‹ Histoire de Marie StuartChapitre 20 sur 224 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

riage de la reine avec Bothwell, le danger auque avait été exposé le prince royal , la nécessité de l'en préserver et de soumettre sa mère à une détention momentanée, la résignation que cette princesse avait faite volontairement de la couronne et l'adhésion qu'elle avait donnée à la régence établie pendant la minorité de son fils : telles furent les raisons qu'il allégua pour expliquer la conduite des lords et justifier sa propre autorité. Du reste, il n'incrimina point Marie Stuart au sujet du meurtre de son mari * . Les défenseurs de la reine , dont ces ménagements rendaient la tâche facile , répliquèrent que le mariage avec Bothwell lui avait été imposé par les lords eux-mêmes, qui avaient désigné Bothwell, après son acquittement, comme un mari convenable poui* elle. Murray, à la grande surprise des siens et à leur extrême mécontentement, ne répondit rien et dé* clara qu'il ne voulait pas dire un mot de plus'.

Le silence du régent donnait un tour inattendu à la lutte engagée, et changeait la position de la reine d'Ecosse vis-à-vis de la reine d'Angleterre. Elisabeth

* Bp. Leslie's Negotiations. Anderson, t. III, p. 16, 17, 18. — Goodall, t. II, p. 144, 149.— Dépêche de La Motfae Fé- Qeloa à Charles IX du â9 novembre 1568, t. I, p. 17 et 18, dans le Recueil des dépêches, rapports, instructions et Wmoires des ambassadeurs de Francç en Angleterre et en Ecosse pendant le XFl" siècle, publié par M. PurtQq CoQpQr. Londres et Paris, 1838, 7 vol. in-8°.

^ïytler, t. Vll,p, 242.

n'avait plus aucun motif d'éloigner Marie Stuart de sa présence et de la retenir captive. Cependant Murray n'avait pas renoncé entièrement à employer les moyens terribles qu'il avait entre les mains. Selon le conseil de Norfolk, il s'était adressé tout à la fois à la reine Elisabeth et à la reine Marie, pour les contraindre l'une à s'expliquer, l'autre à transiger. Dans une conférence particulière qu'il avait eue avec les commissaires anglais, il leur avait exposé ses scrupules à accuser la mère de son souverain d'avoir participé au meurtre de son mari, et il leur avait demandé si la reine d'Angleterre , dans le cas où il donnerait les preuves de cette participation, prononcerait la culpabilité de Marie Stuart, soutiendrait le gouvernement du jeune roi, approuverait la conduite qu'il avait tenue lui-même et le maintiendrait dans la possession de la régence ^ D'un autre côté, il faisait proposer secrètement à sa sœur par Robert Melvil, qu'il avait envoyé à Bolton, d'éviter l'accusation dont elle était menacée, en ratifiant les actes de Lochleven et en consentant à demeurer en Angleterre, sous la protection d'Elisabeth, avec un revenu approprié à sa dignité royale*.

* Anderson , t. IV, part, ii , p. 43 , 44 , 46, 47, et 55, 56, articles proposed by the earl of Murray to the conimissioner of the queen of England at York.

* Déclaration of Robert Melvil , *Hopetoan ms. — Rnollys à Cecil, 25 octobre 1568, au Stat. Pap. Off. , et dans Tytler, t. VII, p. 247.

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