‹ Histoire de Marie StuartChapitre 177 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

dres le traître Archibald Douglas, ne visait qu'à se ménager la succession d'Angleterre et à entretenir de bons rapports avec Élisabefh. Il l'avait félicitée de la découverte de la nouvelle conspiration ^ et, en apprenant la triste position de sa mère, il dit durement qu'elle avait manqué à ses promesses envers la reine d'Angleterre , et qu'il fallait qu'elle bût la boisson qu'elle avait brassée ^. Courcelles, lord Hamilton et George Douglas, qui était resté fidèlement attaché à Marie Stuart depuis qu'il l'avait tirée du château de Lochleven , lui représentèrent , d'abord vainement, le tort qu'il se ferait s'il laissait juger et condamner sa mère.

Jacques VI, qu'Elisabeth avait instruit, par l'envoi de Robert Beale^, de tout ce que Marie Stuart avait tramé à ses dépens avec Claude Hamilton et le roi d'Espagne, répondit que sa mère n'avait pas pour lui plus de bonne volonté que pour la reine d'Angleterre; qu'elle avait songé à le réduire à la seigneurie de Darnley, à mettre un régent en Ecosse, et à le priver du royaume ; qu'il était assuré que la reine d'Angleterre n'attenterait pas à sa personne

* Ms. State Pap. Off., Master of Gray to Burg^hley, 10 septerabre 1586.

* Courcelles à Henri III, le 4 octobre. Ms. Bibl. nat., n*» 9513, et Egerton, p. 81 •

* Lettre de Châteauneuf à Henri HI, du 11 sept. 1586. Ms. de la Bibl. nat., n« 9513, et Egerton, p. 76.

sans le lui faire savoir, et que sa mère ne devait plus se mêler d'autre chose, désormais, que de prier Dieu '. Il refusa d'envoyer quelqu'un à Londres, ou d'y écrire, pom' intercéder en sa faveur. Il est vrai qu'il ne la croyait point en péril ** La noblesse écossaise était indignée, et^ plutôt que de souffrir les traitements dont Elisabeth menaçait leur ancienne reine , en affectant ainsi une supériorité insultante pour leur pays, Angus, Claude Hamilton, Hundy, Bothwell, Herries et les principaux barons déclarèrent qu'ils aimaient mieux prendre les armes et risquer la guerre *.

Lorsque la mise en jugement de Marie Stuart avait fait craindre sa condamnation, l'Ecosse presque entière s'était émue , et Jacques VI s^était décidé à envoyer à Londres William Keith, en adressant une lettre assez ferme à Elisabeth et une note menaçante à Walsingham*. Keith eut ordre de se joindre aux ambassadeurs de France pour sauver la mère de son roi. Il remplit sa mission avec fidélité , mais sans succès. Ayant instruit Jacques YI de son peu d'espérance, il reçut de lui une lettre remplie cette fois

^ Môme dépêche de Courcelles k Hedri III, du 4 octobre. Ms. de la Bibl. nat., n^" 9513, et dans Ëgertoii) pi 82^ et k dépêche de Courcelles à Henri III du 31 oct. 1586« IUd.y et dans Eg^erton, p. 87.

» Ibid, — » ibid.

*Tytler, t. VIII,p. 379.

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