‹ Histoire de Marie StuartChapitre 202 sur 224 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

mises à sa domination secourussent les rebelles d'Irlande insurgés sous Tyrone *. Il parut même se rapprocher des catholiques en recevant les émissaires du roi d'Espagne, en écoutant les pères de la société de Jésus, en réintégrant l'évêque de Ross dans toutes ses dignités 9 en accréditant conune son ambassadeur auprès d'Henri III le fidèle serviteur de Marie Stuart, l'archevêque de Glasgow *, qui, en son nom, sollicita l'assistance de ce prince pour venger la mort de sa mère *.

Elisabeth fut très-alarmée de ce qui se passait en Ecosse. Elle ne se plaignit cependant pas des dévastations commises par Farnyhirst, Cessford, Bothwell, Angus, Jobnston, qui, avec l'assentiment du jeune roi , réduisirent le territoire du voisinage en désert. Elle eut peur de changer ces agressions particulières en guerre générale, toute la noblesse ayant couru aux armes, et les hommes du nord , comme les hommes du sud , demandant avec les mêmes instances à porter le fer et le feu jusqu'aux portes de Newcastle *. Dans ce mouvement d'exaspération nationale , l'odieux maître de Gray fut poursuivi pour crime de haute trahison, et n'échappa à la

*Tytler, t. IX, p. 4 à 12.

^ Ibid.f et Papiers deSimancas, série B, liasse 59, n° 111, et liasse 58, n* 167.

• Pap. de Siin., série B, liasse 59, n'» 77. Dépêche de Meadoza au roi catholique du 20 mai 1587.

* Tytïer, t. IX, p. 7.

mort que par un bannissement perpétuel V. Les partisans d'Elisabeth se taisaient, et personne n'osait plus défendre l'ancienne alliance conclue avec elle. Cette princesse ne désespéra cependant point de ramener à elle l'ambitieux Jacques VI. Elle y était d'autant plus intéressée, qu'elle eût été dans un grand péril si l'inimitié déclarée de l'Ecosse s'était ajoutée au soulèvement de l'Irlande et avait facilité l'invasion , de l'Angleterre qui se préparait sur les côtes de l'Espagne et de la Flandre. Elle lui présenta la succession à sa couronne comme assurée pour lui , s'il restait eu paix ; perdue, s'il entrait en guerre. Par ses ordres Walsingham écrivit à Maidand , secrétaire d'État de Jacques VI, une lettre adroite où il ne l'entretenait que de ce grand héritage *. Il disait qu'une rupture avec l'Angleterre serait , de la part du roi son maître, l'acte le plus impolitique et le plus dangereux; qu'elle réveillerait le souvenir d'anciennes inimitiés oubliées entre les deux nations; qu'elle le rendrait odieux au peuple anglais, auprès duquel il compromettrait irrémédiablement ses droits; qu'il ne pouvait pas espérer l'assistance du roi de France , peu disposé à soutenir un proche parent des princes de la maison de Guise, et natui'ellement contraire à la

* PitccàrriLS criminal trials ^ vol. I, part, m, p. 157. — Tytler, t. IX, p. 13.

* Cette lettre est dans Spottiswood , p. 359 à 362. — Tytler, t. IX, p. 7 et 8.

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