CHAPITRE XI
monde et me préparant pour ung meilleur , je vous ramentois que ung jour vous aurés à respondre de vostre charge aussy bien que caulx qui y «ont envoyez les premiers '• »
Telles étaient encore les craintes de Marie Stuart, lorsque Robert Beale arriva à Fothéringay le 5 février*. Il avait amené avec lui le bourreau de Lon*
* Labaoofjf, t. VI, p. 479.
^ Rob. Beale était parti de Londres le samedi soir, 4 d'après l'ancien calendrier dont se serraient encore les Anglais, 14 d'après le calendrier réformé par Grégoire XIII, dont se servaient les États catholiques du continent. « ...S'en alla au chasteau de Fotheringhai, où estoit la royne prisonnière, le dimanche cinquième dudit mois (15* selon la réformation du kalendrier). o La Mort de la royne dEscosse, douairière de France y où est contenu le vray discours de la procédure des Anglois à l'exécution d'icelle, la constante et royalle ré« solution de Sa Majesté défuncte , ses vertueux déportements et derniers propos, ses funérailles et enterrement, etc., dans Jebb , De vita et rébus gesits serenisshnœ princîpis Mariœ ScO'torum reginœ, etc., t. II, p. 612. — Je citerai souvent cet écrit, qui fut publié au commencement de 1589 à Paris, d'après les souvenirs très-récents et les récits très-circonstanciés des serviteurs de Marie Stuart à leur arrivée en France , notamment de Bourgoin, son médecin, qui ne la quitta point et qui y figure beaucoup. Voici ce que l'auteur, en s'adres-* sant au lecteur cathotic, dit des soins qu'il a pris pour ra« tracer cette Histoire funèbre de la royne ctEscosse : « Pour à quoy parvenir et t'en rendre la pure et sincère véx^ité , sans fard ou transport d'affection particulière , je n'ay rien laissé derrière de ce qui s'est peu descouvrir, tant en Escosse, en
dr€8, et, après avoir communiqué à Paulet et à Drury l'ordre de la reine et les volontés du conseil, il s'était transporté auprès des comtes de Kent et de Shrewsbury pour leur présenter la commission royale qu'ils étaient chargés de faire exécuter le 8 au matin. Les deux comtes ^ le secrétaire du conseil privé et le shériff du comté de Northampton , s'étaient rendus à Fotheringay, où ils étaient tous le 7 avant midi *. A la vue de ce concours inaccoutumé, les pauvres serviteurs de la reine d'Ecosse se doutèrent du malheur qui les attendait*, et furent saisis d'un trouble inexprimable. Quant à Marie, elle
Angleterre , qu'en France , mesme par Tayde de ceux qui pourroîent rendre vrey tesmoignage pour s'estre trouvés en toutes les actes, tant du vivant qu'au decéz et funérailles de Sa Majesté, desquels (les ayant pratiquez en familiaire et ordinaire conversation ) m'enquestant par le mesnu avec les mémoires des rapports verbalement faicts par les serviteurs de Sa défuncte Majesté, au roy de France et grands seigneurs de ce royaume. » Jebb, t. II, p. 609, 610.
*■ tt Le dict sieur Bêle mena avec luy le bourreau de ceste ville qui fut babillé tout de veloux noyr, ainsy que j'entends, et partirent la nuit du sabmedy au sçoyr assés secrettement. » M. de Châteauneuf au roy, 27 févr. 1587. Bibl. nat., fonds de Béthune, n*» 8880, fol. 7, et Jdvis sur" [exécution de la royne dEscosse^ par M. de la Chastre. Ibid.f collection des 500 de Colbert, t. XXXV, pièce 45.
^ « Tous les serviteurs furent soudainement esperduz et entrèrent en une extrême crainte de ce qui estoit à advenir. » La Mort de la royne dEscossey etc., dans Jebb, t II, p. 612.