CHAPITRE XL
ik annoDcèreat» le 10 novembre, à cette prin* cesse, dont le tranquille courage égala Textrénie malheur, que les juges avaient prononcé sa sen-* tence, que les chambres du parlement lavaient ratifiée ; qu elles en avaient de plus requis lexécutioii immédiate et qu elle eût à se préparer à mourir, sa vie étant incompatible avec celle de leur souveraine et avec le maintien de leur religion, Marie les écouta sans aucun trouble et remercia Dieu de ce qu elle était regardée comme un instrument propre à rétablir la religion catholique et appelée à verser son sang pour elle *, Les envoyés d'Elisabeth li]^i ayant dit alors qu elle ne parviendrait jamais à pas* ser pour sainte et pour martyre^, étant condamnée à mourir, pour avoir comploté le meurtre et la dépos» session de la reine d'Angleterre, elle continua à repousser vivement cette accusation. Elle repoussa aussi avec douceur niais avec fermeté l'offre qu'on lui fit d'être assistée par un évêque ou un doyen anglican, et demanda les secours spirituels de son chapelain , dont elle avait été séparée depuis quelque temps.
A dater de ce jour, Paulet, sans respect pour son incomparable infortune, agit envers elle avec une dureté insolente. Il entra dans sa chambre hardiment et lui dit qu elle ne serait plus traitée comme
* Labanoff , t. VI, p, 467. — « ItwL, p. 468.
une reine , mais comme une fetnme ordinaire légalement morte ', et il ordonna qu'on y abattit le dais surmonté de ses armes. Marie lui montra , au lieu de ses armes, la croix de Jésus-Christ*, et lui répondit noblement qu'elle tenait de Dieu la dignité de reine, et quelle la rendrait à Dieu seul, avec son
âme *.
Se croyant près de mourir, et toujours privée de son chapelain, elle écrivit au pape pour lui demander son absolution , sa bénédiction et ses prières. Avec le salut de son âme, elle recommandait à Sixte-Quint les intérêts spirituels de son fils ; elle remettait au pontife romain sa propre autorité sur lui, le priait de lui servir de père , et de le ramener à la foi de ses ancêtres; elle exprimait le désir que son fils, sous la direction du pape , du duc de Guise et de Philippe II, se rendît digne d'entrer dans la famille du roi catholique en épousant sa fille, u Voilà, continuait-elle, le regret de mon cœur et la fin de
mes désirs mondains Je les présente aux piedz
de Votre Sainteté que très-humblement je bayse *. »
* Labanoff, t. VI, p. 469.
' {( Je leur ai moDstré , au lieu de mes armes audit days , la croix de mon Sauveur. » Lettre de Marie Stuart au duc de Guise, du 24 nov. 1586, dans Labanoff, t. YI, p. 464.
* Lettre de Marie Stuart à l'archevêque de Glasg;ow, Und,, p. 469.
* Cette lettre de Marie Stuart à Sixte-Quint, extraite des