CHAPITRE XL
sied mieux au chrétien qui va mourir que l'image de son Rédempteur*. »
Lorsqu'elle eut achevé, à genoux, les trois psaumes Miserere md, DeuSj etc.; In te, Domine^ speravi^ etc.; Qui habitat in adjutorio^, elle s adressa à Dieu en anglais, et le supplia de donner la paix au monde, la vraie religion à TAngleterre, la constance à tous les persécutés , et de lui accorder à elle-même l'assistance de sa grâce et les clartés de l'Esprit-Saint à cette heure suprême. Elle pria pour le pape , pour l'Église , pour le$ monarques et les princes catholiques, pour le roi son fils, pour la reine d'Angleterre, polir ses ennemis; et, se recommandant ellemême au Sauveur du monde*, elle finit par ces paroles : » Comme tes bras. Seigneur Jésus- Christ, étaient étendus sur la croix, reçois-moi de même entre les bras étendus de ta miséricorde* ! » Sa piété était si vive , son effusion si touchante, son courage si admirable, qu'elle avait arraché des larmes à presque tous les assistans ^.
La prière finie , elle se releva. Le terrible moment
* Martyre de Marie Stuart, etc.^ dans Jebb, t. II, p. 307, et aussi Fita Mariœ Stuartœ , Scoûœ reginœ, etc., scriptore Georgio Conaeo, Scoto, dans Jebb, t. II, p. 47,
* La Mort de la royne dEscossey etc., dans Jebb, p. 638.
* Jebb, p. 638 et p. 100. — Cauideu , t. II , p. 536.
* md,y p. 638.
était arrivé, et le bourreau s approcha d'elle pour Paider à se dépouiller d'une partie de ses vêtetneats ; mais elle Fécarta et dit en souriant qu elle n'avait jamais eu de pareils valets de chambre ^ Elle appela Jeanne Kennedy et Elisabeth Curie, qui étaient restées pendant tout ce temps à genoux * au pied de 1 echafaud , et elle commença à se déshabiller avec leiu* aide, ajoutant qu'elle n'avait pas coutume de le faire devant tant de monde '. Les deux désolées jeunes filles lui rendaient ce triste et dernier office en pleurant. Pour arrêter l'explosion de leur douleur, elle mettait son doigt sur leur bouche, et leur rappelait qu elle avait promis en leur nom qu'elles montreraient plus de force *. « Loin de pleurar, réjouissez^ vous, leur disait-elle; je suis bien heureuse de sortir de ce mmide et pour une aussi bonne cause ^. » Elle déposa son manteau , ôta son voile , et ne cons^*va qu'une jupe de taffetas velouté rouge. Elle s'assit alors sur son siège et donna sa bénédiction à tous ses serviteurs qui pleuraient*. Le bourreau lui demanda pardon à genoux. Elle répondit qu'elle Faccordait à tout le monde''. Elle embrassa Elisabeth Curie et Jeanne Kennedy, les bénit en faisant le signe de la croix sur elles, et, après que Jeanne
* Jebb, p. 639. — * Ibid,, p. 636. -- » Ibid., p. 639.
* Ibid., et Ellis, t. III, p. 116, 117. — « lind., p. 639.
* Ibid.y p. 640,
' /6îf/., p. 100, la Vie de tincomparàble Mmne Stuarty etc.