ce qu'avait écrit cette princesse*, dont ^indécision et la lenteur irritèrent l'impatience de Walsingham ^, les commissaires s'ajournèrent à Westminster, le 25 octobre. La reine du château y comme Burghley appelait ironiquement la pauvre prisonnière * , fut laissée à Fotheringay avec son intraitable gardien. Le 25 octobre , les commissaires se réunirent dans la chambre étoilée de Westminster. Ils recommencèrent l'examen de l'affaire , et firent de plus subir en leur présence un nouvel interrogatoire à Nau et à Curie, entendant ainsi à Fotheringay l'accusée sans les témoins , et à Westminster les témoins sans l'accusée.

Dans cette procédure , continuée au mépris des formes , comme elle avait été introduite au mépris du droit, il n'y eut aucune confrontation. Les se-

* Tytier, t. VIII, p, 364, 365.

^ Ms. letter, Brit, Mus. Caligula, c. ix, fol. 532. — Camden, t.ll, p. 506.

* Walsingham to Leicester, 15 oct. 1586. — Brit. Mas. Caligula, c. ix, fol. 415.

* Burgfhley to Davisoa, 15 oct. 1586. Ellis, vol. I, p. 18.

crétaires de Marie Stuart confirmèrent de vive voix leurs anciennes dépositions, et le même jour les commissaires prononcèrent unanimement la sentence de condamnation de la malheureuse reine ^ Cette s^tence^ signée par tous les commissaires^ portait que, depuis le l*"" juin de la vingt-septième année du règne d'Elisabeth , diverses trames avaient été ourdies par Anthony Babington et autres y au su de la reine d'Ecosse ^ laquelle , prétendant à la couronne d'Angleterre , avait pris part à ces complots , dotit l'objet était le renversement et la mort de la reine leur sou-* veraine '. Politiques adroits en même temps que juges impitoyables, les commissaires, dirigés par Burghley , voulant ménager le fils en sacrifiant la mère, déclarèrent que leur sentence ne préjudiciait en rien à l'honneur et aux droits du t*oi d'Ecosse *, auqud ils conservèrent la perspective du ti*ône pour le détourner de ses devoirs par des intérêtst

Quelques jours après , le parlement fut assémUé à Westminster. Il sanctionna la condamnation de la reine d'Ecosse * , que la vindicative mais prudente Elisabeth n'entendait faire périr que par un acte

* Howell, t. I, p. 1188, 1189. — Hardwicke, t. I, p. 249, 250. —Lettre de Châteauneuf à Henri ÎII, du 5 nôv. 1586. Ms. de la fiîbl. nat., n» 9513; Coll. de Mesmes, t. lïl, fol. 389, et dans Egerton, 1. 1, p. 88.

« Howèll, t. Ij p. 1189. «— Camden, U II, p. 60©. » IbU, — Camden, t. II, p. 507.

* Howell, 1. 1, p. 1190. ^Camden, t, ÏI, p* 50S.

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