‹ Histoire de Marie StuartChapitre 19 sur 224 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

doutables qu'aurait la diffamation de votre reine, et voyez s'il ne serait pas plus à propos qu'elle confirmât son abdication et que les lettres écrites de sa main fussent supprimées ' . »

Murray fut frappé de ces considérations. Il répondit cependant que les lettres ne pouvaient pas être supprimées, plusieurs personnes les ayant vues et le parlement d'Ecosse en ayant reçu communication. La reine n'en retirerait aucune utilité, et lui encourrait l'ignominieux reproche d'avoir avancé une accusation dont il n'aurait plus les preuves*. Il ne consentit point à détruire les lettres, mais le duc le détourna d'en faire usage. — w Jamais, lui dit-il, ni la reine ma maîtresse ni moi ne donnerons aucune décision sur l'affaire que vous venez nous soumettre. Il vous sera facile de vous en convaincre. A la prochaine conférence , lorsque je vous demanderai les chefs d'accusation pai* écrit, exigez, avant de les remettre et de les soutenir, un acte signé de la main de la reine d'Angleterre qui s'engage à prononcer une sentence, après que vous aurez prouvé voti'e accusation. Si elle vous le refuse, comme elle le fera , vous n'aurez plus aucun doute sur la vérité de mes observations et vous aurez un juste motif de ne pas passer outre ^. >'

* Robertson, Pièces historiques, n" XXXUI.

^ Ibid.

» Melvil, t. I, liv. m, p. 300, 301.

38 MARIB STUART.

Murray se dirigea d après lea avis du duc de Noi^folk, qu'il cconmuniqua à Lethington et à J. Melvil ' , et qu'il laissa ignorer aux autres commissaires écossais. Il résolut donc de se justifier lui-même sans attaquer à fond la reine sa sœur, Le 8 octobre, les commissaii'es de Marie Stuart» après avoir déposé la veille une protestation écrite pour maintenir le droit et l'indépendance de la reine leur maîtresse ^, exposèrent devant la conférence les derniers événements survenus en Ecosse, s'élevèrent avec forœ contre la rébellion des lords, et contre les excès auxquels ceux-ci s'étaient livrés en combattant, emprisonnant, dépo^iant leur souveraine, e^ substituant une régence illégale à l'autorité régulière de la couronne, en contraignant la reine échappée de leurs mains et poursuivie par leurs armes,, à chenx)ber un refuge en Ajpgleterre ', Ils exprimèrent l'espoir que la reine d'Ecosse serait promptement rétablie par la reine d^Angleterre dans son pays et sur son trône*.

Au lieu d'être agressif, comme on s'y attwdait, Murray ^ contmta de se défendra. L'odieux ma*

* « Le régent prit cet avis du duc en bonne part , et n'en dit rien qu'au secrétaire Ledingfton et à moi. u Melvil, 1. 1 , Uy, m, p, 301 ^

* Anderson, t. IV, part, ii, p. 4-9.

* Lettre des commissaires anglais à Elisabeth du 9 octobre 1568, dans Aqder^oa, t, IV, part, u, p, 4ifc, 43^ et Biahop Leslie's Negotiations. Anderson, t. III, p. 15, 16.

* Goodall/t. Il, p. iaa> 12a, et Tytler, t. VII, p, 340.

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