CHAPITRE XL
sion , lui demandant pardon des offenses qu'ils pouvaient avoir commises contre elle'. Elle leur dit qu elle leur pardonnait de très-bon cœur et les priait de lui pardonner aussi les mécontentements qu'elle pouvait leur avoir causés *. Elle les exhorta à demeurer fermes dans la religion catholique, à vivre en paix et en amitié les uns avec les autres *. Nau fut le seul dont elle parla avec amertume, l'accusant d'avoir souvent répandu la discorde parmi eux , et d'être la cause de sa mort^. Elle se retira ensuite à part, et écrivit de sa main, pendant plusieurs heures, des lettres et son testament*, dont elle fit le duc de Guise principal exécuteur®. Comme la plupart des legs qu'elle laissait ne pouvaient être acquittés que
* a Sur la fiu du souper commanda qu'on fist venir tous ses serviteurs, et se fist donner une coupe de vin, et beut à eux tous ensemble, demandant s'ils ne la vouloîent pas piéger; leur fist donner du vin , et chacun se mit à genoux , meslant les larmes avec le vin, beut à Sa Majesté, lui demandant pardon de ce qu'ils la pouvoient avoir offencé par le passé. » Jebb, t. H, p. 626. — Camden, t. II, p. 534.
« Jebb, t. II , p. 626. — 3 Ibid. '
* Ibid,y p. 626. Déjà, dans l'entrevue avec les deux comtes, elle avait demandé des nouvelles de Gurle et de Nau ; et, ayant appris qu'ils vivaient encore, elle avait dit : a Quoy, je mourray et Nau ne mourra pas. Je proteste que Nau est cause de ma mort. » Ibid., p. 621.
^ Ibid., p. 628, 630.
* Voir son testament, daté du 7 février, dans la nuit. Labanoff, t. VI, p. 485 à 491.
sur «on douaire ^ qui retournerait au roi de France quand elle serait morte » elle reconunanda instam* ment à Henri III sa mémoire et ses dernières dispositions, tt Vous avfôK toujours protesté maymer^ lui disait-elle ^ montrez-le moi maintenant en me soula* géant, par charité, de ce que je ne puis sans yous^ qui est récompenser mes serviteurs désolés, leur lais* saut leurs gaiges, et en faisant prier Dieu pour une royne qui a esté nommée très^hrestienne, et meurt catholique, dénuée de tous ses biens ^ »
Quand elle eut fini d'écrire ^ il était près de deux heures du matin. Elle mit dans un coffre son t^tament et ses lettres ouvertes en disant qu'elle ne voulait plus s'occuper des affaires de ce monde et ne devait songer qu'à paraître devant Dieu*. Elle avait adressé une lettre à son aumônier , qui était dans le château, pour lui demander de passer avec elle la nuit en prières, et de lui envoyer son absolution, puisqu'on n'avait pas permis qu'elle se confessât et qu'elle reçût le dernier sacrement de ses mains*. Elle se fit laver les pieds *, et chercha dans la Vie des Saints, que ses filles avaient coutume de
» Labanoff , t. VI, p. 403.
> La Mort de la royne ctEscosse, dans Jebb, p. 632*
* Cette lettre est dans Jebb, U II, p. 627, 6â8, dans le ré* cit de la Mort de la royne dEscosscy et aussi dans LabanofF, t. YI, p. 483, 484.
* La Mort de la royne ctEscosse, dans J#bb^ p; 632.