‹ Histoire de Marie StuartChapitre 195 sur 224 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

vénérées ne fussent transformées en reliques. Ils les brûlèrent '. Ils mirent le plus grand soin à empêcher qu'on ne conservât rien de ce qui avait été taché de sang, dont ils firent disparaître toutes les traces^. Au moment où on releva le corps pour le transporter dans la chambre de cérémonie du château, afin de l'y embaumer, on aperçut le petit chien favori de Marie qui s'était glissé sous le manteau, entre la tête et le cou de sa maîtresse morte. Il ne voulait pas quitter cette place sanglante, et il fallut l'en aiTacher *. Le corps de la reine d'Ecosse, après qu'on en eut enlevé les entrailles, qu'on enterra secrètement, fut embaumé avec assez peu de respect , enveloppé d'un linceul ciré, mis dans un cercueil de plomb *, et laissé à l'abandon, jusqu'à ce que Elisabeth fixât le lieu où il devait être déposé ^.

* Le vray rapport de t exécution, etc. Bibl. nat., Harlay Saint-Germain, n"" 222, t. II, fol. 30; et dans Tculet, t. II, p. 882, 883.

» /6m/., et Jebb, p. 641. — Ellis, p. 117, 118. 3 Jebb, p. 641.— Eliis, p. 117.

* Le vray rapport de texécution, etc. Ms. de la Bibl, nat., et dans Teulet, t. H, p. 883. — Jebb, p. 645, 646.

* « Le corps de Sa Majesté fut embaulmé tellement quellement, et mis avec la tête dans un cercueil de plomb, et celuy-ci dedans un autre de bois , el le laissèrent en ladite g^rande chambre jusques au premier jour du mois d'aoust, sans qu'il fut permis, durant tel temps, à personne d'en approcher, les Ang^lois s*apercevant qu'aucun des siens Talloient voir par le trou de la serrure de la porte et y prier

Pendant plusieurs heures les portes du château restèrent fermées , et personne nen put sortir qu* a« près le départ de Henri Talbot S fil^ du grand maréchal Shrewshury, qui en porta à Elisabeth le récit rédigé par Beale^ et signé des deux comtes, ainsi que des principaux témoins '. Parti dans la journée du 8 , il arriva le lendemain matin à Greenwich, où se trouvait la reine. Le même jour, dans l'aprèsmidi, la nouvelle s'en répandit à Londres, dont les habitants apprirent la mort de la reine d'Ecosse avec les tran^orts fanatiques qu'ils avaient montrés quelques mois auparavant, lors de sa condamnation. Toutes les cloches de la ville sonnèrent, et des feux de joie furent allumés dans toutes les rues *.

Quel fiit l'effet produit par cette tragique et audacieuse exécution sur les rois de l'Europe, et quelles en furent les suites pour Elisabeth?

Dieu , le firent bouscher. » La Mort de la royne €t£scos$e , dan» Jebb, t. II, p. 646.

* ïbid., p. 641.

^ Le vray rapport, etc. Bibl. nat., et dans Teulet, t. II, p. 881. -^Eliis, t. m, p* lia.

* Chàt^uneuf au roy. Dépêche du 37 févr. Bibl. nat., fonds de Béthune, o? 8880, et dans Teulet, t. II, p. 893.

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