‹ Histoire de Marie StuartChapitre 190 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

tout ce qu'il savait et tout ce dont il allait être témoin. « Ce sera, dit Melvil, le plus douloureux message dont j'aie jamais été chargé, que celui d'annoncer que la reine ma souveraine et chère maîtresse est morte ^ » — « Tu dois plutôt te réjouir, bon Melvil, lui répliqua*t-elle en employant pour la première fois cette familiarité de langage ', de ce que Marie Stuart est arrivée au terme de ses traverses. Tu le sais, ce monde n'est que vanité , plein de troubles et de misères. Porte ces nouvelles que je meurs ferme en ma religion , vraie catholique , vraie Écossaise, vraie Française. Dieu veuille pardonner à ceux qui ont désiré ma fin ; le juge des secrètes pensées et des actions des hommes sait que j'ai toujours souhaité l'union de l'Ecosse et de l'Angleterre. Recommande-moi à mon fils, et dis4ui que je n'ai jamais rien fait qui pût préjudicier au bien du royaume , à sa qualité de roi, ni dérogé en rien à notre prérogative souveraine '. w

* La Mort de laroyne ctEscosse^ dans Jebb, p. 635.

* a II' est à noter que la reyne n'avoit jamais accoustumé d'user de ce terme ^ tu, à quelque personne qu'elle parUt. >» Ibid., p. 635.

» Voir ce discours dans : J Reporte of the manner of the exécution of the Scots Queene, etc., tiré des ms, de la bihl. Cotton. Galigula, IX, fol. 465, avec une dédicace à lord Burgbley, par M. H. EUis, qui la publié dans le 3« vol. de la 2* série de Original Letters ilUistrative of English historyy

Elle demanda alors aux comtes de Shrewsbury et de Kent qu'il fût pardonné à son secrétaire Curie, et que ses serviteurs et ses femmes fussent admis à la voir mourir. Le comte de Kent objecta que ce n'était point la coutume de laisser des femmes assister à de pareils spectacles , et crai^it qu'elles ne causassent du trouble par leurs cris et peut-être du scandale en voulant tremper leurs mouchoirs dans son sang^ « Mylord, lui répondit Marie, je vous engage ma parole qu'ils ne feront rien de semblable à ce que vous venez de dire. Hélas! ces pauvres âmes, elles seront contentes de prendre adieu de moi. Et je suis sûre que votre maîtresse , qui est une reine vierge, ne refuserait pas à une autre reine d'avoir ses femmes pour l'assister au moment de la mort. Elle ne peut pas vous avoir donné des ordres aussi rigoureux. Elle me concéderait plus, même si j'étais une personne de moindre rang; et pourtant, Mylords," vous savez que je suis la cousine de votre reine. Certainement vous ne me refuserez pas cette dernière demande. Mes pauvres filles ne désirent rien , que de me voir mourir*. » Les deux comtes,

p. 113 à 118. A quelques mots près, il est semblable à celai qui est dans Jebb, p. 635.

* A Reporte ofthe manner ofthe exécution^ etc., dans Ellis, t. III, 2* série, p. 114, et la Mort de la royne'ctEscosse, dans Jebb, t. Il, p. 635.

> Ilnd., Ellis, p. 114, et Jebb, p. 635, 636. — Camden, t. lï, p. 535.

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