‹ Histoire de Marie StuartChapitre 21 sur 224 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Afin de montrer qu il était en mesui^ de porter le coup qu'il venait seulement de suspendre , il fit communiquer par Lethington , Makgill et Buchanan , aux commissaires anglais, mais d'une manière privée, les papiei's que renfermait la cassette d'argent' . Après les avoir lus, les commissaires d'Elisabeth écrivirent à cette princesse que la chose leur paraissait aussi manifeste que détestable , et que si les lettres de la reine d'Ecosse étaient réellement de sa main , elles off raien t une preuve concluante de sa culpabilité * . Le

*■ A letter to Queen Ëlizabeth froin her coniinissionners at York the xi*"" of october 1568, dans Atiderson, t. IV, part. II, p. 58.

* « Afterwards, dirent les commissaires dans leur lettre du 11 octobre à Elisabeth, they (les Écossais) shewed unto' us one horrible and long letter of her own hand, as they saye, conteyning foule matteir, and abominable... With diverse fond ballades of her own hand... The said letters and ballades do discover such inordînate love betweene her and Bothaille, her loothsomeness and abhorringe of her husband ihat was murdered , in such sorte as everie good and godlie nian can not but detest and abhorre the same. » En envoyant les principaux points de ces lettres a Elisabeth , ils lui disent : « To the intent it may please Your^Majestie to consider of them , and so to judge whether the same be sufficient to convince her of the détestable crime ot the murderof her husband, which in our opinions and consciences, if the said letters be written with her own hand , is very hard to be avoided. » Anderson, t. IV, part, a, p. 62, 63. Cette lettre, écrite le 11 octobre, est signée par Norfolk, Sussex et Sadler. Le même jour le duc de Norfolk en écrivit tout seul

duc de Norfolk en craignit le désastreux effet pour Marie Stuart. Il vit Tévêque de Ross et lui dit que la reine d'Ecosse serait déshonorée pour toujours si ces lettres étaient produites ^ — «< Dans le cas, ajouta-t-il, où la reine d'Angleterre, cédant au conseil de ceux qui n aiment pas votre maîtresse , les ferait connaître au monde et les transmettrait aux princes chrétiens , on ne voudrait plus rien entreprendre pour sa délivrance, et sa personne même pourrait être exposée à de grandes rigueurs *. » Il lui conseilla de chercher avec Lethington le moyen de prévenir ce danger. L'évêque de Ross lui répondit que, d'après Lethington, la reine devait confirmer sa démission , ce qui ue lui porterait pas plus de préjudice à York qu'à Lochleven , puisqu'elle était aussi bien prisonnière en Angleterre qu'elle l'avait été en Ecosse. — « Dans six mois, continua-t-îl, elle sera restaurée avec honneur dans son pays et elle révoquera tout ce qu'elle aura fait '• — Quoi qu'il puisse

ane antre, qu'il adressa au comte de Peinbroke, au comte de Leîcester et à Cecil. Il y disait : « That yff ibe facte schall thowght as détestable and manifeste to you , as ibr owght we cane perceave, ît semethe hère to us, that condyng^e jugement with open demonstratyon to holl world, with the holle circumstances,... maye dereetly appeare... but yfFHer liajestie schall not allowe off tfays , then to make suche a composycion as in so brc^en a cawse may be. » Dans Anderson, t. IV, part, ii, p. 77, 78,

* Examination of Bishop of Ross, dans Murdin, p. 59.

2 Murdin, p. 53. — » Itnd,

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