‹ Histoire de Marie StuartChapitre 172 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

respecta mondains mis à psut; et quant à moy, je m'estime née, du côté paternel et maternel, pour offrir mon sang en icelle, et je n ay intention de dégénérer \ »

Elle adressia en même temps à Elisabeth ses derniers désirs en ces termes pathétiques ^ ; « Madame, je rends grâce à Dieu de tout mon cœur, de ce qu'il luy plaist de mettre fin par vos arrests au pèlerinage ennuyeux de ma vie. »le ne demande point qu elle me soit prolongée , n'ayant eu que trop de temps pour expérimenter ses amertumes. Je supplie seulement Votre Majesté que, puisque je ne dois attendre aucune faveur de quelques ministres zélez qui tiennent les premiers rangs dans l'Estat d'Angleterre, je puisse tenir de vous seule, et non d'autres, les bienfaits qui s'ensuyvent.

» Premièrement je vous demande que , comme il ne m'est pas loisible d'espérer une sépulture en Angleterre selon les solennitez catholiques , pratiquées par les anciens rois vos ancestres et les miens, et que dans l'Ecosse on a forcé et violenté les cendres de mes ayeuls, quand mes adversaires seront saoulez

* Labanoff , t. VI, p. 462, 463, 464.

2 Cette lettre, imprimée dans Jebb, vol. Il, p. 91, 92, et dans Labanoff, t. VI, p. 444 à 446, est tirée de la Fraye histoire de Marie Stuarty par N. Caussin, publiée à Paris en 1624. La lan^e , un peu changée , n'est plus celle de. Marie Stuart, mais bien celle du commencement du dixseptième siècle.

démon sang innocent, mon corps soit porté par mes domestiques en quelque terre saincte pour y estre enterré, et surtout en France, où les os de la reyne ma très honorrée mère reposent , afin que ce pauvre corps, qui n'a jamais eu de repos tant qu'il a esté joint à mon ame, le puisse finalement rencontrer alors qu'il en sera séparé.

» Secondement, je prie Voti'e Majesté, pour Fappréhension que j'ay de la tyrannie de ceux au pouvoir desquels vous m'avez abandonnée, que je ne sois point suppliciée en quelque lieu caché, mais à la veue de mes domestiques et autres pei*sonnes qui puissent rendre tesmoignage de ma foy et obéyssance envers la vraye Église, et défendre les restes de ma vie et mes derniers soupire contre les faux bruits que mes adversaires pourroieht faire courir.

î) En troisième lieu, je requiers que mes domestiques, qui m'ont servy parmy tant d'ennuys et avec tant de fidélité, se puissent retirer librement où ils voudront et jouyr des petites commoditez que ma pauvreté leur a léguées dans mon testament.

» Je vous conjure. Madame, par le sang de Jésus- Christ, par nostre parenté, par la mémoire de Heori septiesme, nostre père commun , et par le titre de reyne que je porte encore jusques à la mort, de ne me point refuser des demandes si raisonnables et me les» assurer par un mot de vostre main; et là dessus

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