‹ Histoire de Marie StuartChapitre 168 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

combiné de la justice et de la volonté nationales. Les lords et les membres des communes , avec un mélange de reconnaissance et de fanatisme $ de dé«» vouement et de cruauté, remercièrent la providence de Dieu et la sagesse de la reine d'avoir déjoué la conspiration qui menaçait la vie de leur excellente et gracieuse souveraine , dans la sûreté de laquelle consistait leur seule félicité, qui aurait ruiné l'heureux état d'un si noble royaume, aurait soumis les vrais serviteurs du Tout-Puissant et l'indépendance de cette belle couronne à la tyrannie romaine *, et ils demandèrent que la reine d'Ecosse fût enfin punie pour ce détestable complot et pour tous ceux qu'elle avait tramés précédemment, u En négligeant de le faire, disaient-ils à Elisabeth, vous encour^ riez le déplaisir céleste et vous vous exposeriez aux châtiments de la justice de Dieu, qui nous en a laissé plusieurs sévères exanples dans les Écritures

sacrées**

Elisabeth leur répondit en remerciant avec une reconnaissance profonde la bonté divine de l'avoir miraculeusement préservée de tant de dangers. Elle se montm touchée du dévouement cordial de ses sujets, qui, après vingt-huit années de règne , laissaient éclater plus de bonne volonté envers elle que le jour où elle était montée sur le trône ^. Elle s'ex-

' Hotvell, p. 1190. — * tbid., p. I19â. » /6W., p. 1192, 1193. — Catnden, t. II, p. 508, 509.

prima sur rinfortunée dont on lui demandait la mort avec plus de douleur que de haine , et termina son discours en leur disant : « Ne pressez pas mes résolutions ; c'est ime matière de grande conséquence, et sur de moindres objets j'ai pour coutume de délibérer plus longtemps avant de me décider. Je prierai le Dieu tout-puissant d'éclairer mon esprit et de me faire voir ce qui doit servir au bien de son Église, à la prospérité de mon peuple et à votre propre sûreté \ »

Deux jours après, l'esprit agité des pensées les plus incertaines et comme ne pouvant prendre une aussi terrible résolution, elle envoya le lord chancelier à la chambre haute, et l'orateur des communes , Puckering, à la chambre basse, pour les prier l'une et l'autre de chercher s'il n'y aurait pas quelque moyen plus doux de pourvoir à sa propre sûreté en épargnant la vie de la reine d'Ecosse *. Les deux chambres en délibérèrent de nouveau, et répondirent tout d'une voix, le 18 novembre, que la reine d'Angleterre serait en danger tant que vivrait la reine d'Ecosse, parce qu'un repentir de sa part ne saurait être ni espéré ni sincère; parce qu'un emprisonnement plus étroit, avec des promesses écrites et des otages donnés, serait vain aussitôt que la reine d'Angleterre aurait été tuée; parce que son éloigne-

* Howell, p. ll94.~Camden, U H, p. 509 à 511. ^fbid.,p. 1194, 1195.

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